Le Manager de l'Année est une récompense décernée depuis 1985 par Trends- Tendances. Chaque année, le jury - composé de membres de la rédaction et de spécialistes des milieux économique et financiers - se réunit pour élaborer une liste de 10 finalistes. Les critères ? Etre depuis au moins deux ans dans une fonction dirigeante (administrateur délégué ou CEO) au sein d'une entreprise et faire preuve de compétences managériales remarquables se traduisant tant dans les performances financières de l'entreprise que dans sa renommée, son climat social et ses perspectives de développement. Avec les portraits de Jean Baisier (Les Tartes de Françoise) et de Christophe Wanty et Benoît Soenen (Wanty), que vous pourrez lire en pages suivantes, nous poursuivons la présentation de ces 10 personnalités, à raison de deux par semaine. Qui succédera donc à Jean-Pierre Lutgen (CEO d'Ice-Watch), vainqueur de l'édition 2017, et enrichira un palmarès comptant des personnalités telles qu'Albert Frère, Jean Stéphenne, François Fornieri, Paul François Vranken et Eric Domb ? Pour élire votre manager favori, rendez-vous du lundi 19 novembre au dimanche 2 décembre inclus sur le site www.manager delannee.be.Le prix sera remis au lauréat lors d'une soirée de gala qui se tiendra le mercredi 9 janvier 2019 à Brussels Expo.
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Le Manager de l'Année est une récompense décernée depuis 1985 par Trends- Tendances. Chaque année, le jury - composé de membres de la rédaction et de spécialistes des milieux économique et financiers - se réunit pour élaborer une liste de 10 finalistes. Les critères ? Etre depuis au moins deux ans dans une fonction dirigeante (administrateur délégué ou CEO) au sein d'une entreprise et faire preuve de compétences managériales remarquables se traduisant tant dans les performances financières de l'entreprise que dans sa renommée, son climat social et ses perspectives de développement. Avec les portraits de Jean Baisier (Les Tartes de Françoise) et de Christophe Wanty et Benoît Soenen (Wanty), que vous pourrez lire en pages suivantes, nous poursuivons la présentation de ces 10 personnalités, à raison de deux par semaine. Qui succédera donc à Jean-Pierre Lutgen (CEO d'Ice-Watch), vainqueur de l'édition 2017, et enrichira un palmarès comptant des personnalités telles qu'Albert Frère, Jean Stéphenne, François Fornieri, Paul François Vranken et Eric Domb ? Pour élire votre manager favori, rendez-vous du lundi 19 novembre au dimanche 2 décembre inclus sur le site www.manager delannee.be.Le prix sera remis au lauréat lors d'une soirée de gala qui se tiendra le mercredi 9 janvier 2019 à Brussels Expo. Jean Baisier, CEO des Tartes de Françoise : L'international pour 2019Depuis sept ans, le spécialiste bruxellois des tartes multiplie les ouvertures de boutiques. Pas moins de 21 ateliers parsèment désormais la Belgique, permettant à l'entreprise de générer plus de 15 millions d'euros de chiffre d'affaires. Et en 2019, Les Tartes de Françoise devraient se lancer hors de nos frontières.La Belgique commence à ne plus tout à fait lui suffire : pour 2019, Jean Baisier vise l'international, avec un nouveau concept qu'il est en train de définir avec ses équipes. Il faut dire que la présence des Tartes de Françoise en Belgique s'est largement développée. A l'heure actuelle, l'entreprise compte pas moins de 21 ateliers répartis un peu partout : Bruxelles, La Hulpe, Wavre, Gerpinnes, Alost, Anvers, Gand, etc. Pourtant ce quadrillage fait partie d'une stratégie relativement récente : ce n'est qu'en 2011 que la firme, fondée en 1994, a finalement ouvert au public une véritable " boutique ". Et avant cela ? Les Tartes de Françoise étaient essentiellement un producteur de tartes pour l'horeca et en particulier pour son plus gros client, Exki, dont elle accompagne la croissance depuis des années. La PME bruxelloise ne disposait, depuis 2003, que d'un " magasin d'usine " à Ixelles. Une sorte d'adresse de derrière les fagots que les Bruxellois se partageaient comme un bon plan gourmand. Un concept que la firme a répliqué un peu plus tard à Gand. Mais face à la demande croissante, et pour pallier le risque de ne dépendre que d'un secteur et d'un seul client, aussi gros soit-il, Les Tartes de Françoise se sont lancées, dès 2011, dans une stratégie de marque : imposer un nom à destination du grand public au travers de l'ouverture de points de vente avec une vraie visibilité.Cette stratégie, Jean Baisier en est l'un des principaux artisans, aux côtés d'Olivier Laffut, le fondateur de l'entreprise qu'il a rejoint dès 2006. La petite PME du début a dès lors connu une forte croissance. Et le petit atelier de production situé avenue de l'Hippodrome à Ixelles n'a plus suffi : la firme a installé sa production à Seneffe dans des bâtiments qui, aujourd'hui, atteignent 2.700 m2 et d'où sortent tous les jours jusqu'à 4.500 tartes, sucrées et salées. Exki reste un partenaire et un client de choix pour Les Tartes de Françoise, mais l'enseigne ne représente plus qu'environ 30 % de son chiffre d'affaires, qui atteignait 15,3 millions d'euros en 2017 (pour 246.000 euros de bénéfice), continuellement en croissance. En 2016, il n'était " que " de 14 millions d'euros. Cette année-là fut, par ailleurs, importante pour Jean Baisier. En effet, le managing director de Tartes de Françoise en est devenu copropriétaire à l'occasion d'un LMBO ( leveraged management buy-out) organisé avec Ludovic Hernould, directeur financier et administratif de l'entreprise et, depuis, son nouvel associé. Une opération qui n'a pas freiné l'expansion de la firme : neuf boutiques ont été ouvertes dans les deux dernières années. Un défi relevé par Jean Baisier mais qui n'a rien d'évident : " Passer de fabricant à commerçant est un véritable défi de tous les jours, détaille le patron. Et nous allons encore faire des progrès pour que l'expérience de nos clients soit totalement parfaite ".A présent, Les Tartes de Françoise emploient 250 personnes (165 équivalents temps plein) et continuent de nourrir volontairement une véritable diversité culturelle au sein de son personnel de production : à l'atelier de Seneffe se côtoient ainsi de nombreuses nationalités. Les Tartes de Françoise accordent également une grande importance à la durabilité de leur approche : énergie verte et recyclage sont au coeur des processus de fabrication.Benoît Soenen et Christophe Wanty, administateurs délégués de Wanty : "Nous aimons être les petits qui taquinent les grands"A l'image de l'équipe cycliste qu'il sponsorise, le groupe de construction wallon revendique le profil d'outsider. Mais un outsider qui ne manque pas d'ambition."Si nous étions restés des 'voiristes' purs et durs, nous ne serions plus là. " Benoît Soenen salue l'évolution patiente de l'entreprise familiale fondée en 1946 par Maurice Wanty. De la construction aux routes en passant par le terrassement et l'assainissement, elle a saisi les opportunités d'élargir son champ d'activités au fil des ans. Wanty s'est en particulier forgé une solide réputation dans les chantiers de démantèlement d'installations industrielles. " Il faut pouvoir aujourd'hui offrir une large palette de services, poursuit Benoît Soenen. Nous pouvons assainir une friche, la viabiliser, reconstruire, gérer les impétrants et même apporter une solution énergétique pour le nouveau bâtiment. Et tout cela, nous le gérons en interne. C'est notre force. "Benoît Soenen a rejoint le groupe Wanty il y a 20 ans, en compagnie de son ami d'université Christophe Wanty, petit-fils du fondateur. Ces deux ingénieurs aux profils complémentaires - Christophe le commercial et Benoît l'agronome - ont contribué à faire croître l'entreprise qui a multiplié ses effectifs par 10 sur les 20 dernières années. Cette croissance fut autant externe qu'interne, avec les rachats ces dernières années de ICM (Mettet), Castagnetti (Flémalle) et, bien entendu, Ronveaux. Cette stratégie offensive tranche avec une certaine frilosité wallonne en la matière. " Nous avons surtout racheté des sociétés familiales, explique Christophe Wanty. Elles cherchaient chez nous une certaine rigueur administrative, rendue nécessaire par les normes actuelles et que seul l'appui de services généraux d'un groupe peut offrir. Et nous, nous avons reçu du personnel compétent et du matériel. Cela nous permet de concilier notre croissance avec le maintien de la culture familiale de Wanty. " C'est le souci constant du tandem : ne pas laisser cet esprit familial s'évaporer. Comment garder un contact direct et régulier avec 1.500 personnes réparties sur plusieurs sites et des dizaines de chantiers ? Par une application mobile spécifique, qui transmet à chacun aussi bien les consignes de sécurité que les offres de places pour le match Charleroi-Standard. " La digitalisation, chez nous, c'est un projet humain pour renforcer notre communication ", résume Christophe Wanty.Un horizon qui s'internationaliseDans le même esprit, le groupe a choisi de sponsoriser une équipe cycliste, un sport qui " touche tout le monde ". " Il n'y a pas une journée où on ne me parle pas du Tour de France, sourit Benoît Soenen. Cette équipe prolonge bien la philosophie de Wanty : un petit qui parvient à taquiner les gros. " Et il les taquine désormais hors des frontières, en misant sur son expertise dans les travaux de déconstruction, y compris dans des démantèlements industriels complexes. Wanty a ouvert un bureau à Paris, où le groupe espère décrocher des chantiers en vue des Jeux olympiques de 2024. Il se développe aussi aux Pays-Bas, en Allemagne et même au Maroc.La croissance passe aussi par une certaine diversification. Depuis peu, Wanty s'est inséré dans des filières proposant des solutions énergétiques grâce à des partenariats dans l'éolien et le photovoltaïque. " Nous montons aussi des projets de compensation-carbone, en finançant des plantations à Madagascar, dit Benoît Soenen. Nous aimerions devenir la première équipe cycliste zéro-carbone . " Etre manager, c'est en fait être prêt à une remise en question perpétuelle ", conclut Christophe Wanty.