A la veille de la deuxième réunion entre direction et syndicats dans le cadre de la phase 2 de la loi Renault, les travailleurs n'acceptent en effet pas les propositions sur la table des négociations. "Propositions qui, au-delà d'être indécentes, sont pour une partie d'entre-elles illégales", dénonce la CNE.

Mecamold a été reprise en mai par le groupe international Keravalon, spécialisé dans le sauvetage d'entreprises en difficulté. Un plan de relance a ensuite été annoncé en juin, menaçant 54 emplois sur les 139 que compte l'entreprise. Une procédure Renault a dès lors été enclenchée.

La phase 2 de cette procédure a débuté la semaine dernière. A l'issue de la première réunion, relative au plan social qui accompagne le licenciement de 42 travailleurs mais également les conditions financières octroyées au personnel qui demeurera en place, les 130 membres du personnel avaient débrayé mardi dernier.

La direction a annoncé aux délégations syndicales son intention de procéder à un saut d'index, de ne prévoir aucune évolution barémique, de passer de 36 à 37/h semaine sans perte de salaire ou encore de prévoir de façon exceptionnelle le passage à 12h/jour et 60h/semaine de travail lorsque ce type de mesure sera nécessaire. L'octroi de la prime de départ aux travailleurs licenciés est par ailleurs conditionné à l'acceptation de ces mesures par le personnel restant.

A la veille de la deuxième rencontre avec la direction, la CNE dénonce l'illégalité de certaines mesures. "Dans le cadre d'une annualisation du temps de travail, elle envisage de faire prester le personnel jusqu'à 60h par semaine et 12h par jour. Or, les limites hebdomadaires et journalières légales sont inférieures. De plus, il serait matériellement impossible de respecter les 11h consécutives de repos obligatoire entre deux prestations."

Et ce n'est pas le seul exemple pour le syndicat chrétien, qui rappelle qu'augmenter le temps de travail hebdomadaire de 36 à 37h, sans compensation financière, en prenant en référence un régime sectoriel à 37h par semaine semble difficile puisque ce régime a été fixé à 38h par semaine. Quant au gel des salaires, qui comprend donc un saut d'index, c'est la commission paritaire elle-même qui régit les modalités d'application.

La CNE, qui fustige cette méconnaissance de la législation alors que Keravalon se dit entouré et conseillé, craint pour la survie de l'entreprise.