En Belgique, un entrepreneur sur trois qui a créé sa propre entreprise est une femme. Pour tenter de dégager les principales motivations et difficultés liées à la fonction, l'assureur-vie NN, en collaboration avec Indiville et avec le soutien du Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI), a lancé une étude à grande échelle menée auprès de 1948 Belges (dont 1007 femmes entrepreneures). Dans celle-ci, ces femmes entrepreneures ont été interrogées sur leur situation actuelle, sur leur situation au lancement de leur entreprise et sur leurs attentes pour l'avenir.

Par ce biais, NN et le SNI souhaitaient identifier de quelle façon l'entrepreneuriat au féminin en Belgique pourrait être mieux stimulé.

Quels enseignements tirer de cette étude ?

Sur les 218 172 femmes indépendantes à titre principal en Belgique, 38% d'entre elles ont envisagé de mettre un terme à leur activité au cours des douze derniers mois, principalement à cause de l'insécurité financière. Elles s'inquiètent majoritairement de la faible pension qu'elles percevront plus tard. Malgré la pression forte liée au travail, la faible pension revient comme préoccupation numéro une dans leurs réponses. La pension moyenne d'une femme indépendante est largement inférieure à celle des hommes, passant du simple au triple (331,87 euros pour les femmes contre 1087,63 euros pour les hommes).

Ensuite, 25% des femmes entrepreneures interrogées avouent avoir du mal avec la possible perte de revenus et les conséquences liées à une maladie, une inaptitude au travail ou un décès, pour elles-mêmes et leur famille. Pour 24% maintenant, la fluctuation des revenus est un problème majeur.

Viennent en ensuite la pression au travail (24%), ne pas savoir comment poursuivre son activité en cas de maladie, d'incapacité de travail ou de décès, et enfin les tâches administratives (22%).

Des premières années difficiles

30 % des femmes belges, âgées de 20 à 49 ans, poursuivent le rêve de devenir indépendantes. Pourtant, beaucoup d'entre elles ne le concrétisent pas. Les considérations et l'insécurité financières ainsi que la perte de protection sociale empêchent un grand nombre de femmes de s'engager dans cette voie. 43 % des femmes entrepreneures ont un peu hésité avant de franchir le pas. La liberté d'être son propre patron, le défi à relever et la réalisation d'un rêve constituent les principales raisons qui les décident.

Par ailleurs, les premières années s'avèrent difficiles, pour les femmes entrepreneures. 38 % d'entre elles admettent rencontrer des problèmes financiers ou avoir du mal à boucler leur budget au cours de cette période. Mais lorsque ces débuts laborieux sont terminés, l'entrepreneuriat offre aussi des avantages évidents. Avec le recul, 61 % d'entre elles sont contentes d'avoir pris cette décision.

En congé de maternité, les entrepreneures s'en sortent difficilement

Malgré les 12 semaines de congé de maternité auxquelles les femmes entrepreneures ont légalement droit, il ressort de l'étude que celles-ci doivent être rapidement à nouveau disponibles pour le travail, par exemple pour répondre aux mails professionnels, animer toujours de manière continue leurs différents réseaux sociaux, et ce, durant toute la durée de leur congé. Plus de 8 femmes sur 10 expliquent d'ailleurs rester actives durant cette période. Financièrement, près de 70% de celles-ci s'en sortent plus ou moins difficilement sur le plan financier pendant leur congé de maternité. Beaucoup d'entre elles épargnent d'ailleurs volontairement avant leur accouchement.

Que faire pour stimuler l'entrepreneuriat au féminin ?

Afin de répondre à ces nombreuses inquiétudes, l'assureur-vie NN et le SNI préconisent un meilleur statut social pour les femmes avec essentiellement une pension équivalente à celle des salariés, ainsi qu'un meilleur équilibre entre travail et famille, avec une offre plus large et plus flexible en matière d'accueil des jeunes enfants. Le SNI souligne aussi l'importance de la création d'une indemnité d'arrêt à part entière, car les chiffres indiquent que 33 % des femmes âgées de 20 à 49 ans ne veulent pas devenir indépendantes en raison du risque financier qu'elles courent si les choses tournent mal.