Orange fait un grand pas vers le rachat de VOO. Il ne fait plus guère de doute que les deux opérateurs ne feront bientôt plus qu'un, depuis que Nethys (maison-mère de VOO), a décidé de privilégier l'offre d'Orange. Des négociations exclusives débutent entre ces deux acteurs clés du secteur télécom. Elles devraient aboutir d'ici la fin de l'année.

Orange Belgium s'apprête à reprendre 75 % des parts (moins une action) détenues par le groupe public liégeois Nethys dans le câblo-opérateur VOO. Pour l'occasion, la filiale belge du groupe français Orange met la main au portefeuille. Dans le cadre du processus de rachat, la valorisation de VOO est fixée à 1,8 milliard d'euros, soit 9,5 fois l'EBITDA (bénéfices avant impôts) prévisionnel de VOO en 2021.

Valorisation en hausse

Ce montant est nettement plus élevé que la somme promise par le fonds d'investissement américain Providence (entre 1,1 et 1,2 milliard d'euros) lors de la tentative avortée (pour cause d'irrégularités) de revente de VOO par l'ancien management, alors cornaqué par Stéphane Moreau. La somme mise sur la table dépasse même les dernières prévisions de Renaud Witmeur (CEO ad interim de Nethys), qui tournaient autour de 1,4 milliard d'euros. Entretemps, VOO a semble-t-il redressé en partie ses finances et amélioré son EBITDA (118 millions en 2018, 189 millions prévus en 2021), ce qui a un impact sur la valorisation de la société.

Nul doute qu'Orange a également consenti un petit effort pour acquérir l'actif stratégique que représente VOO. Sur le marché belge des télécoms fixes (Internet, TV), Orange souffre d'une position de dépendance par rapport aux autres acteurs. Ne possédant pas de réseau propre, l'opérateur doit "louer" l'infrastructure de ses concurrents, en l'occurrence VOO et Telenet, pour proposer à ses clients un pack télécom incluant la TV et l'Internet à domicile. En mettant la main sur la filiale de Nethys, Orange s'assure la maîtrise totale du réseau et de son offre vis-à-vis des clients wallons et bruxellois couverts par le câblo-opérateur VOO.

Ancrage liégeois et emplois locaux

Pour le groupe Nethys, chapeauté par l'intercommunale liégeoise Enodia, le choix d'un rapprochement avec Orange ne s'explique pas uniquement par des raisons financières. Rappelons qu'Enodia (ex-Publifin) est composée de représentants des communes liégeoises et de la Province de Liège. Les politiques, qui doivent avaliser l'opération, restent attentifs à l'ancrage liégeois de VOO et de ses différentes composantes - notamment le call-center WBCC basé à Herstal. Pour s'en assurer, ils se ménagent d'ailleurs la possibilité de garder une certaine influence sur les décisions futures, via la conservation de 25 % des parts (+ une action) dans la société.

Au centre des préoccupations se trouve évidemment la question de l'emploi. Certes, certains départements, notamment dans le marketing et la vente, pourraient faire l'objet de synergies entre Orange et VOO. Mais Orange, qui ne possède pas de réseau fixe, aura besoin des équipes de VOO pour opérer ses activités. Les risques de doublons sont, sur papier, moins nombreux qu'avec un opérateur comme Telenet, qui possède déjà en interne toute l'expertise de gestion d'un réseau fixe. Le deal mis sur le table prévoit par ailleurs qu'Orange s'engage "au maintien et au développement de l'emploi" chez VOO, mais aussi vis-à-vis de ses réseaux de sous-traitants locaux.

La Wallonie s'éloigne pour Telenet

C'est un coup dur pour Telenet, qui "regrette cette décision" et dit "examiner les options" qui lui permettraient de contrer le choix de Nethys de convoler en justes noces avec Orange. Des actions en justice ne sont pas exclues dans un dossier qui a déjà connu son lot de rebondissements (l'annulation de la vente de VOO à Providence découle d'une action introduite par Orange). Mais pour Telenet, les chances de s'étendre dans le sud du pays s'éloignent. Le câblo-opérateur, détenu par le groupe américain Liberty Global, est présent en Flandre et à Bruxelles, mais lorgne sur la Wallonie depuis longtemps.

L'opération de rachat va remodeler le marché belge des télécoms autour de trois grands acteurs : Proximus, Telenet et Orange. Dans l'aventure, le perdant se nomme Telenet. L'opérateur flamand aurait pu se battre à armes égales avec Proximus. Avaler VOO, c'était se mettre au niveau du seul opérateur possédant un réseau télécom fixe sur l'ensemble du pays. Pour avoir une présence en Wallonie, Telenet sera finalement contraint de louer l'infrastructure de ses concurrents, comme le fait actuellement Orange. Les grands gagnants sont Orange et Proximus. Proximus s'épargne une concurrence frontale sur l'ensemble du pays avec Telenet. Et Orange réalise enfin son rêve de posséder un réseau propre, qui lui donnera les coudées franches pour développer son offre convergente intégrant le mobile, l'Internet et la télévision.

Orange fait un grand pas vers le rachat de VOO. Il ne fait plus guère de doute que les deux opérateurs ne feront bientôt plus qu'un, depuis que Nethys (maison-mère de VOO), a décidé de privilégier l'offre d'Orange. Des négociations exclusives débutent entre ces deux acteurs clés du secteur télécom. Elles devraient aboutir d'ici la fin de l'année. Orange Belgium s'apprête à reprendre 75 % des parts (moins une action) détenues par le groupe public liégeois Nethys dans le câblo-opérateur VOO. Pour l'occasion, la filiale belge du groupe français Orange met la main au portefeuille. Dans le cadre du processus de rachat, la valorisation de VOO est fixée à 1,8 milliard d'euros, soit 9,5 fois l'EBITDA (bénéfices avant impôts) prévisionnel de VOO en 2021. Ce montant est nettement plus élevé que la somme promise par le fonds d'investissement américain Providence (entre 1,1 et 1,2 milliard d'euros) lors de la tentative avortée (pour cause d'irrégularités) de revente de VOO par l'ancien management, alors cornaqué par Stéphane Moreau. La somme mise sur la table dépasse même les dernières prévisions de Renaud Witmeur (CEO ad interim de Nethys), qui tournaient autour de 1,4 milliard d'euros. Entretemps, VOO a semble-t-il redressé en partie ses finances et amélioré son EBITDA (118 millions en 2018, 189 millions prévus en 2021), ce qui a un impact sur la valorisation de la société. Nul doute qu'Orange a également consenti un petit effort pour acquérir l'actif stratégique que représente VOO. Sur le marché belge des télécoms fixes (Internet, TV), Orange souffre d'une position de dépendance par rapport aux autres acteurs. Ne possédant pas de réseau propre, l'opérateur doit "louer" l'infrastructure de ses concurrents, en l'occurrence VOO et Telenet, pour proposer à ses clients un pack télécom incluant la TV et l'Internet à domicile. En mettant la main sur la filiale de Nethys, Orange s'assure la maîtrise totale du réseau et de son offre vis-à-vis des clients wallons et bruxellois couverts par le câblo-opérateur VOO.Pour le groupe Nethys, chapeauté par l'intercommunale liégeoise Enodia, le choix d'un rapprochement avec Orange ne s'explique pas uniquement par des raisons financières. Rappelons qu'Enodia (ex-Publifin) est composée de représentants des communes liégeoises et de la Province de Liège. Les politiques, qui doivent avaliser l'opération, restent attentifs à l'ancrage liégeois de VOO et de ses différentes composantes - notamment le call-center WBCC basé à Herstal. Pour s'en assurer, ils se ménagent d'ailleurs la possibilité de garder une certaine influence sur les décisions futures, via la conservation de 25 % des parts (+ une action) dans la société. Au centre des préoccupations se trouve évidemment la question de l'emploi. Certes, certains départements, notamment dans le marketing et la vente, pourraient faire l'objet de synergies entre Orange et VOO. Mais Orange, qui ne possède pas de réseau fixe, aura besoin des équipes de VOO pour opérer ses activités. Les risques de doublons sont, sur papier, moins nombreux qu'avec un opérateur comme Telenet, qui possède déjà en interne toute l'expertise de gestion d'un réseau fixe. Le deal mis sur le table prévoit par ailleurs qu'Orange s'engage "au maintien et au développement de l'emploi" chez VOO, mais aussi vis-à-vis de ses réseaux de sous-traitants locaux.C'est un coup dur pour Telenet, qui "regrette cette décision" et dit "examiner les options" qui lui permettraient de contrer le choix de Nethys de convoler en justes noces avec Orange. Des actions en justice ne sont pas exclues dans un dossier qui a déjà connu son lot de rebondissements (l'annulation de la vente de VOO à Providence découle d'une action introduite par Orange). Mais pour Telenet, les chances de s'étendre dans le sud du pays s'éloignent. Le câblo-opérateur, détenu par le groupe américain Liberty Global, est présent en Flandre et à Bruxelles, mais lorgne sur la Wallonie depuis longtemps. L'opération de rachat va remodeler le marché belge des télécoms autour de trois grands acteurs : Proximus, Telenet et Orange. Dans l'aventure, le perdant se nomme Telenet. L'opérateur flamand aurait pu se battre à armes égales avec Proximus. Avaler VOO, c'était se mettre au niveau du seul opérateur possédant un réseau télécom fixe sur l'ensemble du pays. Pour avoir une présence en Wallonie, Telenet sera finalement contraint de louer l'infrastructure de ses concurrents, comme le fait actuellement Orange. Les grands gagnants sont Orange et Proximus. Proximus s'épargne une concurrence frontale sur l'ensemble du pays avec Telenet. Et Orange réalise enfin son rêve de posséder un réseau propre, qui lui donnera les coudées franches pour développer son offre convergente intégrant le mobile, l'Internet et la télévision.