1. Le mouvement 2030 réunit une trentaine de patrons belges autour des objectifs du développement durable. Pourquoi avez-vous choisi de vous y impliquer?
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1. Le mouvement 2030 réunit une trentaine de patrons belges autour des objectifs du développement durable. Pourquoi avez-vous choisi de vous y impliquer? Je suis un des fondateurs de ce mouvement et cela pour plusieurs raisons. D'abord parce que je trouve intéressant d'échanger entre pairs pour élargir notre compréhension des enjeux de durabilité. Dans nos entreprises, nous avons chacun notre dynamique, nos contraintes et nos opportunités. L'échange apporte une forme d'émulation, en nous confrontant à d'autres points de vue et, surtout, à des faits. Ensuite parce que dans notre société, beaucoup de gens attendent que des tiers résolvent leurs problèmes et se tournent vers le politique, vers l'employeur, vers l'actionnaire. Mais nous sommes tous acteurs de nos vies. Je trouve important que les entreprises agissent sur les enjeux de durabilité, indépendamment du cadre législatif, des contraintes ou des incitants. Enfin parce que je pense que l'action sur ces enjeux de durabilité peut aider à améliorer l'image de l'entreprise, qui est parfois un peu écornée en Belgique et singulièrement dans le sud du pays. 2. Ce mouvement vient de décider de sortir de l'ombre. Est-ce une manière de se profiler comme un nouvel interlocuteur pour les pouvoirs publics? Non, nous ne nous positionnons pas comme un interlocuteur obligé. Nous avons bien entendu des contacts avec le monde politique, mais jamais dans une posture de revendication ou d'influence sur la décision. Nous restons dans une optique d'explication de nos préoccupations et de nos actions. Nous ne sommes pas un think tank mais un "think & do tank". Nous avons une direction claire (les 17 objectifs du développement durable), un sens de l'urgence (la fin de la décennie, d'où notre nom "2030") et nous avançons. Nous ne faisons pas cela seulement pour être mieux informés mais pour donner envie aux autres de mettre en oeuvre, dans le quotidien de leur entreprise, des actions qui répondent à cette prise de conscience des enjeux de durabilité. Si nous avons une influence, c'est peut-être dans ce rôle d'exemple. 3. Justement, allier durabilité et rentabilité, est-ce toujours possible? Oui. Aujourd'hui, les limites de l'éthique vont déjà à l'encontre de la rentabilité pure. Magotteaux adopte, par exemple, les mêmes standards de sécurité et de santé, les mêmes politiques salariales partout dans le monde, même dans les pays où les règlementations sont moins exigeantes. Nous faisons cela au nom des valeurs, pas de la rentabilité à court terme. Le même raisonnement peut se décliner sur les aspects environnementaux et climatiques. Je suis en outre convaincu qu'à terme, les contraintes sur ces aspects vont se renforcer et que les actions prises en ce sens seront perçues comme des investissements à même d'offrir une longueur d'avance.