Souvent qualifiés de salauds, on leur reproche la plupart de nos maux : s'ils réussissent trop bien, on les accuse de gagner leur argent sur le dos de leurs salariés et des consommateurs ; s'ils échouent, on leur reproche de n'avoir pas su bien gérer leur entreprise et d'avoir mis en péril des dizaines d'emplois ; s'il leur arrive de réaliser des bénéfices, on les accuse de cupidité ; et s'ils ne sont pas assez compétitifs, on leur reproche de n'être pas assez au niveau et de ne pas redorer l'image de notre pays à l'international.

Alors aujourd'hui, certains semblent s'étonner que la confiance de ces chefs d'entreprise soit au plus bas, à un niveau jamais vu auparavant. C'est en tout cas ce qu'une étude de la Banque nationale de Belgique (BNB) vient d'annoncer.

Rien d'étonnant selon moi, qui fais partie de ces patrons de petites PME de moins de 100 salariés, qui constituent près de 70% de l'emploi dans le pays. Alors que nos gouvernants nous ont plongés dans une période un peu folle de confinement, plutôt par manque de préparation, derrière c'est le petit chef d'entreprise qui va payer : le patron de restaurant, le petit commerçant ou encore l'indépendant.

Tous ces "salauds" qui ne sont souvent pas salariés, et n'auront donc pas le droit à de couverture chômage si leur commerce s'effondre. Tous ces "salauds" qui se battent au quotidien, non sans peine, pour maintenir un maximum d'emplois. Tous ces "salauds" qui par leur activité, leurs efforts et leurs sacrifices permettent à des millions de citoyens de nourrir leur famille, de s'acheter une maison ou encore une voiture, alors qu'eux n'ont souvent pas la possibilité d'acquérir de tels prêts bancaires.

Tous ces "salauds" qui pendant cette crise ont fait preuve d'une adaptabilité inouïe, par la mise en place du télétravail, l'application dans leur entreprise des gestes barrières, l'accompagnement de leurs clients. Tous ces "salauds" qui aujourd'hui ont peur pour leur avenir, craignent même d'avoir leur responsabilité pénale engagée si des cas de contamination existent dans leur entreprise, mais restent sur le pont, au front ! Qui s'interrogent et même commencent à perdre patience en attendant les modalités de la reprise, ou qui s'inquiètent encore de la prise en charge de leurs propres enfants ou de ceux de leurs salariés dans les crèches.

Il serait donc peut-être temps de remplacer le mot "salauds" par "héros". La sortie du confinement s'annonce assez chaotique, et la crise économique n'a même pas encore montré le bout de son nez. On s'en sortira en rétablissant la confiance, et en rendant à César ce qui est à César, en acceptant enfin que le chef d'entreprise du XXIème siècle n'est ni Bill Gates, ni Rockfeller, mais un entrepreneur qui parfois aussi, et même souvent, ne peut pas voir au-delà que le 31 du mois.

Philippe de Saporta (Skydoo)

Souvent qualifiés de salauds, on leur reproche la plupart de nos maux : s'ils réussissent trop bien, on les accuse de gagner leur argent sur le dos de leurs salariés et des consommateurs ; s'ils échouent, on leur reproche de n'avoir pas su bien gérer leur entreprise et d'avoir mis en péril des dizaines d'emplois ; s'il leur arrive de réaliser des bénéfices, on les accuse de cupidité ; et s'ils ne sont pas assez compétitifs, on leur reproche de n'être pas assez au niveau et de ne pas redorer l'image de notre pays à l'international. Alors aujourd'hui, certains semblent s'étonner que la confiance de ces chefs d'entreprise soit au plus bas, à un niveau jamais vu auparavant. C'est en tout cas ce qu'une étude de la Banque nationale de Belgique (BNB) vient d'annoncer. Rien d'étonnant selon moi, qui fais partie de ces patrons de petites PME de moins de 100 salariés, qui constituent près de 70% de l'emploi dans le pays. Alors que nos gouvernants nous ont plongés dans une période un peu folle de confinement, plutôt par manque de préparation, derrière c'est le petit chef d'entreprise qui va payer : le patron de restaurant, le petit commerçant ou encore l'indépendant. Tous ces "salauds" qui ne sont souvent pas salariés, et n'auront donc pas le droit à de couverture chômage si leur commerce s'effondre. Tous ces "salauds" qui se battent au quotidien, non sans peine, pour maintenir un maximum d'emplois. Tous ces "salauds" qui par leur activité, leurs efforts et leurs sacrifices permettent à des millions de citoyens de nourrir leur famille, de s'acheter une maison ou encore une voiture, alors qu'eux n'ont souvent pas la possibilité d'acquérir de tels prêts bancaires. Tous ces "salauds" qui pendant cette crise ont fait preuve d'une adaptabilité inouïe, par la mise en place du télétravail, l'application dans leur entreprise des gestes barrières, l'accompagnement de leurs clients. Tous ces "salauds" qui aujourd'hui ont peur pour leur avenir, craignent même d'avoir leur responsabilité pénale engagée si des cas de contamination existent dans leur entreprise, mais restent sur le pont, au front ! Qui s'interrogent et même commencent à perdre patience en attendant les modalités de la reprise, ou qui s'inquiètent encore de la prise en charge de leurs propres enfants ou de ceux de leurs salariés dans les crèches. Il serait donc peut-être temps de remplacer le mot "salauds" par "héros". La sortie du confinement s'annonce assez chaotique, et la crise économique n'a même pas encore montré le bout de son nez. On s'en sortira en rétablissant la confiance, et en rendant à César ce qui est à César, en acceptant enfin que le chef d'entreprise du XXIème siècle n'est ni Bill Gates, ni Rockfeller, mais un entrepreneur qui parfois aussi, et même souvent, ne peut pas voir au-delà que le 31 du mois.Philippe de Saporta (Skydoo)