Depuis un an, Sébastien Assouad a retrouvé sa vie. Il a arrêté de sprinter du lundi au vendredi et profite de sa famille. Il met aussi toute son expérience à la disposition de WSL, l'incubateur wallon des sciences de l'ingénieur. Il guide dans leur développement les start-up et les spin-off issues d'ULiège. Auparavant, Sébastien Assouad a dirigé, pendant sept ans, des petites entreprises appartenant à un groupe international spécialisé dans les services à l'industrie au sens large. Suite à une alerte médicale, il décide de lever le pied et de quitter le groupe en acceptant de rester jusqu'à l'arrivée de son successeur. Il lui faudra attendre un an. Cette année, il la raconte dans un livre intitulé Dans la peau d'un manager et paru fin janvier aux éditions L'attitude des Héros. Ecrit comme un journal avec des dates en guise de chapitres, cet ouvrage se lit comme un roman. Il vous plonge dans le quotidien d'un chef de PME avec ses doutes, ses choix permanents, ses contraintes, sa gestion des ressources humaines avec ses petits et ses grands problèmes, ses clients pas toujours faciles, etc.
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Depuis un an, Sébastien Assouad a retrouvé sa vie. Il a arrêté de sprinter du lundi au vendredi et profite de sa famille. Il met aussi toute son expérience à la disposition de WSL, l'incubateur wallon des sciences de l'ingénieur. Il guide dans leur développement les start-up et les spin-off issues d'ULiège. Auparavant, Sébastien Assouad a dirigé, pendant sept ans, des petites entreprises appartenant à un groupe international spécialisé dans les services à l'industrie au sens large. Suite à une alerte médicale, il décide de lever le pied et de quitter le groupe en acceptant de rester jusqu'à l'arrivée de son successeur. Il lui faudra attendre un an. Cette année, il la raconte dans un livre intitulé Dans la peau d'un manager et paru fin janvier aux éditions L'attitude des Héros. Ecrit comme un journal avec des dates en guise de chapitres, cet ouvrage se lit comme un roman. Il vous plonge dans le quotidien d'un chef de PME avec ses doutes, ses choix permanents, ses contraintes, sa gestion des ressources humaines avec ses petits et ses grands problèmes, ses clients pas toujours faciles, etc. La seule chose que Sébastien Assouad ne dit pas, c'est le nom du fameux groupe en question. Il est possible de s'essayer au jeu des devinettes mais, en fait, ce n'est pas important du tout. Car l'expérience qu'il décrit est assurément transposable dans le quotidien de bon nombre de chefs d'entreprise de ce pays. " J'ai volontairement passé le nom de mon entreprise et de mon groupe sous silence, explique-t-il. En écrivant dans une sorte d'agenda au jour le jour, je me suis rendu compte que mes écrits pouvaient être utiles à d'autres managers ou à ceux qui envisagent de se lancer. Ne pas situer le secteur permettait une identification plus large. Car, en fin de compte, nous vendions des compétences. Un sujet universel. " Le livre retrace des scènes bien connues du monde de l'entreprise : les longues heures passées en voiture tout en téléphonant, le temps perdu dans des réunions qui n'en finissent pas, le briefing hebdomadaire de l'équipe au complet, le brainstorming pour répondre à un appel d'offres, le choix d'un cabinet de recrutement, la tenue d'interviews d'embauche, etc. Rapidement, on comprend que ces scènes sont l'occasion de tirer des leçons de management parfois durement apprises. Et certaines sont loin d'être habituelles. A l'instar du client qui n'a pas toujours raison... " J'y crois fermement, assène Sébastien Assouad. Le client n'est pas toujours roi, peu importe ce qu'on vous enseigne dans les écoles. De nos jours, nous vendons de la tranquillité au client. De plus en plus de services sont externalisés, les décideurs veulent donc s'appuyer sur des partenaires fiables afin que leur système informatique ne se crashe pas ou que leur production ne s'arrête pas. Cette tranquillité, ce n'est pas forcément le contractant le moins cher qui va vous la fournir. Un client sait ce qu'il veut mais pas toujours ce dont il a besoin. C'est là qu'intervient la valeur ajoutée d'un vendeur qui maîtrise son art et ses dossiers et qui pose les bonnes questions. Une bonne relation avec un client se conjugue d'égal à égal. Il ne faut pas dire oui à tout, sûrement pas... Confronter les idées est plus efficace et enrichit la relation. " En termes de ressources humaines aussi, les conclusions que tire Sébastien Assouad de son expérience sortent de l'ordinaire. Certes, il évoque, tour à tour, la nécessité d'avoir une diversité des talents dans une entreprise (à savoir pas uniquement des ambitieux doués), le besoin de pédagogie et d'écoute pour bien gérer des équipes, et l'utilité d'expliquer le pourquoi des décisions ou, encore, l'importance de faire confiance et déléguer. Il démonte, par contre, le rapport à l'argent. " L'argent ne motive pas, poursuit-il. Sûrement pas. Un démotivé qu'on augmente ne sera pas plus motivé à long terme. Par contre, une frustration liée à l'argent peut être un démotivant puissant. Une augmentation doit arriver au bon moment, pas avant mais pas après non plus. Il ne faut pas non plus déstabiliser une équipe en augmentant de façon anormale un collaborateur doué. Il n'y a rien de pire. Le DRH a un rôle à jouer dans ce cadre-là via un benchmark. Histoire de voir où l'entreprise se situe par rapport à ses concurrents. " Un DRH ne gère pas les ressources humaines, selon lui. " Je savais que cette phrase allait faire des vagues mais je l'ai laissée quand même ( rires). Le DRH est un facilitateur mais ce n'est pas lui qui gère les ressources humaines au jour le jour. Il aide, donne des outils, des conseils mais il ne coache pas les équipes. D'ailleurs, je n'ai jamais vu de DRH devenir CEO... Pour le reste, tout manager qui accède à de hautes fonctions doit avoir le bien-être de son équipe en tête. Il est impossible de construire à long terme sans cela. J'insiste aussi dans le livre sur la nécessité de recruter en continu. J'ai parfois omis d'engager sur-le-champ des gens talentueux sous prétexte que je n'en avais pas un besoin immédiat. C'est un tort. Une fois que vous avez les bonnes personnes dans le bus, on peut toujours faire des choses. C'est évident que toutes les entreprises ne peuvent pas se permettre cela mais quand on fait du bénéfice, c'est un investissement d'avenir surtout dans les secteurs à forte demande. Il faut savoir prendre des risques. Vous entendez souvent des managers ne parler que de croissance. Mais c'est le seul moyen qu'on ait trouvé pour offrir des possibilités de développement et de vrais trajets de carrière aux collaborateurs. " Enfin, en filigrane dans tout le livre, la plus importante de toutes les leçons. Il n'y a ni vie professionnelle ni vie privée. Il y a une seule et unique vie. Dont le nécessaire équilibre passe par des choix difficiles pour éviter les excès. Autant savoir avant d'accepter un poste à responsabilités ou de créer sa propre entreprise.