Le CA, qui a entamé la procédure de recherche d'un successeur, approuvera le profil du nouveau CEO et désignera un cabinet de recrutement pour assister l'entreprise dans cette procédure lors de sa réunion du 19 septembre, détaille encore le groupe télécom. Dominique Leroy avait annoncé le 5 septembre dernier son départ de l'entreprise semi-publique. Elle devait cependant rester en fonction jusqu'au 30 novembre, avant de devenir la patronne de l'opérateur néerlandais KPN dès le 1er décembre.

Au mois de janvier, la CEO avait initié un plan de transformation de Proximus impliquant le départ de 1.900 personnes et l'engagement de 1.250 autres sur une période de trois ans. L'annonce de son départ prochain avait dès lors suscité l'ire des syndicats, qui réclamaient son départ immédiat. Les représentants des travailleurs s'inquiétaient en effet de la volonté de la patronne de Proximus de vouloir finaliser ce plan avant de s'en aller. Plusieurs actions spontanées du personnel ont en outre eu lieu cette semaine, principalement en Wallonie. Direction et syndicats discutent depuis huit mois du plan de restructuration. Deux médiateurs ont été nommés pour tenter de relancer le dialogue. Ceux-ci ont déjà vu chaque partie séparément et devraient les réunir autour de la table mardi.

Les syndicats pleins d'espoir pour la conciliation

La CGSP accueille favorablement la décision de la CEO de Proximus, Dominique Leroy, et du conseil d'administration d'anticiper le départ de Mme Leroy au 20 septembre prochain. "Il était impossible pour nous de se mettre autour de la table des négociations sans une telle intervention", a commenté samedi Laurent Malengreau, secrétaire permanent CGSP Télécom.

Proximus a annoncé samedi que le CA et Dominique Leroy s'étaient entendus pour un départ le 20 septembre alors qu'initialement la CEO devait rester à son poste jusqu'au 30 novembre avant de mettre le cap sur les Pays-Bas pour prendre la tête de l'opérateur KPN. Dominique Leroy transférera l'ensemble de ses dossiers à Sandrine Dufour, actuelle directrice financière (CFO), qui assurera la fonction de CEO ad interim à partir du 21 septembre, avec le support de Stefaan De Clerck, président du conseil d'administration. "Nous mettons beaucoup d'espoir dans la conciliation", a indiqué M. Malengreau. "Patronat et syndicats, nous devons maintenant prendre nos responsabilités et mettre de l'eau dans notre vin, pour le bien-être du personnel", a ajouté le représentant du syndicat socialiste.

Il a rappelé que la situation était très tendue parmi le personnel la semaine écoulée, avec de nombreuses fermetures de magasins et des blocages "alors qu'aucun mot d'ordre n'avait été lancé de notre part", souligne-t-il. La CSC Transcom appelle aussi à mettre fin à l'incertitude qui plane sur le personnel, tant sur les travailleurs qui seront touchés par la vaste restructuration impliquant le départ de 1.900 personnes que sur ceux qui resteront actifs chez Proximus. "Depuis des mois, on tergiverse et la direction ne communique absolument rien. Il est temps d'avancer", insiste Philippe Daxhelet, permanent national.