On manque encore de recul pour qualifier, dès aujourd'hui, la réussite ou l'échec de l'introduction en Bourse de Snap, la firme derrière l'appli Snapchat permettant l'envoi de photos éphémères. Lancée à 17 dollars, l'action a d'abord rapidement dépassé les 29 dollars (valorisant Snap à 30 milliards de dollars ! ), avant de retomber à 23 dollars mardi, au moment de boucler ces lignes. Ce qui est d'ailleurs plutôt une belle réussite à ce stade.
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On manque encore de recul pour qualifier, dès aujourd'hui, la réussite ou l'échec de l'introduction en Bourse de Snap, la firme derrière l'appli Snapchat permettant l'envoi de photos éphémères. Lancée à 17 dollars, l'action a d'abord rapidement dépassé les 29 dollars (valorisant Snap à 30 milliards de dollars ! ), avant de retomber à 23 dollars mardi, au moment de boucler ces lignes. Ce qui est d'ailleurs plutôt une belle réussite à ce stade. Mais c'est évidemment dans les mois à venir que l'on pourra juger la tenue de la nouvelle " star " des marchés. Car, après tout, l'IPO de Facebook avait connu des débuts difficiles avant d'en arriver au succès boursier actuel. En mai 2012, le titre du réseau social le plus populaire du monde avait démarré à 38 dollars. En juin 2012, il avait perdu 24 %. Aujourd'hui, cinq ans après, l'action Facebook s'échange à 137 dollars. Le parallèle est naturel : au moment de son IPO, Facebook ne gagnait pas d'argent, mais surfait sur sa popularité croissante. Tout comme Snap aujourd'hui. Malgré 158 millions d'utilisateurs réguliers, la start-up perd 515 millions de dollars. Ce n'est donc pas la rentabilité du modèle qui séduit les investisseurs, mais bien la promesse faite par ce réseau social qui se serait attaché 50 % des jeunes de 17 à 34 ans aux Etats-Unis. Snap met donc à l'étalage, pour les annonceurs, ces millions d'ados, une cible privilégiée pour laquelle les marques seraient prêtes à ouvrir grand leur portefeuille. Car ces jeunes deviennent difficiles à toucher autrement, eux qui s'éloignent de plus en plus du petit écran et même de Facebook. De là à y voir la prochaine success story à la Facebook, il y a un pas. D'abord parce que Snapchat compte aujourd'hui beaucoup moins d'utilisateurs : 158 millions contre 900 millions pour Facebook au moment de son IPO. Ensuite, parce que l'appli de photos éphémères demeure " une niche ". On voit mal, en effet, comment l'appli destinée aux jeunes pourrait convaincre assez de gens pour parvenir au 1,8 milliard d'utilisateurs Facebook actuels. Sa croissance en termes de nouveaux utilisateurs semble, du reste, faiblir. Ensuite, parce que l'avenir de l'appli pose question. Comment se comporteront les prochaines générations, d'ici cinq à 10 ans, par rapport à l'appli qui aura séduit leurs grands frères ou leurs... parents ? C'est ce qui fait dire à Jacques-Aurélien Marcireau, gérant du fonds EdRF Global Data chez Edmond de Rotschild Asset Management, à La Tribune, que la start-up constitue " un bon investissement sur le court et le moyen terme ". " Mais pas sur le long terme : le risque pour Snapchat est de se faire ringardiser à son tour de la même manière qu'il ringardise aujourd'hui Facebook ", dit-il. Snap pourrait résoudre ces questions en misant sur de nouveaux services, comme elle le fait avec des lunettes connectées par exemple. Restera, pour suivre la trace de Facebook, à générer du revenu et atteindre la rentabilité. Mark Zuckerberg l'a fait : son bénéfice dépassait 10 milliards en 2016. Evan Spiegel pourra-t-il faire aussi fort ?