Le milieu des loisirs nautiques se digitalise lui aussi. La preuve avec Sailsense Analytics, start-up basée à Bruxelles qui facilite le quotidien des loueurs de bateaux. " La plaisance évolue vers un modèle de services, avance Nicolas De Laet, fondateur de Sailsense Analytics. Un navigateur aura plus tendance à louer un bateau pour ne pas s'embarrasser des contraintes de la propriété. Par définition, on prend plus soin d'un bateau qui nous appartient qu'un bateau qu'on loue. Etant donné que les frais supplémentaires sont à charge du propriétaire, nous avons développé un outil pour qu'il gère plus efficacement sa flotte. "

Cet outil se concrétise en un boîtier installé à l'intérieur du bateau, sorte de boîte noire, qui envoie à distance une série de données telles que la localisation des navigateurs ou la situation en temps réel des composants techniques du bateau comme le moteur ou la batterie. La solution Sailsense permet également de générer sur ordinateur un journal de bord, utile pour le propriétaire... ou joli souvenir pour le plaisancier ! L'idée, forcément destinée à un public de niche, n'a pas tardé à séduire. Créée en juillet 2017, la start-up Sailsense a levé quelques mois plus tard 1,3 million d'euros de fonds auprès d'investisseurs, dont les fondateurs préfèrent ne pas révéler l'identité. Plus qu'un outil pour les loueurs de bateaux, la technologie Sailsense est également destinée aux assureurs de bateaux et aux constructeurs. Le business model est, quant à lui, basé sur la vente de boîtiers et une souscription annuelle pour le programme. Comptez 349 euros pour une souscription annuelle à la version professionnelle (accès direct en illimité aux données du bateau, journal de bord, contrôle du bateau, etc.).

"Nous n'avons pas de clients en Belgique"

Formé à Solvay, comme son comparse et cofondateur Yannick Vereestraeten, Nicolas De Laet s'est forgé une expérience de 10 ans dans le secteur du retail avant de plonger dans sa passion du milieu nautique. Aussi étonnant que cela puisse paraître, la start-up n'a aucun client en Belgique, " notamment car le potentiel des côtes est relativement restreint ", sourit Nicolas De Laet, mais a déjà séduit des loueurs de bateaux en France, en Croatie, aux Pays-Bas, en Grèce... et même aux Caraïbes. " Nous tenons toutefois à garder notre bureau à Bruxelles car c'est une ville assez centrale en Europe, à laquelle nous sommes attachés. Il y a une certaine énergie, même s'il faut toutefois avouer qu'en comparaison à d'autres villes européennes, Bruxelles est moins propice au développement rapide d'entreprises. En Belgique, on a tendance à ne pas penser grand. " L'horizon 2019 est déjà bien dégagé pour Sailsense. Les fondateurs envisagent en effet de doubler l'effectif d'employés, en passant de 10 à 20 personnes, et d'augmenter la capacité de production. " Nous avons déjà préparé environ 200 boîtiers mais nous souhaitons rationaliser la production pour atteindre une capacité de plusieurs milliers de boîtiers. " Vu le potentiel à l'international, la stratégie de développement de Sailsense se base notamment sur la présence dans différents salons spécialisés, dont prochainement le salon Nautic, qui se tient du 8 au 16 décembre prochain à Paris.

Par Géry Brusselmans.

955 euros

Le prix du boîtier professionnel. Ce tarif comprend également différents avantages tels qu'une connexion illimitée durant un an, des informations à distance via le programme Sailsense, etc.