Une chasse d'eau qui coule peut facilement vous coûter 10 euros par mois. Que dire alors d'un trou dans un tuyau dont vous ne soupçonnez pas l'existence ! " Environ 35 % de notre facture d'eau est gonflée par des fuites, assure Alexandre McCormack, fondateur de Shayp, jeune start-up belge dont l'idée est de surveiller la consommation d'eau. Je parle autant du réseau public que des bâtiments privés ou des maisons. " La réparation d'une fuite peut donc faire épargner des milliers d'euros par mois à une entreprise.
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Une chasse d'eau qui coule peut facilement vous coûter 10 euros par mois. Que dire alors d'un trou dans un tuyau dont vous ne soupçonnez pas l'existence ! " Environ 35 % de notre facture d'eau est gonflée par des fuites, assure Alexandre McCormack, fondateur de Shayp, jeune start-up belge dont l'idée est de surveiller la consommation d'eau. Je parle autant du réseau public que des bâtiments privés ou des maisons. " La réparation d'une fuite peut donc faire épargner des milliers d'euros par mois à une entreprise. Ce jeune ingénieur architecte a flairé une belle opportunité commerciale en imaginant un système astucieux, relativement simple à mettre en place. Il s'agit d'une sorte de pastille collée sur un compteur d'eau qui, à l'aide d'un capteur et d'un émetteur, envoie les données à distance sur un cloud, ensuite analysé par un programme. Mais comment détecter une fuite en analysant le compteur ? " Si vous vous rendez compte que vous consommez de l'eau la nuit alors que personne ne prend de douche ou n'utilise de robinet, c'est qu'il y a fuite ", explique simplement Alexandre McCormack. Son idée est née en 2016 un peu " par accident ", alors que l'intéressé cherchait à repérer une fuite dans une crèche. En avril dernier, il lève pas moins de 400.000 euros pour son projet et est désormais encadré par l'incubateur Istart, d'Imec, un des leaders mondiaux en nanotechnologie. La start-up ne fait pas que surveiller la consommation d'eau, l'idée est aussi d'aider à réparer les dégâts en mettant en relation le responsable du bâtiment avec un plombier. Aujourd'hui, Shayp compte dans son portefeuille de clients des acteurs comme la Ville de Bruxelles, SWDE, CMI Group, Zurich Assurance, Ehtias Assurance, l'université de Mons et l'université de Liège. Le prix est fixé à 295 euros pour l'installation de l'unité et 4,5 euros par mois pour le service. " Pour 2019, l'objectif est de réduire les coûts de production afin de développer la solution à plus grande échelle, ce qui nous permettra d'également proposer la formule aux particuliers, révèle l'entrepreneneur. Nous passerions par les compagnies d'assurance. Selon les statistiques, il apparaît que 39 % des remboursements liés à une assurance habitation concernent des dégâts des eaux. Cela éviterait des grosses factures aux propriétaires. " La solution Shayp pourrait aussi se développer à l'international. " En 2040, l'Europe sera probablement dans la même situation que l'Asie, nous allons connaître un souci dans l'approvisionnement d'eau. La demande sera supérieure à l'offre et nous aurons un grand rôle à jouer. " A court terme, l'entrepreneur a en tout cas des objectifs ambitieux : permettre d'économiser, d'ici 2021, pas moins de 100 milliards de litres d'eau par an !Par Géry Brusselmans.