L'histoire de Skyfarms, c'est d'abord celle d'Augustin Nourissier, ancien consultant en informatique qui, à l'approche de la trentaine, décide de changer de vie. " J'avais vu une émission télé dans laquelle, à Montréal, des gens avaient construit des serres en hydroponie au-dessus d'un supermarché. Cela a vraiment éveillé en moi l'idée de combiner ville et production alimentaire. J'ai donc démissionné pour monter un projet qui irait dans ce sens. Assez rapidement, j'ai ressenti le besoin de me faire accompagner et je suis entré dans le programme Greenlab ( l'accélérateur pour start-up durables de la Région de Bruxelles-Capitale, Ndlr). J'y ai rencontré Véronique Dewever, la cofondatrice de Skyfarms. Elle a amené une approche B-to-B tout à fait complémentaire à mon envie de faire de la culture en ville et c'est ainsi qu'on a créé notre concept de potagers d'entreprise. "
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L'histoire de Skyfarms, c'est d'abord celle d'Augustin Nourissier, ancien consultant en informatique qui, à l'approche de la trentaine, décide de changer de vie. " J'avais vu une émission télé dans laquelle, à Montréal, des gens avaient construit des serres en hydroponie au-dessus d'un supermarché. Cela a vraiment éveillé en moi l'idée de combiner ville et production alimentaire. J'ai donc démissionné pour monter un projet qui irait dans ce sens. Assez rapidement, j'ai ressenti le besoin de me faire accompagner et je suis entré dans le programme Greenlab ( l'accélérateur pour start-up durables de la Région de Bruxelles-Capitale, Ndlr). J'y ai rencontré Véronique Dewever, la cofondatrice de Skyfarms. Elle a amené une approche B-to-B tout à fait complémentaire à mon envie de faire de la culture en ville et c'est ainsi qu'on a créé notre concept de potagers d'entreprise. " Très vite, celui-ci est testé sur le terrain et suscite de l'intérêt. Augustin se forme en maraîchage urbain et réalise un premier potager-test pour la SCRL Objectif Zéro Energie à Auderghem . En novembre 2016, après six mois d'incubation, Skyfarms voit le jour ; l'aventure démarre pour de bon. La société signe d'abord très vite un premier gros contrat avec Engie Electrabel. " Puis nous avons pris notre bâton de pèlerin et sommes allés à la rencontre d'autres clients potentiels, poursuit Augustin. Notre chance était d'avoir très peu de concurrence et de proposer un service dans l'air du temps qui intéresse les entreprises. Nous obtenions donc des rendez-vous assez facilement. " Mais au sein des grandes entreprises, la difficulté est parfois de simplement mettre tout le monde d'accord. " Il faut à la fois convaincre les ressources humaines de l'intérêt d'un potager au travail pour le bien-être des employés, nous coordonner avec les services logistique et sécurité, etc. Cela peut prendre du temps. " Malgré tout, l'engouement est de mise. Et dans l'année qui suit, Skyfarms lance cinq nouveaux potagers. L'entreprise remporte aussi le concours Be Circular qui a pour but de soutenir les projets en économie circulaire à la fois innovants et créateurs d'emplois de la Région Bruxelles-Capitale. Un trophée qui permet à Skyfarms d'augmenter sa notoriété, d'obtenir des financements, nouer de nouveaux contacts, etc. " L'économie circulaire est vraiment au coeur de la philosophie de Skyfarms, explique Augustin Nourissier. Nous avons donc choisi de nous entourer de partenaires locaux et de travailler avec de petits acteurs très réactifs. " Sans compter l'appui de partenaires plus institutionnels comme Beci ou Greenlab. " C'est important car, pour une start-up qui démarre, engager est très difficile. Au début, nous avons donc essentiellement fonctionné avec des prestataires externes. Par la suite, nous avons engagé deux employés à temps plein : une formatrice en permaculture et un pépiniériste qui gère notre boutique et la production de plantes à Bruxelles. " Skyfarms, fait également partie d'Ecobuild, le réseau régional des acteurs de la construction et rénovation durables. " En nous associant à ce cluster, notre ambition est de faire partie des acteurs qui peuvent conseiller les entreprises de construction. Il est en effet beau- coup plus simple de créer un potager d'entreprise si l'on en tient compte au moment de la conception du bâtiment. Par exemple en prévoyant déjà des barrières de sécurité assez hautes, des arrivées d'eau, un accès facile au toit, etc. Via Ecobuild, nous pouvons jouer ce rôle de consultant. " Pour Augustin Nourissier, une société a beaucoup d'avantages à tirer de la création d'un potager d'entreprise. Il y a d'abord, bien sûr, l'impact positif sur l'image de l'entreprise, qui peut montrer qu'elle s'intéresse aux questions environnementales. " Créer un potager d'entreprise, c'est une vraie preuve d'engagement écologique avec des résultats concrets sur le terrain. Sur les toits, on plante par exemple une trentaine d'espèces qui ne seraient jamais arrivées là autrement, ce qui apporte une grande biodiversité ". Mais pour l'entrepreneur, l'apport majeur réside surtout dans la cohésion sociale et le bien-être au travail. " Au départ, nous ne pensions pas impliquer autant les employés dans les potagers, mais nous avons très vite constaté qu'il y avait un réel intérêt de leur part. Venir travailler dans le potager, c'est prendre un bon bol d'air, faire quelque chose de concret de ses mains, rencontrer des collègues que l'on ne croiserait peut-être pas ailleurs... L'essentiel de ce que l'on a à offrir, ce n'est pas les légumes qui seront récoltés mais bien le fait d'être acteur d'un projet. On parle beaucoup du bonheur au travail mais, pour nous, proposer un potager est bien plus efficace dans la durée que n'importe quelle journée d' incentive de type accrobranches. " Actuellement, Skyfarms gère 13 potagers à Bruxelles, notamment celui de BNP Paribas Fortis, d'Engie, d'ING, du SPF Pensions à la tour du Midi ou du SPF Stratégie et Appui au-dessus du WTC III. Mais l'entreprise est ambitieuse et ne compte pas en rester là. " Chaque point de verdure qui s'ouvre en ville est une victoire. Nous allons donc continuer notre travail de prospection et développer des sites cultivables. Pour la suite, notre ambition est d'étendre nos services en Flandre et en Wallonie, ainsi qu'au Luxembourg où nous avons déjà un projet avec le groupe Auchan. " Jusqu'à présent, Skyfarms a surtout mis sur pied des projets pour de grosses entreprises ou des pouvoirs publics, essentiellement pour des raisons budgétaires. " Mais nous recevons de plus en plus de demandes de plus petites sociétés et nous cherchons des stratégies pour y répondre. Prochainement, nous lancerons par exemple un potager commun à une dizaine de petites entreprises sur le site de Tour & Taxis. " Pour Skyfarms, l'existence de primes ou de subsides délivrés aux entreprises désireuses de créer un potager d'entreprise pourrait aussi donner un vrai coup d'accélérateur à la " verdurisation " de la ville. Par Gaëlle Hoogsteyn.