Par le passé, l'informatique se déclinait aussi bien au masculin qu'au féminin, avec la création du premier algorithme, vers 1843, par l'Anglaise Ada Lovelace, ou encore l'actrice Hedy Lamarr qui fut au début des années 1940, à l'origine du WIFI. Sans oublier Margaret Hamilton, qui en tant que directrice du programme software Apollo 11, qui a permis l'alunissage du module lunaire, ou Katherine Johnson, femme afro-américaine qui, en pleine période de ségrégation raciale, a calculé la trajectoire de l'appareil, le film "Les figures de l'ombre" lui rend d'ailleurs un bel hommage. Force est de constater qu'aujourd'hui les femmes brillent par leur absence de ce domaine...

Comment expliquer ce désamour entre technologies de l'informatique et gente féminine ? La faute sans doute aux préjugés, nés dans les années 80, qui pour une raison inconnue ont estampillé ces secteurs comme étant "réservés" aux hommes. Les chiffres appuient toujours cette tendance, la dernière étude de l'IBSA et d'Innoviris souligne que seulement 8% de jeunes femmes sont actuellement inscrites en sciences informatiques dans les écoles supérieures bruxelloises... Et les inscriptions féminines dans les écoles de code ne sont guère plus nombreuses puisque les chiffres tournent entre 0,3% à 15% d'étudiantes.

Pour inverser cette tendance et afin que l'informatique, le codage et les nouvelles technologies ne se conjuguent plus uniquement au masculin singulier, la Région bruxelloise a voulu "une politique d'égalité de genre dans la stratégie de NextTech.brussels, son plan digital. Les objectifs en sont multiples : promouvoir la formation au code et aux études STEM ( Science, Technology, Engineering et Mathematics, ndlr) pour les jeunes filles et les femmes, soutenir les femmes dans la création de start-up et dans leur croissance, et augmenter la présence féminine dans l'industrie high tech". C'est au service 1819, la porte d'entrée de l'entrepreneuriat bruxellois, qu'il est revenu de relever ce défi. Défi qui a débouché sur la création de Women in Tech.brussels, dont la 3e édition du "Women Code Festival" est une des initiatives.

Durant ce festival du codage au féminin, où les hommes sont bien entendu admis, plus de 2.000 personnes sont attendues. Et les témoignages, comme celui de Charene Hamroun, web développeuse chez Raincode, soulignent l'importance de développer et de multiplier ces initiatives auprès des femmes, qui bien souvent n'osent pas franchir ce fossé, creusé à coup de préjugés. "Je me suis inscrite à une formation en code, comme on s'inscrit à la Star Ac, par défi, sans y croire vraiment, explique Charene Hamroun. En un an, le code a bouleversé ma vie : j'ai trouvé du travail directement, je me sens utile à la société."

Pourtant la société actuelle y gagnerait grandement à une approche "mixte" de nouvelles technologies, car comme l'explique Elisa Della Faille, product owner chez Isabel Group, "participer au développement de produits technologiques, c'est y ajouter sa vision du monde. Inconsciemment des biais sont introduits dans une technologie par l'équipe qui la façonne à son image, une équipe mixte créera plus facilement une solution qui reflète la société. Maîtriser le code en tant que femme, permet de rectifier ces biais, d'apporter l'expérience de vie qui fera que les innovations technologiques correspondent tant aux hommes qu'aux femmes."

Et si le codage au féminin était tout simplement une des lignes du code de la confiance en soi ?

"Women Code Festival"

Sont partenaires : hub.brussels, cirb.brussels, innoviris.brussels, software.brussels, screen.brussels, beangels, MIC, Interface3, Ecole19, le wagon, becode, becentral, google atelier digital, co.station, StartIt@KBC, we are coders, barefoot&co, la french tech, girleek, sharify, e-mma, wild code school.