L'écart entre les salaires horaires réels est passé de 0,2 % à 5,5 %, au profit du public. "Cette évolution est due à plusieurs facteurs, explique Henri Sneessens, chercheur associé à l'Ires et coauteur de l'étude. L'affaiblissement des gains de productivité (qui nourri...

L'écart entre les salaires horaires réels est passé de 0,2 % à 5,5 %, au profit du public. "Cette évolution est due à plusieurs facteurs, explique Henri Sneessens, chercheur associé à l'Ires et coauteur de l'étude. L'affaiblissement des gains de productivité (qui nourrissaient la progression des salaires privés) se conjugue à des changements structurels, comme la baisse de l'importance du secteur manufacturier - où les salaires sont traditionnellement plus élevés - au profit des services, ainsi qu'aux mesures de modération salariale."L'analyse économétrique de l'évolution des salaires indique une "large autonomie" des secteurs économiques : il n'y a pas d'effet d'entraînement d'un secteur "leader". On pouvait craindre que des augmentations de salaires dans le secteur public, moins soumis à la concurrence, ne finissent par effet de contagion par dégrader la compétitivité du secteur privé. "Ce n'est pas le cas dans l'économie belge", écrivent les auteurs de l'étude. S'il n'y a pas de leader, il existe toutefois de fortes interactions puisque "50 % d'une variation de salaire observée dans un secteur est répercutée en un ou deux trimestres dans l'autre secteur". Ce résultat est cohérent avec le degré élevé de centralisation et de coordination dans la formation des salaires en Belgique, note encore l'étude.