La semaine dernière, Exxon Mobil Corp. a annoncé sa première perte trimestrielle depuis plus de 30 ans. La compagnie pétrolière américaine a posté une perte de 610 millions de dollars au 1er trimestre. L'an dernier, à la même période, elle enregistrait un bénéfice de 2,4 milliards de dollars. La majeure partie de ses pertes sont enregistrées en aval de la production, s...

La semaine dernière, Exxon Mobil Corp. a annoncé sa première perte trimestrielle depuis plus de 30 ans. La compagnie pétrolière américaine a posté une perte de 610 millions de dollars au 1er trimestre. L'an dernier, à la même période, elle enregistrait un bénéfice de 2,4 milliards de dollars. La majeure partie de ses pertes sont enregistrées en aval de la production, soit dans le raffinage et la vente de produits raffinés. Le plus grand pétrolier américain a déjà réduit ses investissements de l'année de 10 milliards et sa production journalière de 400.000 barils dont 100.000 rien qu'aux Etats-Unis. Chevron est à peine mieux lotie puisque ses revenus liés à la production gazière et pétrolière ont chuté de 748 millions de dollars au 1er trimestre 2019, à 241 millions cette année. La compagnie va réduire ses investissements de 6 milliards de dollars cette année et entend diminuer ses coûts opérationnels d'un milliard. Quant à Shell, elle vient de perdre son titre honorifique d'aristocrate du dividende. En effet, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, la compagnie néerlandaise a réduit son dividende, de 47 cents par action au 1er trimestre 2019 à 16 cents pour la même période cette année. Ces chiffres, quasi invraisemblables pour des pétroliers, confirment en tout cas les prédictions de Rystad Energy, une société indépendante spécialisée en business intelligence. Elle prévoit, pour 2020, une chute de revenus d'exploration-production de 1.000 milliards de dollars pour l'ensemble des compagnies. Le chiffre d'affaires global tomberait de 40 % à 1.470 milliards de dollars. Quant au cash-flow, il subirait un recul encore plus important, soit 60 % à 141 milliards de dollars. Suivant les exemples cités plus haut, Rystad Energy prévoit une baisse des investissements à hauteur de 25 % (de 530 milliards de dollars à 410).