Tarmac belge

La collaboration a pour objectif de former de A à Z les contrôleurs du ciel. " Depuis quelques années, nos besoins de formation dépassaient les capacités de notre centre et une partie des élèves devaient se rendre en Suède ", explique Alain Kniebs, le porte-parole de Belgocontrol. Le nouveau partenariat permettra donc aux étudiants de réaliser l'ensemble de leurs deux années de formation sur le tarmac belge. Cette joint-venture est une première pour Belgocontrol. " Développer cette relation a un intérêt particulier pour nous. En plus d'être désormais partenaires, nous sommes aussi un client important d'Entry Point North, puisque la plupart de nos aiguilleurs sont passés par cette académie. Collaborer avec eux à la formation est donc forcément intéressant ".
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La collaboration a pour objectif de former de A à Z les contrôleurs du ciel. " Depuis quelques années, nos besoins de formation dépassaient les capacités de notre centre et une partie des élèves devaient se rendre en Suède ", explique Alain Kniebs, le porte-parole de Belgocontrol. Le nouveau partenariat permettra donc aux étudiants de réaliser l'ensemble de leurs deux années de formation sur le tarmac belge. Cette joint-venture est une première pour Belgocontrol. " Développer cette relation a un intérêt particulier pour nous. En plus d'être désormais partenaires, nous sommes aussi un client important d'Entry Point North, puisque la plupart de nos aiguilleurs sont passés par cette académie. Collaborer avec eux à la formation est donc forcément intéressant ".Cinq simulateurs à 180 °, un autre à 360 °, une cinquantaine de postes radars : le centre de formation est pour le moins équipé. De quoi permettre aux futurs aiguilleurs du ciel d'acquérir les compétences de base. " Les étudiants suivront un module complémentaire par la suite, dans l'aéroport où ils travailleront ", explique Patrick Persoons, head of training chez Entry Point North Belgium. Les simulateurs permettent de reconstituer toutes les situations possibles, dans les pires conditions météo ou de nuit. " On peut aussi changer d'aéroport et s'entraîner aussi bien à Bruxelles, Charleroi ou même Copenhague. " Le centre sert également aux aiguilleurs déjà actifs. " Chaque année, ils ont des formations pour se familiariser aux nouvelles procédures ", ajoute Patrick Persoons.Sur 400 candidats ayant postulé lors de la dernière campagne de recrutement, seulement une petite vingtaine ont été pris. " Pour postuler, il faut simplement disposer de son diplôme du secondaire, avoir un bon niveau d'anglais, être majeur et avoir moins de 26 ans. C'est un métier qui demande beaucoup de réactivité et, passé un certain âge, certaines capacités se développent moins bien. Les contrôleurs en service compensent cela par leur expérience ", explique le porte-parole de Belgocontrol. Les profils sont donc très variés, de l'avocat à l'ingénieur civil en passant par des personnes moins formées. " Les plus diplômés ne sont pas toujours les plus aptes pour la fonction. Les ingénieurs sont parfois moins efficaces car ils réfléchissent trop sur certains points qui demandent une forte réactivité immédiate ", ajoute le responsable de la formation.Outre les contrôleurs aériens, Belgocontrol engage également des ingénieurs pour les services techniques ainsi que des météorologues. Depuis quelques années, les recrutements sont en hausse. " C'est une situation assez particulière : nous sommes dans un marché sur lequel nous avons peu d'emprise parce qu'il est lié à celui d'autres acteurs, notamment les compagnies aériennes. La demande pour notre activité est fortement liée à la leur ", explique Patrick Persoons.Le métier d'aiguilleur est probablement un poil plus compliqué chez nous qu'ailleurs dans le monde. La Belgique est une véritable plaque tournante du trafic aérien. " En moyenne, on compte plus de 29.000 vols par jour en Europe, dont la moitié passent au-dessus du Benelux, de la France et de l'Allemagne, tous à des altitudes différentes. En plus de nos aéroports, beaucoup d'avions entament des phases de décollage ou d'atterrissage vers les aéroports voisins, sans compter ceux qui passent plus haut ", explique Alain Kniebs. Début septembre, un nouveau record a été battu avec plus de 37.000 vols enregistrés sur une journée. De quoi agiter le ciel belge. " Et il faut encore tenir compte des zones militaires qui, lorsqu'elles sont utilisées, n'autorisent pas le trafic aérien civil. " Par Arnaud Martin.