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Ericsson va déployer une partie du réseau 5G en Belgique. Qu'est-ce que ça signifie exactement ? Nous allons remplacer le coeur de réseau de Proximus, qui a été installé par Huawei, et ensuite le faire évoluer vers la 5G. Du côté d'Orange, nous sommes toujours engagés avec eux pour le coeur de réseau. Nous sommes leur fournisseur depuis 15 ans mais ils n'ont pas encore fait leur choix pour le développement de la 5G. Avec Proximus, c'est le début d'une nouvelle aventure. Devenir fournisseur de l'opérateur historique, c'était un de mes gros objectifs en arrivant à la tête d'Ericsson en Belgique. Cela nous permet d'être beaucoup plus présents sur un marché qui était auparavant dominé par Huawei et ZTE. Ericsson bénéficie-t-il d'un contexte de méfiance par rapport aux entreprises chinoises ZTE et Huawei qui sont soupçonnées de ne pas fournir toutes les garanties en matière de sécurité informatique ? Je ne pense pas. Proximus a bien expliqué que leur choix avait été orienté par quatre critères : technique, financier, opérationnel et environnemental. Sur chacun de ces points, nous étions bien placés. Nous remplissions également parfaitement les conditions fixées par le Conseil national de sécurité (CNS) quant à la sécurité des infrastructures 5G. Mais pour avoir vécu les discussions de l'intérieur avec les opérateurs, je n'ai pas senti que cette question avait joué un rôle au moment de porter leur choix sur Ericsson plutôt que sur nos concurrents chinois. Sur ce marché, tout le monde a faim, c'est extrêmement concurrentiel. Ce qui est intéressant, c'est que les mythes qui circulaient encore il y a un an au sujet du soi-disant coût élevé du passage d'un équipementier à un autre ont vécu. Nous avons démontré que c'était faux et que nous étions plus compétitifs que les autres. Proximus a d'ailleurs déclaré qu'en faisant appel à nous, l'opérateur ferait des économies. Est-ce important de travailler entre Européens ? Ce qui est important, ce n'est pas de travailler entre Européens mais de travailler avec tout le monde sur un marché mondial. Le reste, c'est de la politique. Nous ne jouons pas trop cette carte européenne, mais je rappelle que 60% de notre recherche et développement est basée en Europe. Quand on est sélectionné sur des marchés européens, cela nous conforte dans l'idée qu'on doit continuer dans cette voie. Ces nouveaux contrats vont également renforcer notre présence en Belgique. Ce ne sera pas énorme en termes de volume d'emplois mais nous allons recruter des profils techniques très expérimentés, ce qui renforcera notre expertise locale.