Le groupe avait enregistré au premier semestre une perte de 7,3 milliards d'euros. Mais il a limité la casse au second semestre, avec une perte de seulement 660 millions d'euros et un chiffre d'affaires en recul de 8,9% à 43,5 milliards d'euros, selon les résultats publiés vendredi.

La perte annuelle historique s'explique principalement par la mauvaise année du partenaire japonais Nissan, détenu à 43% par Renault: cela a pesé sur le groupe au losange à hauteur de 4,9 milliards d'euros.

Renault a vu de son côté ses ventes plonger de 21,3% sur l'année, avec moins de trois millions de véhicules vendus sur un marché automobile en chute libre.

- Améliorer les marges -

Malgré cette année difficile, Renault a dégagé une marge opérationnelle de 3,5% au second semestre, "une première étape du redressement du groupe", s'est-il félicité.

A horizon 2025, Renault compte en effet améliorer sa rentabilité en vendant moins de voitures et en faisant des économies, selon son plan "Renaulution" dévoilé en janvier.

"2021 devrait être un nouveau défi mais nous avons pris les mesures nécessaires", a souligné le directeur général de Renault, Luca de Meo, lors d'une conférence de presse. "On s'attend à de bonnes surprises au deuxième semestre."

La pénurie de composants électroniques asiatiques qui touche l'industrie mondiale risque toutefois de retarder la fabrication de 100.000 véhicules, même s'il y a un rattrapage de production au second semestre, notamment avec des usines ouvertes cet été, a précisé Renault.

En attendant, à la Bourse de Paris, l'action du groupe perdait 2% vers 11H30, dans un marché en hausse.

La feuille de route de M. De Meo vise à dégager plus de 3% de marge opérationnelle d'ici à 2023, un objectif atteint au second semestre 2020.

Le groupe compte lancer une nouvelle offensive dans les segments supérieurs du marché: sur les 24 lancements prévus d'ici 2025, la moitié seront des compactes et des berlines, des segments profitables où le Losange a perdu du terrain.

Renault veut aussi renforcer son offre hybride e-Tech et multiplier les ventes de ses voitures électriques, avec le lancement d'une Mégane, d'une nouvelle R5, et d'une Dacia à batterie.

Il est justement "en discussion avec plusieurs acteurs" pour imaginer "une usine de batteries dédiée à Renault", selon M. De Meo. Une annonce devrait être faite dans les prochains mois, alors que son concurrent Stellantis (né de la fusion de PSA et Fiat Chrysler) lance la construction de sa propre usine avec Total.

Cependant, dans un contexte très incertain avec la pandémie qui continue de frapper, le groupe n'a pas publié de prévisions pour 2021.

"Nous avons confiance dans la capacité de redressement de Renault", a réagi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, lors d'un déplacement à Dijon vendredi. L'Etat français, actionnaire de Renault, juge le plan de transformation "convaincant".

- 3 milliards d'économies -

"Les aides publiques (le constructeur a bénéficié de plusieurs milliards d'euros de prêts garantis par l'Etat NDLR) et les sacrifices des salariés permettent au groupe Renault d'annoncer un résultat inespéré", a commenté pour sa part le syndicat CGT du groupe dans un communiqué.

Déjà mal en point avant la crise, Renault avait annoncé fin mai 2020 un plan d'économies de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans, prévoyant quelque 15.000 suppressions de postes dans le monde.

Arrivé à l'été 2020, Luca de Meo a annoncé en janvier une nouvelle coupe dans les budgets mais pas de nouveaux licenciements: l'objectif est désormais de parvenir à un total de 2,5 milliards d'euros d'économies d'ici 2023, et 3 milliards d'ici à 2025.

En 2020, Renault a économisé 400 millions d'euros sur ses investissements et 600 millions sur ses frais de recherche et développement. M. De Meo a notamment annulé plusieurs modèles pensés pour des marchés locaux, et réduit les coûts de développement des nouvelles voitures.

Et le groupe veut changer ses méthodes de vente via sa nouvelle marque de services de mobilité, Mobilize. Le cofondateur de BlaBlaCar, Frédéric Mazzella, devrait d'ailleurs faire son entrée au conseil d'administration du constructeur.

Le groupe avait enregistré au premier semestre une perte de 7,3 milliards d'euros. Mais il a limité la casse au second semestre, avec une perte de seulement 660 millions d'euros et un chiffre d'affaires en recul de 8,9% à 43,5 milliards d'euros, selon les résultats publiés vendredi.La perte annuelle historique s'explique principalement par la mauvaise année du partenaire japonais Nissan, détenu à 43% par Renault: cela a pesé sur le groupe au losange à hauteur de 4,9 milliards d'euros.Renault a vu de son côté ses ventes plonger de 21,3% sur l'année, avec moins de trois millions de véhicules vendus sur un marché automobile en chute libre. - Améliorer les marges -Malgré cette année difficile, Renault a dégagé une marge opérationnelle de 3,5% au second semestre, "une première étape du redressement du groupe", s'est-il félicité. A horizon 2025, Renault compte en effet améliorer sa rentabilité en vendant moins de voitures et en faisant des économies, selon son plan "Renaulution" dévoilé en janvier. "2021 devrait être un nouveau défi mais nous avons pris les mesures nécessaires", a souligné le directeur général de Renault, Luca de Meo, lors d'une conférence de presse. "On s'attend à de bonnes surprises au deuxième semestre."La pénurie de composants électroniques asiatiques qui touche l'industrie mondiale risque toutefois de retarder la fabrication de 100.000 véhicules, même s'il y a un rattrapage de production au second semestre, notamment avec des usines ouvertes cet été, a précisé Renault.En attendant, à la Bourse de Paris, l'action du groupe perdait 2% vers 11H30, dans un marché en hausse. La feuille de route de M. De Meo vise à dégager plus de 3% de marge opérationnelle d'ici à 2023, un objectif atteint au second semestre 2020.Le groupe compte lancer une nouvelle offensive dans les segments supérieurs du marché: sur les 24 lancements prévus d'ici 2025, la moitié seront des compactes et des berlines, des segments profitables où le Losange a perdu du terrain. Renault veut aussi renforcer son offre hybride e-Tech et multiplier les ventes de ses voitures électriques, avec le lancement d'une Mégane, d'une nouvelle R5, et d'une Dacia à batterie.Il est justement "en discussion avec plusieurs acteurs" pour imaginer "une usine de batteries dédiée à Renault", selon M. De Meo. Une annonce devrait être faite dans les prochains mois, alors que son concurrent Stellantis (né de la fusion de PSA et Fiat Chrysler) lance la construction de sa propre usine avec Total.Cependant, dans un contexte très incertain avec la pandémie qui continue de frapper, le groupe n'a pas publié de prévisions pour 2021."Nous avons confiance dans la capacité de redressement de Renault", a réagi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, lors d'un déplacement à Dijon vendredi. L'Etat français, actionnaire de Renault, juge le plan de transformation "convaincant".- 3 milliards d'économies -"Les aides publiques (le constructeur a bénéficié de plusieurs milliards d'euros de prêts garantis par l'Etat NDLR) et les sacrifices des salariés permettent au groupe Renault d'annoncer un résultat inespéré", a commenté pour sa part le syndicat CGT du groupe dans un communiqué.Déjà mal en point avant la crise, Renault avait annoncé fin mai 2020 un plan d'économies de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans, prévoyant quelque 15.000 suppressions de postes dans le monde.Arrivé à l'été 2020, Luca de Meo a annoncé en janvier une nouvelle coupe dans les budgets mais pas de nouveaux licenciements: l'objectif est désormais de parvenir à un total de 2,5 milliards d'euros d'économies d'ici 2023, et 3 milliards d'ici à 2025.En 2020, Renault a économisé 400 millions d'euros sur ses investissements et 600 millions sur ses frais de recherche et développement. M. De Meo a notamment annulé plusieurs modèles pensés pour des marchés locaux, et réduit les coûts de développement des nouvelles voitures.Et le groupe veut changer ses méthodes de vente via sa nouvelle marque de services de mobilité, Mobilize. Le cofondateur de BlaBlaCar, Frédéric Mazzella, devrait d'ailleurs faire son entrée au conseil d'administration du constructeur.