Celyad est active dans les thérapies cellulaires appelées CAR-T, qui consistent à programmer des lymphocytes (globules blancs) pour les rendre plus efficaces contre les cellules cancéreuses. La première génération de ces thérapies a montré des résultats très probants dans un nombre restreint de cancers en phase terminale. Cette première génération utilisait des cellules prélevées chez des patients et infusées au même patient, après des modifications visant à les rendre actives contre les cellules cancéreuses.
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Celyad est active dans les thérapies cellulaires appelées CAR-T, qui consistent à programmer des lymphocytes (globules blancs) pour les rendre plus efficaces contre les cellules cancéreuses. La première génération de ces thérapies a montré des résultats très probants dans un nombre restreint de cancers en phase terminale. Cette première génération utilisait des cellules prélevées chez des patients et infusées au même patient, après des modifications visant à les rendre actives contre les cellules cancéreuses. La nouvelle génération tente maintenant d'utiliser les mêmes cellules, mais cette fois en provenance d'un donneur sain, et se faisant, de créer des "banques de cellules" moins onéreuses à produire. En général, lorsque des cellules immunitaires d'une personne sont administrées à une autre personne, ces cellules reconnaissent les tissus du receveur comme étrangers et les attaquent. Afin de rendre ces cellules compatibles, les efforts en cours actuellement utilisent des "ciseaux génétiques" pour modifier le génome et empêcher les cellules injectées de reconnaître l'hôte comme étranger. Ces modifications génétiques utilisent des outils très puissants, le plus connu étant le CRISPR. Ils ont le désavantage de modifier de façon permanente le génome en créant donc des organismes génétiquement modifiés. Celyad a présenté ce lundi une nouvelle méthode, s'affranchissant de ces ciseaux génétiques en travaillant plutôt sur l'ARN, plus précisément des shRNA (Short Hairpin RNA). "Beaucoup ont essayé mais avec des résultats mitigés, explique Christian Homsy, CEO et co-fondateur de Celyad. Nous avons réussi à craquer le code de cet outil avec des premiers résultats probants chez l'animal." La plateforme shRNA augmente "significativement la persistance et l'expansion cellulaire". Elle sera utilisée pour le développement d'autres produits candidats (visant certains types de leucémie et contre des tumeurs malignes) du portefeuille de la biotech de Mont-Saint-Guibert, pour lesquels les premiers essais cliniques seront lancés dans les prochains mois.La plateforme shRNA présente l'énorme avantage d'améliorer les approches allogéniques (via des banques de cellules), par nature moins coûteuses que les traitements autologues (le patient est soigné à partir de ses propres cellules). C'est notamment pour cette raison que Christian Homsy parle de "technologie de rupture". Pourrait-elle intéresser d'autres biotechs actives dans les thérapies CAR-T ? "Nous avons effectivement reçu de nombreuses marques d'intérêt, confie Christian Homsy. Nous devrons jouer finement. Des partenariats pour l'utilisation de notre plateforme peuvent nous apporter des rentrées financières intéressantes. Mais nous éviterons les accords avec les firmes qui développent des candidats-médicaments directement concurrents des nôtres. Nous devons veiller à la stratégie à moyen et long terme de Celyad."