Nous avons tous du talent. Le tout est d'être placé dans les bonnes conditions pour pouvoir l'exprimer et donner du sens à ce que l'on fait. A l'époque de l'explosion du nombre de burn-out, ce constat prend évidemment tout son sens. Comme pour un certain nombre, le burn-out qu'a connu Jean-Charles della Faille en 2004 s'est avéré une véritable bénédiction. " J'avais le moteur qui tournait à vide, se souvient-il. Et le psychiatre que j'ai consulté m'a dit qu'en outre, je n'étais plus aligné sur mes valeurs et qu'il devenait impérieux que je nourrisse celles-ci. Sur le coup, je n'ai pas tout à fait saisi ce qu'il voulait me dire. Ce que je sais, par contre, c'est que j'ai encore eu un coup de mou et que je suis tombé en désamour avec la pub. Je ne parvenais plus à accepter cette différence entre ce qui est dit et ce qui est vraiment fait. Genre, le Nutella est le meilleur petit-déjeuner du monde. Ce qui n'est pas vrai... Je ne parvenais plus à accepter que le département marketing ne dise pas la vérité. "
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Nous avons tous du talent. Le tout est d'être placé dans les bonnes conditions pour pouvoir l'exprimer et donner du sens à ce que l'on fait. A l'époque de l'explosion du nombre de burn-out, ce constat prend évidemment tout son sens. Comme pour un certain nombre, le burn-out qu'a connu Jean-Charles della Faille en 2004 s'est avéré une véritable bénédiction. " J'avais le moteur qui tournait à vide, se souvient-il. Et le psychiatre que j'ai consulté m'a dit qu'en outre, je n'étais plus aligné sur mes valeurs et qu'il devenait impérieux que je nourrisse celles-ci. Sur le coup, je n'ai pas tout à fait saisi ce qu'il voulait me dire. Ce que je sais, par contre, c'est que j'ai encore eu un coup de mou et que je suis tombé en désamour avec la pub. Je ne parvenais plus à accepter cette différence entre ce qui est dit et ce qui est vraiment fait. Genre, le Nutella est le meilleur petit-déjeuner du monde. Ce qui n'est pas vrai... Je ne parvenais plus à accepter que le département marketing ne dise pas la vérité. " Passé chez Grey et DDB avant de fonder sa propre agence (Van Piperzeel), Jean-Charles della Faille avoue que les uns le trouvaient génial et les autres super nul. Tout est une question de terreau fertile et de respect des valeurs. En 2013, il revend son agence, lâche tout et se lance dans la consultance d'entreprises. Sur base de la théorie du why (pourquoi on fait les choses) de Simon Sinek, il aide ces dernières à trouver leur vraie raison d'être et à décliner ce why à tous les niveaux. Et notamment sur les supports de communication que Jean-Charles della Faille connaît bien. Ce travail a débouché sur un premier livre intitulé Vous êtes fantastique (L'attitude des Héros). " Je veux aider les gens à se réinventer comme je l'ai fait moi-même. Cette passion est née quand je me suis rendu compte que, lorsque je consultais pour les entreprises, je me passionnais surtout pour la composante humaine. Ce premier livre avait pour but, comme le disait mon psychiatre, de réaligner les gens avec ce qu'ils sont, avec leurs valeurs et de commencer à les respecter pour retrouver du sens. Dans leur vie, dans leur travail. Parce que, franchement, c'est affolant de voir le nombre de gens qui, au boulot, ont perdu leurs repères... " Aujourd'hui, le livre, réédité une deuxième fois (2018), a débouché sur des workshops destinés aux entreprises, au grand public et aux étudiants. A cette occasion, Jean-Charles della Faille évoque 33 valeurs différentes. " Pour décomplexer mon auditoire, je commence par énoncer celles que je ne possède pas : le dépassement de soi, l' empowerment et la disruption. Si je ne suis pas motivé, je ne me dépasse pas. Il n'y a qu'à regarder l'état de ma pelouse. Je ne sais pas donner de l'autonomie ou faire monter les gens. Enfin, et c'était un souci dans la pub, je ne suis pas le moins du monde disruptif. Par contre, ma première valeur, c'est l'inspiration. " Tout naturellement, cette inspiration lui a... inspiré son deuxième ouvrage où, en 224 pages, il explique comment tout un chacun, à son niveau, peut être inspirant. En trouvant le bon équilibre entre ce que nous sommes vraiment et ce que nous exprimons ou laissons voir à l'extérieur, entre nos valeurs et nos actions. L'auteur donne aussi les ingrédients de cette inspiration et la manière de maximiser notre propre inspiration. Par moments, on regrettera simplement que Jean-Charles della Faille enfonce des portes bien ouvertes. Mais c'est un choix qu'il revendique. " J'aurais pu intituler ce livre L'inspiration pour les nuls, mais la collection existe déjà ! J'ai voulu dresser un panorama complet de l'inspiration et des différents types d'inspirants mais aussi remettre l'église au milieu du village, notamment par rapport à certaines croyances. Comme, par exemple, que l'inspiration n'a rien à voir avec le charisme. Alors, oui, j'ai voulu tout dire. Quitte, par moments, à passer pour un couillon ( rires). " Préfacé par Sophie Wilmès, notre Première ministre, le livre vaut aussi le détour par quelques-unes des prises de position de l'auteur qui ne manqueront pas d'interpeller et de stimuler le débat. Comme le fait de considérer Emmanuel Macron, au même titre que Lance Armstrong, comme un pseudo-inspirant, qui n'a que la forme et pas le fond... Ou de considérer le chief happiness officer comme un gadget (" le bonheur est une question personnelle "). En prise avec l'actualité, Jean-Charles della Faille parle abondamment du sens du travail ou de l'inspiration selon Greta Thunberg. Appelé dans un premier temps à être décliné en workshops destinés aux managers et aux top managers, Tout le monde peut être inspirant est une bonne base pour qui, du patron de PME au politicien en passant par Monsieur Tout-le-Monde, s'intéresse au développement personnel et rêve de devenir une meilleure version de lui-même.