La Belgique reste actuellement bien approvisionnée en gaz, le stockage de Loenhout est même davantage rempli (à 53%) que l'année dernière à la même période, nous assure Laurent Remy le porte-parole de Fluxys, le gestionnaire de réseau de gaz belge. La Belgique est en effet beaucoup moins dépendante du gaz russe (à hauteur de 4-6%) que des pays voisins comme l'Allemagne (35%) et est approvisionnée en GNL via le terminal de Zeebruges et Dunkerque. D'autres sources d'approvisionnement viennent de la Mer du Nord.
...

La Belgique reste actuellement bien approvisionnée en gaz, le stockage de Loenhout est même davantage rempli (à 53%) que l'année dernière à la même période, nous assure Laurent Remy le porte-parole de Fluxys, le gestionnaire de réseau de gaz belge. La Belgique est en effet beaucoup moins dépendante du gaz russe (à hauteur de 4-6%) que des pays voisins comme l'Allemagne (35%) et est approvisionnée en GNL via le terminal de Zeebruges et Dunkerque. D'autres sources d'approvisionnement viennent de la Mer du Nord. Dans les pays voisins plus dépendants de la Russie, les feux sont déjà passés au rouge. L'Allemagne est passée à la deuxième phase de son plan d'urgence national, les Pays-Bas annoncent une "alerte précoce", et les géants de l'énergie TotalEnergies, EDF et Engie appellent les Français à réduire immédiatement leur consommation d'énergie.Des craintes surgissent dans ce contexte difficile. Elles proviennent des entreprises les plus gourmandes en gaz qui sont reliées directement au réseau de Fluxys. En cas de scénario catastrophe où Poutine couperait complètement le robinet de gaz vers l'Europe elles seraient en effet, selon les plans d'urgence du gouvernement, les premières à être impactées par des rationnements. Les ménages et les hôpitaux seraient eux prioritairement préservés. L'industrie, qui représente un quart de la consommation de gaz, est donc très inquiète. "Il y a une bombe à retardement économique dans beaucoup d'entreprises", craint Peter Claes de Febeliec, la fédération des grands consommateurs industriels, cité par De Standaard."Ils peuvent répercuter la hausse des coûts énergétiques sur leurs clients, mais combien de temps cela sera-t-il possible ? La fermeture complète d'une entreprise comporte le risque qu'elle ne redémarre pas. Si cette crise énergétique se poursuit, les chefs d'entreprise chercheront des alternatives et la délocalisation ne peut être exclue", poursuit-il dans le quotidien flamand. L'offre abondante de gaz en Belgique ne nous protège pas contre un nouveau doublement ou triplement des prix. Les industriels pourraient aussi être mis prématurément à l'arrêt, non pas à cause d'une pérnurie mais bien à cause des prix de plus en plus intenables de l'énergie. "Chaque entreprise a déterminé un niveau de prix du gaz ou de l'électricité à partir duquel il n'est plus rentable de produire", souligne dans l'Echo Peter Cales, directeur de la Febeliec."Ce ne serait pas une mauvaise chose si, en Belgique aussi, un appel était lancé à la population et aux entreprises pour qu'elles commencent à économiser l'énergie", lance de son côté Marc Van den Bosch, directeur général de la Febeg, la fédération des secteurs de l'électricité et du gaz. "Même si la Belgique n'a pas de problèmes d'approvisionnement, les prix élevés actuels de l'énergie sont une raison plus que suffisante pour un tel appel ", estime-t-il dans De Standaard. Les particuliers sont en effet des clients protégés. Pour eux, l'approvisionnement en gaz n'est pas rationné comme pour les entreprises. Mais en consommant moins d'énergie, ils peuvent contribuer à réduire les pics de consommation et peut-être tempérer les prix élevés qui y sont associés. Ils sont également exposés eux-mêmes à ces pics de prix. Il n'est pas exclu que l'hiver prochain, le prix du gaz augmente tellement que les ménages baisseront automatiquement leurs thermostats.