La poussée de télétravail, provoquée par le confinement, rend-elle la voiture de société moins attractive pour ses utilisateurs ? Tout dépendra de ce qu'il restera de ce comportement dans quelques mois. " Avant la crise du coronavirus, on peut dire que 17% des Belges télétravaillaient, au moins ponctuellement, quelques jours par semaine, explique Joëlle Boutefeu, senior consultant HR chez Securex. Pendant la crise, ce chiffre a grimpé à 68%. On ne restera sans doute pas à ce niveau mais je pense que le télétravail va connaître une progression importante, plus large. "
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La poussée de télétravail, provoquée par le confinement, rend-elle la voiture de société moins attractive pour ses utilisateurs ? Tout dépendra de ce qu'il restera de ce comportement dans quelques mois. " Avant la crise du coronavirus, on peut dire que 17% des Belges télétravaillaient, au moins ponctuellement, quelques jours par semaine, explique Joëlle Boutefeu, senior consultant HR chez Securex. Pendant la crise, ce chiffre a grimpé à 68%. On ne restera sans doute pas à ce niveau mais je pense que le télétravail va connaître une progression importante, plus large. " Premier point : en matière de véhicule, le télétravail, quelle que soit son étendue, ne change rien à la donne. Selon Securex, les travailleurs ont toujours droit à une voiture de société et aux avantages qui lui sont liés. " La nécessité d'effectuer des déplacements professionnels n'est pas un critère pour qu'une voiture de société fasse partie d'un package salarial, indique Steven De Vliegher, porte-parole de Securex. L'employeur n'a pas le droit de revoir ou de retirer cet élément du salaire en cours de route. " Le télétravail ne change rien non plus sur le plan fiscal. A moyen terme, toutefois, le télétravail peut modifier l'intensité de l'utilisation du véhicule, donc son coût et son budget. " On pourrait imaginer que la moyenne annuelle de kilomètres parcourus diminue de 10 à 15% ", estime Luc Pissens, mobility manager à la banque Degroof Petercam. Egalement président de l'association des managers de mobilité BFFMM (Fleet&Mobility), celui-ci croit beaucoup à l'extension du télétravail. " Pas mal de personnes m'ont dit qu'elles n'utilisaient presque plus leur véhicule mais je ne vois pas la voiture de société supprimée, seulement moins utilisée. " Le télétravail peut toutefois modifier l'attractivité de cet avantage aux yeux du salarié qui effectue moins de déplacements entre son domicile et son bureau. " Il est encore tôt pour mesurer l'impact de cette modification de comportement, il faudra sans doute attendre au moins un an, avance Joëlle Boutefeu. D'un côté, la voiture sera de fait moins utile puisqu'on comptabilisera moins de déplacements vers le lieu de travail, mais d'un autre côté, des déplacements, il en existera toujours car il est rare (et même peu souhaitable) de télétravailler tous les jours de la semaine. Il faudra aussi estimer l'impact positif de ce changement sur le trafic. " Le télétravail peut aussi encourager l'usage du vélo, pour lequel la demande a explosé avec le confinement. " Mais il ne faut pas conclure qu'il sera la solution pour tous les trajets domicile-travail ", prévient naturellement Joëlle Boutefeu. En Belgique, ce trajet est d'environ 20 km en moyenne, et plus encore pour les travailleurs qui se rendent à Bruxelles. Il faut aussi que le trajet soit sécurisant, ce qui est moins le cas en Wallonie qu'à Bruxelles ou en Flandre. " Reste que l'avènement de l'assistance électrique a désormais rendu le vélo plus abordable pour davantage de mollets. Joëlle Boutefeu connaît bien ce dossier car elle conseille les entreprises sur la mobilité, et notamment sur les plans favorisant le vélo. Un employeur peut proposer un deux-roues dans le cadre d'un plan cafétéria parmi un choix d'autres avantages (jours de congé supplémentaires, ordinateur, etc.). Ou se limiter à une formule cash for bike en convertissant un bonus ou une prime en bicyclette. " Nous constatons une hausse de la demande de ce type de plan ", continue Joëlle Boutefeu, qui prévient que ces avantages ne peuvent être attribués que si le salarié utilise le vélo pour aller au bureau au moins un jour par semaine. " Si tel n'est pas le cas, un avantage en nature sera comptabilisé ( taxable, Ndlr) sur le prix du vélo. " Un usage toutefois indirectement vérifiable lorsqu'une indemnité vélo est versée par l'employeur, comme l'imposent certaines conventions collectives. Notons qu'il est aussi possible d'obtenir un vélo via un contrat de leasing pour une voiture de société. Les loueurs proposent des formules dans lesquelles le salarié prend un véhicule moins cher pour dégager le budget d'un deux-roues dans le contrat. " Chez Degroof Petercam, environ 10% des bénéficiaires d'une voiture de société ont choisi cette option ", remarque Luc Pissens.