Un pont majoritairement belge

Le pont est réservé aux piétons et à une ligne de tram qui relie désormais les réseaux de transports en commun des deux villes. " C'était une liaison très utile à réaliser car énormément de personnes traversent chaque jour le Rhin pour se rendre au travail ", explique Wim Hoeckman, CEO de Victor Buyck. L'ouvrage est composé de deux arches. Un choix qui est esthétique mais aussi symbolique. " Une pour chacun des pays. La jonction des deux indique l'endroit de la frontière entre les deux pays ", glisse Patrick Van Severen, le directeur du projet. Long de 290 m, le pont aura coûté 26 millions d'euros au total, dont 11 millions pour la partie réalisée par la société flamande. " Chaque facture devait être divisée par deux, pour chacun des deux pays ", explique le directeur du projet.
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Le pont est réservé aux piétons et à une ligne de tram qui relie désormais les réseaux de transports en commun des deux villes. " C'était une liaison très utile à réaliser car énormément de personnes traversent chaque jour le Rhin pour se rendre au travail ", explique Wim Hoeckman, CEO de Victor Buyck. L'ouvrage est composé de deux arches. Un choix qui est esthétique mais aussi symbolique. " Une pour chacun des pays. La jonction des deux indique l'endroit de la frontière entre les deux pays ", glisse Patrick Van Severen, le directeur du projet. Long de 290 m, le pont aura coûté 26 millions d'euros au total, dont 11 millions pour la partie réalisée par la société flamande. " Chaque facture devait être divisée par deux, pour chacun des deux pays ", explique le directeur du projet.Si le projet peut sembler hors du commun, Victor Buyck a fait justement des projets audacieux sa spécialité. " Nous cherchons effectivement les chantiers qui sortent de l'ordinaire. Nous aimons réaliser les choses qu'en général les autres ne veulent pas faire. C'est évidemment plus gratifiant et ça permet aussi d'affronter moins de concurrence. Chaque projet est nouveau pour nous ", explique le CEO. Ce dernier aime d'ailleurs avoir son mot à dire. " Nous préférons ne pas avoir les mains trop liées par un cahier des charges strict mais plutôt pouvoir participer à la conception. " Ce fut ainsi le cas pour ce projet franco-allemand, où les exigences architecturales étaient relativement peu nombreuses. " On a été assez libre même s'il faut évidemment trouver un compromis avec une facture finale concurrentielle ", sourit encore le CEO. Réaliser un pont entre l'Allemagne et la France a aussi l'avantage d'offrir une jolie carte de visite. " De tels ouvrages accroissent forcément notre notoriété. C'est une activité où l'on ne fait pas de publicité car cela n'aurait aucun impact. Ce qui compte, ce sont les références ", ajoute encore Wim Hoeckman.La société compte environ 350 salariés. Un chiffre qui varie toutefois selon les périodes. " Nous travaillons toujours sur 10 à 15 chantiers en même temps. Cela évite de bloquer le personnel si un intermédiaire a un imprévu. Mais du coup, les besoins en personnel sont très variables et nous avons besoin d'une très grande flexibilité ", explique encore le patron de Victor Buyck. Active partout en Belgique, la société est également largement présente en Europe, surtout chez nos voisins directs. L'entreprise enregistre un chiffre d'affaires annuel de 70 millions d'euros par an. Si la société se porte bien, elle a néanmoins subi de plein fouet la sortie de l'Union européenne annoncée par la Grande-Bretagne. " Nous travaillions régulièrement avec le Royaume-Uni. Nous avons encore eu cinq chantiers tout récemment. Mais depuis le Brexit, nous n'avons plus enregistré aucune commande. Le taux de change nous est désormais défavorable ", regrette le CEO. L'entreprise peut néanmoins toujours compter sur les autres pays européens, dont la France qui représente plus de 50 % de son activité.La construction d'un tel ouvrage n'est forcément pas banale. " Le Rhin est le fleuve le plus utilisé en Europe. Nous avons eu la possibilité de le bloquer pour installer le pont mais uniquement pour deux jours. Afin d'être le plus efficace possible, Victor Buyck a préfabriqué la majorité de l'ouvrage dans ses ateliers, à Gand. L'entreprise a ensuite transporté le pont en deux morceaux, directement par les voies navigables. " Les deux tabliers faisaient chacun 145 m de long sur 15 de large ", explique le CEO. Le transport du pont aura duré une semaine par tablier mais a permis une construction simplifiée. " C'est évidemment un sacré défi de déplacer ces deux morceaux pesant chacun 1.100 tonnes. Mais réaliser l'assemblage de pièces plus petites sur place est beaucoup plus long et inconfortable ", assure Wim Hoeckman. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Victor Buyck procède de cette façon. " Nous travaillons régulièrement comme ça. Nous pouvons réaliser des pièces jusqu'à 185 m de long pour 38 m de large. Pour la hauteur, nous sommes limités par une succession de cinq ponts de 6 m de haut à proximité de nos installations ", précise le directeur du projet. Mais visiblement, l'entreprise gantoise n'a pas peur des défis. " Pour gagner en hauteur, on a immergé des pièces pour les faire passer sous les ponts. Cela permettait de gagner 3 ou 4 m supplémentaires ", sourit Wim Hoeckman. Par Arnaud Martin.