Après bien des péripéties, Elon Musk a finalement racheté Twitter. Et cela lui vaut bien des critiques, en tout cas en Europe. On a le droit d'aimer ou pas celui qui a créé Tesla. Il l'a fait avec succès et fabrique des voitures électriques, un produit que l'on considère souvent, quoique peut-être à tort, comme un progrès pour l'environnement. C'est lui aussi qui a fait rêver beaucoup en créant SpaceX. Le tout, et c'est peut-être ce qui dérange certains, en devenant l'un des hommes les plus riches du monde.
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Après bien des péripéties, Elon Musk a finalement racheté Twitter. Et cela lui vaut bien des critiques, en tout cas en Europe. On a le droit d'aimer ou pas celui qui a créé Tesla. Il l'a fait avec succès et fabrique des voitures électriques, un produit que l'on considère souvent, quoique peut-être à tort, comme un progrès pour l'environnement. C'est lui aussi qui a fait rêver beaucoup en créant SpaceX. Le tout, et c'est peut-être ce qui dérange certains, en devenant l'un des hommes les plus riches du monde. A peine avait-il racheté Twitter que la presse européenne, quasi unanime, lui a reproché tout et n'importe quoi. On a commencé par faire semblant de s'étonner qu'il ait immédiatement licencié tous les dirigeants. Il faut vraiment ne rien y connaître en reprise d'entreprises et manquer totalement de logique pour émettre une telle critique. Si quelqu'un dépense 44 milliards de dollars pour racheter une firme, c'est évidemment pour la contrôler et certainement pas en laissant au pouvoir des anciens dirigeants avec qui on a été en procès et qu'on accuse de mauvaise gestion. En cas de reprise hostile, c'est-à-dire contre le gré des administrateurs existants, la première chose que l'on fait, c'est toujours de se débarrasser de ceux-ci. Et de faire de même avec les juristes du groupe avec qui on vient de ferrailler pendant des mois... Certes, licencier ensuite la moitié du personnel peut paraître peu sympathique. Mais là encore, c'est dans la logique économique d'un projet et d'une gestion différente. Et pourquoi donc Thierry Breton, commissaire européen, commence- t-il par rappeler que Twitter devra "respecter nos règles", avant que cette firme ait pris la moindre initiative nouvelle? Fait-on cela pour toutes les entreprises qui changent de direction? Ce politicien français s'imagine-t-il vraiment qu'une firme aussi importante compte enfreindre sciemment des lois, pour risquer des amendes de dizaines de millions d'euros? On hésite, dans le chef du commissaire européen, entre la naïveté et, plus vraisemblablement, la volonté de faire parler de lui. D'autres critiquent déjà le choix de créer des abonnements payants. C'est certes un changement de modèle, mais il faut choisir: une firme de ce genre dépend soit de ses clients, qui paient des cotisations, soit de ses annonceurs. La plus grande partie de la presse a fait le même choix qu'Elon Musk en rendant payant l'accès à la plupart des informations sur ses sites. Et en général, on a applaudi à l'indépendance de la presse ainsi plus ou moins retrouvée. Pourquoi cela devient-il critiquable lorsque c'est Elon Musk qui le décide? On le sait bien, il n'y a pas de produit gratuit. Si on ne vous demande rien, et que l'on vous fournit des services comme le fait Google, par exemple, c'est parce que "le produit, c'est vous". Vous ne payez pas de cotisation mais vous fournissez des données multiples et très précieuses dont la collecte assure à la multinationale une mine d'or. N'est-ce pas plus clair si vous payez un service? Ne vaut-il pas mieux que les clients décident, éventuellement en quittant Twitter, qu'en faisant dépendre cette entreprise de quelques grandes multinationales qui, en tant qu'annonceurs, font pression sur l'admission de certains contenus? Rien ne dit que la prise de contrôle de Twitter par Elon Musk sera nécessairement un progrès pour la liberté. Mais on peut quand même lui laisser le bénéfice du doute alors qu'aucune mesure n'a encore été mise en oeuvre, sans critiquer systématiquement tout ce qu'il fait. On ne peut s'empêcher de penser que, chez certains, tout cela relève de la jalousie pure et simple envers quelqu'un qui, jusqu'ici, a tout réussi.