C'est l'événement "série" de la rentrée de septembre et il aura bientôt un petit accent belge. Après les vacances estivales, Amazon diffusera sur sa plateforme Prime Video le tout premier épisode de sa série The Lord of the Rings (Le Seigneur des Anneaux) dérivée de la célèbre trilogie des films du même nom. Pour acquérir les droits d'adaptation de cette oeuvre de J.R.R. Tolkien et affronter ainsi ses concurrents Netflix et Disney+ sur le marché du streaming, le géant de l'e-commerce a déboursé pas moins de 250 millions de dollars auxquels il a ajouté près de 500 millions pour produire cette première saison.
...

C'est l'événement "série" de la rentrée de septembre et il aura bientôt un petit accent belge. Après les vacances estivales, Amazon diffusera sur sa plateforme Prime Video le tout premier épisode de sa série The Lord of the Rings (Le Seigneur des Anneaux) dérivée de la célèbre trilogie des films du même nom. Pour acquérir les droits d'adaptation de cette oeuvre de J.R.R. Tolkien et affronter ainsi ses concurrents Netflix et Disney+ sur le marché du streaming, le géant de l'e-commerce a déboursé pas moins de 250 millions de dollars auxquels il a ajouté près de 500 millions pour produire cette première saison. Si les huit premiers épisodes - déjà mis en boîte - ont pour décor les terres majestueuses de Nouvelle-Zélande, la deuxième saison de The Lord of the Rings se tournera en revanche au Royaume-Uni, notamment grâce au savoir-faire d'une entreprise wallonne. Basée à Nivelles, la société Santech est en effet spécialisée dans la fabrication de diverses structures temporaires et, surtout, dans la construction rapide de studios de cinéma permanents, mais facilement démontables, histoire de répondre efficacement aux demandes de plus en plus pressantes des producteurs de séries. A son actif, Spantech compte déjà 10 studios "dernier cri", principalement érigés dans la périphérie de Londres, avec toutefois une belle référence en Espagne. Dans quelques semaines, l'un de ces studios montés en Angleterre accueillera donc les acteurs du Seigneur des Anneaux pour de futurs épisodes qui seront vus tout autour de la planète. "Nous nous définissons comme un fabricant de studios disruptif, explique Derek de Villenfagne, fondateur et CEO de Spantech. En moins de six mois, nous pouvons construire des studios de 2.000 m2 pour le tournage de films ou de séries, partout dans le monde, qui peuvent tenir au moins 10 ans, tout en étant facilement démontables du jour ou lendemain. Cela nous permet d'être plus agiles s'il faut déplacer ces studios pour l'une ou l'autre raison, tout en étant respectueux de l'environnement puisque ces structures peuvent être rapidement démontées pour être recyclées ou remontées ailleurs. Cette notion de développement durable est d'ailleurs essentielle pour certains producteurs comme Netflix ou Amazon que nous comptons parmi nos clients via des sociétés intermédiaires." De plus en plus actif sur le marché audiovisuel, Spantech ne se limite pas à la construction de studios de cinéma "mobiles" mais propose également des solutions innovantes pour différents secteurs économiques. Hangars de maintenance légère pour l'industrie aéronautique, tentes de secours d'urgence pour l'aide humanitaire, structures modulaires pour des manèges équestres, gymnases temporaires pour des écoles en pleine rénovation, etc. Les références de Spantech sont nombreuses et touchent également le secteur événementiel. Car c'est avec des "tentes à chapeau pointu" déployées pour les expositions et les événements que l'aventure de cette entreprise wallonne a débuté en 1999. A l'époque, Derek de Villenfagne est fraîchement diplômé de la Solvay Brussels School of Economics and Management et l'ingénieur commercial est d'emblée conquis par ce concept de tentes inédites venu des Etats-Unis. Avec sa mère, il fonde alors Spantech pour adapter cette idée textile aux normes européennes et bâtit rapidement une usine en Pologne pour la construction de ces structures modulables. Il fera ensuite l'acquisition d'une usine en France, puis d'une autre en Allemagne en 2012, avant de diversifier de plus en plus ses activités modulaires. La success story est au rendez-vous: débutée à deux dans un bureau de 16 m2, l'histoire de Spantech s'est joliment étoffée et compte aujourd'hui 135 employés. Le chiffre d'affaires, lui aussi, n'a fait qu'augmenter au fil des ans pour atteindre les 30 millions d'euros en 2021 (il était inférieur à 20 millions en 2020) et les perspectives sont d'autant plus réjouissantes que Derek de Villenfagne table sur "36 à 38 millions" de revenus pour cette année 2022. Pour développer sa croissance, l'entreprise nivelloise peut compter sur le soutien du fonds M80 qui a investi dans plusieurs sociétés en France et au Benelux (par exemple Le Pain Quotidien) et qui est entré au capital de Spantech au début de l'année 2020. Aujourd'hui, M80 possède environ 70% des parts de l'entreprise, le solde étant principalement détenu par Derek de Villenfagne avec, à ses côtés, un autre actionnaire minoritaire et la Région wallonne qui possède près de 3% du capital. "Nous sommes passés de la construction de tentes éphémères à une entreprise de construction 2.0, commente le fondateur et CEO. Aujourd'hui, nous offrons des solutions permanentes qui se montent avec un coût plus faible et se démontent pour être revalorisées. Il ne s'agit pas de solutions low cost mais bien de structures dernière génération avec de véritables performances énergétiques et, comme pour les studios, de vraies performances acoustiques." Avec la pandémie qui a gelé l'organisation d'événements et dopé la consommation de séries sur les plateformes de streaming, Spantech a opéré un virage stratégique en s'investissant davantage dans le monde de la production audiovisuelle, au détriment du secteur événementiel. "Aujourd'hui, près de 60% de notre chiffre d'affaires se fait dans ce nouveau créneau avec, notamment, la construction de studios, détaille Derek de Villenfagne. C'est un vrai choix de notre part car nous avons décidé de nous positionner beaucoup moins, à l'avenir, dans les événements." Signe révélateur de cette envie de conquérir de nouveaux clients dans l'univers des séries et du cinéma, Spantech compte inaugurer une antenne aux Etats-Unis cet été. "Je pars bientôt à Los Angeles dans la perspective d'ouvrir un bureau là-bas, conclut le CEO. Nous souffrons d'un manque de présence sur place pour convaincre nos clients américains. Or, pour nous, il est essentiel d'être de plus en plus actif sur ce marché. C'est une étape décisive pour notre développement." Si Spantech peut déjà se targuer d'avoir déployé son savoir-faire sur les cinq continents et de compter, parmi ses clients, de jolies références comme Amazon ou Netflix, elle n'en demeure pas moins convaincue que sa solution de studios "permanents mais démontables" peut séduire d'autres grands acteurs américains de l'industrie audiovisuelle. Histoire que d'autres sagas internationales comme The Lord of the rings puissent avoir un jour, elles aussi, leur petit accent wallon.