Dimanche, au quatrième jour de l'invasion russe en Ukraine, la major pétrolière britannique BP a annoncé qu'elle se désengageait du géant russe Rosneft, dans lequel elle détient une participation de 19,75%, dénonçant "un acte d'agression qui a des conséquences tragiques à travers la région". Parmi ceux qui lui emboîtent le pas, son compatriote Shell a indiqué lundi qu'il se séparait de ses parts dans plusieurs projets communs avec le groupe russe Gazprom en Russie, notamment sa participation au projet gazier Sakhaline-2 dans l'Extrême Orient russe. Leur concurrent norvégien Equinor a quant à lui annoncé l'arrêt de ses investissements en Russie et son désengagement de ses sociétés communes dans le pays. Equinor est contrôlé à 67% par l'État norvégien, dont le fonds souverain va également geler ses investissements en Russie. Le premier constructeur mondial de poids lourds, l'allemand Daimler Truck, a pour sa part suspendu "jusqu'à nouvel ordre" ses activités en Russie, dont une coopération "de nature civile" avec le producteur de camions Kamaz qui fournit également l'armée russe.

Malgré tout, "il est très difficile pour toute entreprise ayant une activité en Russie d'en partir maintenant", résume pour l'AFP Guntram Wolff, directeur du centre de réflexion bruxellois Bruegel. "Déjà parce que la banque centrale russe interdit la vente d'actifs financiers, et aussi parce que même si ces ventes étaient autorisées, le rouble a tellement perdu de sa valeur que les pertes seraient énormes", met-il en avant.

Plusieurs analystes s'accordent à dire qu'il sera difficile pour BP de vendre ses parts à leur valeur réelle (14 milliards de dollars fin 2021). Le groupe a d'ailleurs prévenu qu'il inscrirait une charge dans ses comptes du premier trimestre 2022, qui seront publiés en mai. "Pour beaucoup d'entreprises la question de sortir ne se pose pas, elles sont coincées car elles ont des avoirs et des actifs importants en Russie qui ne sont pas du tout +liquides+", des sites de production par exemple qu'elles ne peuvent pas fermer ou revendre "du jour au lendemain", renchérit Sébastien Jean, directeur du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii).

- Suivi "minute par minute" -

La guerre en Ukraine et les lourdes sanctions infligées à la Russie par les pays occidentaux plongent les groupes étrangers "dans une grande incertitude sur ce que sera l'évolution de l'économie russe dans les mois qui viennent, et aussi sur ce que seront les sanctions en retour des Russes, beaucoup peuvent craindre des saisies de certains de leurs avoirs ou des expropriations", souligne Sébastien Jean.

Parmi les secteurs les plus exposés figure l'énergie. Le groupe pétrolier et gazier autrichien OMV, qui détient notamment 24,99% d'un champ gazier en Sibérie et qui cofinance le gazoduc Nord Stream II, indique à l'AFP "évaluer constamment la situation pour prendre d'éventuelles mesures si nécessaire". "Pour l'instant, le secteur n'est pas sous sanctions du fait de son importance dans l'approvisionnement énergétique, mais nous suivons cela et les décisions qui peuvent être prises", a déclaré lundi sur BFM Business le directeur général du groupe nucléaire français Orano, Philippe Knoche. La Russie représente "2% de nos échanges, donc ça reste un impact extrêmement limité", a-t-il précisé.

Comptant 30.000 collaborateurs, 240 magasins et 3,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires en Russie, le distributeur français Auchan dit également suivre "ce dossier minute par minute". Tout comme les équipes locales du géant agroalimentaire français Danone (5% des revenus réalisés en Russie, environ 8.000 salariés), qui "suit évidemment de près la situation et met en place toutes les actions nécessaires pour assurer la sécurité de ses salariés et la continuité de ses activités".

Le brasseur danois Carlsberg, 8.400 employés en Russie, interrogé par l'AFP, a dit poursuivre ses opérations en Russie "dans le respect des sanctions mises en place". Toutefois, le marché russe "n'est pas suffisamment important pour que ce soit une mise en danger structurelle pour beaucoup d'entreprises", relativise Sébastien Jean.

Dimanche, au quatrième jour de l'invasion russe en Ukraine, la major pétrolière britannique BP a annoncé qu'elle se désengageait du géant russe Rosneft, dans lequel elle détient une participation de 19,75%, dénonçant "un acte d'agression qui a des conséquences tragiques à travers la région". Parmi ceux qui lui emboîtent le pas, son compatriote Shell a indiqué lundi qu'il se séparait de ses parts dans plusieurs projets communs avec le groupe russe Gazprom en Russie, notamment sa participation au projet gazier Sakhaline-2 dans l'Extrême Orient russe. Leur concurrent norvégien Equinor a quant à lui annoncé l'arrêt de ses investissements en Russie et son désengagement de ses sociétés communes dans le pays. Equinor est contrôlé à 67% par l'État norvégien, dont le fonds souverain va également geler ses investissements en Russie. Le premier constructeur mondial de poids lourds, l'allemand Daimler Truck, a pour sa part suspendu "jusqu'à nouvel ordre" ses activités en Russie, dont une coopération "de nature civile" avec le producteur de camions Kamaz qui fournit également l'armée russe. Malgré tout, "il est très difficile pour toute entreprise ayant une activité en Russie d'en partir maintenant", résume pour l'AFP Guntram Wolff, directeur du centre de réflexion bruxellois Bruegel. "Déjà parce que la banque centrale russe interdit la vente d'actifs financiers, et aussi parce que même si ces ventes étaient autorisées, le rouble a tellement perdu de sa valeur que les pertes seraient énormes", met-il en avant.Plusieurs analystes s'accordent à dire qu'il sera difficile pour BP de vendre ses parts à leur valeur réelle (14 milliards de dollars fin 2021). Le groupe a d'ailleurs prévenu qu'il inscrirait une charge dans ses comptes du premier trimestre 2022, qui seront publiés en mai. "Pour beaucoup d'entreprises la question de sortir ne se pose pas, elles sont coincées car elles ont des avoirs et des actifs importants en Russie qui ne sont pas du tout +liquides+", des sites de production par exemple qu'elles ne peuvent pas fermer ou revendre "du jour au lendemain", renchérit Sébastien Jean, directeur du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii).- Suivi "minute par minute" -La guerre en Ukraine et les lourdes sanctions infligées à la Russie par les pays occidentaux plongent les groupes étrangers "dans une grande incertitude sur ce que sera l'évolution de l'économie russe dans les mois qui viennent, et aussi sur ce que seront les sanctions en retour des Russes, beaucoup peuvent craindre des saisies de certains de leurs avoirs ou des expropriations", souligne Sébastien Jean. Parmi les secteurs les plus exposés figure l'énergie. Le groupe pétrolier et gazier autrichien OMV, qui détient notamment 24,99% d'un champ gazier en Sibérie et qui cofinance le gazoduc Nord Stream II, indique à l'AFP "évaluer constamment la situation pour prendre d'éventuelles mesures si nécessaire". "Pour l'instant, le secteur n'est pas sous sanctions du fait de son importance dans l'approvisionnement énergétique, mais nous suivons cela et les décisions qui peuvent être prises", a déclaré lundi sur BFM Business le directeur général du groupe nucléaire français Orano, Philippe Knoche. La Russie représente "2% de nos échanges, donc ça reste un impact extrêmement limité", a-t-il précisé.Comptant 30.000 collaborateurs, 240 magasins et 3,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires en Russie, le distributeur français Auchan dit également suivre "ce dossier minute par minute". Tout comme les équipes locales du géant agroalimentaire français Danone (5% des revenus réalisés en Russie, environ 8.000 salariés), qui "suit évidemment de près la situation et met en place toutes les actions nécessaires pour assurer la sécurité de ses salariés et la continuité de ses activités".Le brasseur danois Carlsberg, 8.400 employés en Russie, interrogé par l'AFP, a dit poursuivre ses opérations en Russie "dans le respect des sanctions mises en place". Toutefois, le marché russe "n'est pas suffisamment important pour que ce soit une mise en danger structurelle pour beaucoup d'entreprises", relativise Sébastien Jean.