Cela partait d'une bonne intention: faire parler de la marque en mettant un coup de projecteur sur le virage électrique du constructeur. Mais l'idée de génie s'est rapidement transformée en bad buzz. Le 30 mars dernier, le groupe Volkswagen a en effet annoncé sur Twitter qu'il s'appellerait désormais Voltswagen, en référence à l'unité de mesure de la tension électrique. Un joli jeu de mots pour marquer le changement de stratégie chez VW et év...

Cela partait d'une bonne intention: faire parler de la marque en mettant un coup de projecteur sur le virage électrique du constructeur. Mais l'idée de génie s'est rapidement transformée en bad buzz. Le 30 mars dernier, le groupe Volkswagen a en effet annoncé sur Twitter qu'il s'appellerait désormais Voltswagen, en référence à l'unité de mesure de la tension électrique. Un joli jeu de mots pour marquer le changement de stratégie chez VW et évoquer le futur moins polluant de ses voitures. Sauf que cette grande nouvelle était un canular... Deux jours avant la date du fameux poisson d'avril, le groupe a non seulement eu la mauvaise idée de divulguer cette fausse information au public et aux journalistes (un communiqué de presse leur avait été aussi envoyé), mais ses porte-paroles se sont surtout enfermés dans le mensonge lorsque les premiers doutes ont été exprimés le jour même de l'opération. L'objectif caché de VW était évident: générer un maximum d'intérêt de la part des médias et de ses (futurs) clients pour ses nouveaux modèles électriques, mais le "pré-poisson" n'a jamais été digéré et la vérité a fini par éclater avant le 1er avril. Piégés, les journalistes n'ont surtout pas apprécié le fait d'avoir été instrumentalisés par la marque pour faire la promotion de ses modèles "à l'insu de leur plein gré", d'autant que VW a déjà été épinglé il y a quelques années déjà pour ses mensonges éhontés dans l'affaire du dieselgate. Outrée par le procédé "hors 1er avril", l'Agence France-Presse (AFP) a d'ailleurs adressé une lettre de protestation au constructeur automobile, évoquant au passage "un abus de confiance très grave qui ne doit pas se reproduire". Devant le tollé suscité par son annonce, le groupe allemand a finalement présenté ses excuses pour cette "campagne marketing" (sic) dont l'objectif était de "générer de l'attention", mais il n'empêche, le mal est fait et la marque a perdu aujourd'hui en crédibilité auprès de nombreux journalistes de plusieurs médias sérieux. Morale de l'histoire: en communication, le poisson d'avril est digeste lorsqu'il est pêché le jour J, mais pas lorsqu'il frétille dans l'assiette avant la date fixée, surtout dans un monde de plus en plus en proie aux fake news.