Entre l'enregistrement des bagages, le passage de la sécurité (bien nécessaire, certes), le temps d'attente et le confort de vol, prendre l'avion peut souvent s'apparenter à un parcours du combattant. Nous sommes généralement installés peu confortablement dans un avion, sans réel espace pour nos jambes au point parfois de toucher littéralement le siège situé juste en face de nous.

Bloomberg nous apprend que cette situation ne risque pas de s'améliorer. Au contraire. Il faudra de plus en plus prendre son mal en patience et tâcher de trouver la position la plus adéquate pour passer un vol agréable. En effet, l'industrie de l'aviation entend de plus en plus réduire l'espace réservé aux voyageurs.

La raison est la suivante : la demande explose, notamment sur le marché asiatique, où près de cent millions de personnes prennent l'avion chaque année pour la première. Pour répondre à celle-ci, on pourrait simplement penser que les compagnies aériennes investissent massivement dans l'achat de nouveaux appareils. Il n'en est rien. Comme l'explique le média américain, ce choix est purement économique, lié à la pénurie des pistes et afin d'éviter de payer des droits d'atterrissage supplémentaires.

De plus en plus serrés

Dès lors, la solution consiste à augmenter le nombre de places disponibles dans les avions déjà existants, ce qui implique de revoir les dimensions des sièges pour pouvoir en ajouter de nouveaux. Par exemple, la plus importante compagnie low-cost des Philippines, Cebu Air, a annoncé en juin dernier que ses nouveaux appareils (des Airbus A330neo) compteraient 20 places de plus qu'aujourd'hui, pour atteindre 460.

Mais d'autres compagnies à bas prix ont déjà eu cette idée, comme Ryanair en 2014, en commandant à Boeing des appareils dotés de 8 sièges en plus que la version "standard".

"L'objectif est de serrer le plus grand nombre de passagers possible. Ça ne fera qu'empirer au cours de la prochaine décennie", explique Mathieu De Marchi, un consultant en aviation civile basé à en Thaïlande, toujours à Bloomberg.

L'espace pour les jambes ne va pas s'arrêter de rétrécir. Quand on jette un oeil aux chiffres, de 86 à 89 cm entre deux rangées de siège au début des années 2000, on avoisine actuellement les 77 cm, voire les 71 cm pour les vols plus courts. Mais ce n'est pas tout. La taille elle-même des sièges a été réduite : environ 4 cm en moyenne en 20 ans. Des estimations calculées par Flyers Rights, une association américaine de défense des passagers.

Ce manque de confort a peut-être un avantage, celui de faire diminuer le prix du billet. Pourtant, il est aujourd'hui habituel de se voir proposer un siège plus spacieux, à un tarif évidemment plus élevé.