Le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot, a obtenu un accord du kern cabinet pour emprunter un milliard d'euros qui servira notamment à achever le chantier du RER (réseau express régional). Le successeur de Jacqueline Galant cherche à trouver une porte de sortie raisonnable dans un dossier compliqué. Il se montre prudent. Dans une interview au Soir, il estime que les derniers grands chantiers du réseau RER, les lignes 161 Bruxelles-Ottignies et 124, Bruxelles-Nivelles, ne seront totalement doublées qu'entre 2028 et 2030.
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Le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot, a obtenu un accord du kern cabinet pour emprunter un milliard d'euros qui servira notamment à achever le chantier du RER (réseau express régional). Le successeur de Jacqueline Galant cherche à trouver une porte de sortie raisonnable dans un dossier compliqué. Il se montre prudent. Dans une interview au Soir, il estime que les derniers grands chantiers du réseau RER, les lignes 161 Bruxelles-Ottignies et 124, Bruxelles-Nivelles, ne seront totalement doublées qu'entre 2028 et 2030. Cet emprunt de 1 milliard d'euros est une bonne nouvelle car, jusqu'ici, le gouvernement Michel ne semblait guère résolu à finaliser le dossier à rallonge du RER. Il avait mis la priorité sur ses objectifs budgétaires et raboté les subsides de la SNCB et d'Infrabel. Or, le fonds RER, doté en 2003 de 2,19 milliards d'euros, est quasi épuisé. Il manquait environ 800 millions d'euros pour terminer les chantiers. Le milliard promis servira à plusieurs projets, dont le RER, qui pâtit, il est vrai, du côté confus qu'a pris le dossier. A commencer par son nom : il provient du réseau express régional parisien, qui est un métro à grande distance, ce que n'est pas le cas du RER belge. Il ne bénéficiera pas non plus de matériel roulant spécifique. Le projet, concocté dans les années 1990, est d'avantage supposé organiser un transport coordonné train/autres transports en commun pour réduire le trafic automobile, en développant une offre de trains à accélération rapide, avec quatre fréquences par heure lors des pointes. Le fédéral et les Régions étaient parvenus à un accord sous la forme d'une convention, en 2003. Mais le dossier traîne. Un rapport de la Cour des comptes publié fin janvier montre que le projet a souffert d'un manque de leadership. En cause : la coordination Région/fédéral. " La définition des objectifs du RER n'a pas été fondée sur une analyse détaillée et actualisée des besoins en matière de mobilité ", écrit le rapport. Pour couronner le tout, les chantiers ont été bloqués par des recours, et le planning s'est étiré en Wallonie à cause de la clef de répartition 60/40 des investissements entre le nord et le sud du pays. La SNCB tempère les critiques en soulignant que le service RER existe déjà : c'est l'offre de trains S (comme " suburbain ") lancée en 2015. Elle exploite les infrastructures développées jusqu'ici, comme le tunnel Josaphat à Bruxelles. " Le terme "RER" ne porte par sur les trains mais sur l'infrastructure ", précise Thierry Ney, porte-parole de la SNCB. Mais la Cour des comptes n'estime pas que l'offre ait tant augmenté que ça. Le rapport compare celle de 2002 et celle d'aujourd'hui dans la zone RER : elle a été améliorée dans 31 gares, maintenue dans 71 gares, et réduite dans 40 gares. Cela rappelle qu'il ne suffit pas de terminer les chantiers du RER, encore faudra-t-il que l'offre de transport augmente en conséquence.