Ryanair lorgne les créneaux de la compagnie Brussels Airlines pour doubler ses activités à l'aéroport de Zaventem. Malgré l'aide d'Etat de 290 millions d'euros dont elle a bénéficié et l'importante réduction de son personnel et de sa flotte consécutive à la crise du coronavirus, la compagnie aérienne belge refuse cependant de libérer ces créneaux, a déploré jeudi Michael O'Leary, le grand patron du transporteur à bas coûts irlandais, de passage à Bruxelles.

Durant cette saison d'été, l'entreprise irlandaise assurera quelque 470 vols hebdomadaires depuis la Belgique vers 104 destinations, transportant au total environ 9 millions de personnes. Cela se fera avec 16 avions: 14 à Charleroi, qui fait plus que jamais office de base belge principale pour Ryanair, et deux à Brussels Airport.

Dans les prochains mois, Michael O'Leary souhaite fortement développer les activités de sa société. "On est d'ailleurs déjà en discussions avec Zaventem et Charleroi pour y baser davantage d'avions. Ces aéroports ont connu une baisse significative du trafic passagers avec la crise, en particulier à Bruxelles avec Brussels Airlines."

Récupérer les "slots" de Brussels Airlines

La compagnie travaille donc actuellement à pouvoir stationner plus d'avions à Zaventem. Pour cela, elle souhaiterait pouvoir récupérer davantage de créneaux de vols appartenant aujourd'hui à Brussels Airlines mais que le transporteur national belge refuse de céder. Et ce malgré la réduction de ses activités, de sa flotte (de 30%) et de son personnel (de 25%) à la suite de la crise mais aussi en dépit de l'aide publique de 290 millions d'euros reçue de l'Etat belge alors que Ryanair n'a pas touché un centime d'euro à travers l'Europe, a regretté le CEO.

"Nous pensons qu'il y a un potentiel de forte croissance pour nous en Belgique en 2022 si on arrive à avoir davantage de créneaux pour baser plus d'avions", soutient Michael O'Leary.

Le patron souhaiterait d'ailleurs doubler le nombre d'appareils stationnés à Bruxelles, alors que l'aéroport de Charleroi semble être saturé pour le moment. "J'aimerais doubler de volume et avoir à terme Zaventem dans la même taille que Charleroi. Il y a des opportunités à Bruxelles, en particulier lorsque Brussels Airlines réduit sa flotte."

Forcer des compagnies à libérer des créneaux

Mais l'Irlandais fait donc face à un problème de disponibilité de créneaux de vols à Zaventem. Le principal obstacle, selon lui, c'est que l'on n'impose pas à Brussels Airlines de se défaire de ces 'slots', malgré l'aide d'Etat et le fait que la compagnie n'utilise pas tous les créneaux disponibles en raison de la réduction de ses activités.

"Ils ne veulent pas se défaire d'un seul créneau", fulmine le CEO. "J'en veux davantage et je ne parviens pas à les avoir!" Il en appelle dès lors au gouvernement belge et aux autorités européennes de la concurrence, qui, estime-t-il, devraient forcer les compagnies réduisant leur flotte d'au moins en libérer quelques-uns et ne pas les laisser "s'assoir dessus".

Gronde sociale

Par ailleurs, la gronde sociale se fait entendre chez Ryanair. Le syndicat CNE de la compagnie aérienne a fait savoir par lettre son mécontentement quant à la manière dont la direction de la compagnie aérienne traite ses employés en ces temps troubles.

Ils rappellent qu'à l'été 2018, ils ont dû recourir à une action collective pour faire reconnaître leurs droits du travail en Belgique après de longues négociations et une longue attente de plus de 20 ans . Ils pointent leur situation compliquée cette année. "Nous avons été contraints d'accepter des réductions de salaire de 8 à 20 % et, en même temps, nous nous sommes battus pour obtenir notre aide publique, qui, en raison de la mauvaise gestion des RH de Ryanair, n'est toujours pas versée correctement à ce jour ". Ils déplorent ne pas être entendus par la direction dans leurs revendications et appellent à la négociation.

"Il est temps que Ryanair prenne de la hauteur et assume sa dimension européenne, y compris dans les pratiques de travail. Ryanair ne peut pas continuer à être géré comme un magasin de quartier, le modèle actuel de prise de décision centralisée est obsolète. La réalité montre que la plupart des problèmes que nous rencontrons aujourd'hui en Belgique seraient inexistants si Ryanair disposait d'un département RH local", peut-on encore lire dans ce courrier.

Ryanair lorgne les créneaux de la compagnie Brussels Airlines pour doubler ses activités à l'aéroport de Zaventem. Malgré l'aide d'Etat de 290 millions d'euros dont elle a bénéficié et l'importante réduction de son personnel et de sa flotte consécutive à la crise du coronavirus, la compagnie aérienne belge refuse cependant de libérer ces créneaux, a déploré jeudi Michael O'Leary, le grand patron du transporteur à bas coûts irlandais, de passage à Bruxelles.Durant cette saison d'été, l'entreprise irlandaise assurera quelque 470 vols hebdomadaires depuis la Belgique vers 104 destinations, transportant au total environ 9 millions de personnes. Cela se fera avec 16 avions: 14 à Charleroi, qui fait plus que jamais office de base belge principale pour Ryanair, et deux à Brussels Airport. Dans les prochains mois, Michael O'Leary souhaite fortement développer les activités de sa société. "On est d'ailleurs déjà en discussions avec Zaventem et Charleroi pour y baser davantage d'avions. Ces aéroports ont connu une baisse significative du trafic passagers avec la crise, en particulier à Bruxelles avec Brussels Airlines." La compagnie travaille donc actuellement à pouvoir stationner plus d'avions à Zaventem. Pour cela, elle souhaiterait pouvoir récupérer davantage de créneaux de vols appartenant aujourd'hui à Brussels Airlines mais que le transporteur national belge refuse de céder. Et ce malgré la réduction de ses activités, de sa flotte (de 30%) et de son personnel (de 25%) à la suite de la crise mais aussi en dépit de l'aide publique de 290 millions d'euros reçue de l'Etat belge alors que Ryanair n'a pas touché un centime d'euro à travers l'Europe, a regretté le CEO. "Nous pensons qu'il y a un potentiel de forte croissance pour nous en Belgique en 2022 si on arrive à avoir davantage de créneaux pour baser plus d'avions", soutient Michael O'Leary. Le patron souhaiterait d'ailleurs doubler le nombre d'appareils stationnés à Bruxelles, alors que l'aéroport de Charleroi semble être saturé pour le moment. "J'aimerais doubler de volume et avoir à terme Zaventem dans la même taille que Charleroi. Il y a des opportunités à Bruxelles, en particulier lorsque Brussels Airlines réduit sa flotte." Mais l'Irlandais fait donc face à un problème de disponibilité de créneaux de vols à Zaventem. Le principal obstacle, selon lui, c'est que l'on n'impose pas à Brussels Airlines de se défaire de ces 'slots', malgré l'aide d'Etat et le fait que la compagnie n'utilise pas tous les créneaux disponibles en raison de la réduction de ses activités. "Ils ne veulent pas se défaire d'un seul créneau", fulmine le CEO. "J'en veux davantage et je ne parviens pas à les avoir!" Il en appelle dès lors au gouvernement belge et aux autorités européennes de la concurrence, qui, estime-t-il, devraient forcer les compagnies réduisant leur flotte d'au moins en libérer quelques-uns et ne pas les laisser "s'assoir dessus".Par ailleurs, la gronde sociale se fait entendre chez Ryanair. Le syndicat CNE de la compagnie aérienne a fait savoir par lettre son mécontentement quant à la manière dont la direction de la compagnie aérienne traite ses employés en ces temps troubles. Ils rappellent qu'à l'été 2018, ils ont dû recourir à une action collective pour faire reconnaître leurs droits du travail en Belgique après de longues négociations et une longue attente de plus de 20 ans . Ils pointent leur situation compliquée cette année. "Nous avons été contraints d'accepter des réductions de salaire de 8 à 20 % et, en même temps, nous nous sommes battus pour obtenir notre aide publique, qui, en raison de la mauvaise gestion des RH de Ryanair, n'est toujours pas versée correctement à ce jour ". Ils déplorent ne pas être entendus par la direction dans leurs revendications et appellent à la négociation. "Il est temps que Ryanair prenne de la hauteur et assume sa dimension européenne, y compris dans les pratiques de travail. Ryanair ne peut pas continuer à être géré comme un magasin de quartier, le modèle actuel de prise de décision centralisée est obsolète. La réalité montre que la plupart des problèmes que nous rencontrons aujourd'hui en Belgique seraient inexistants si Ryanair disposait d'un département RH local", peut-on encore lire dans ce courrier.