Les choses semblent toutefois s'être quelque peu précipitées. Dix ans après sa nomination, le Néerlandais sera remplacé dès janvier par le Britannique Alan Jope, qui dirigeait jusqu'alors la division "beauté et hygiène personnelle", la plus grande du groupe.
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Les choses semblent toutefois s'être quelque peu précipitées. Dix ans après sa nomination, le Néerlandais sera remplacé dès janvier par le Britannique Alan Jope, qui dirigeait jusqu'alors la division "beauté et hygiène personnelle", la plus grande du groupe. Ce changement intervient moins de deux mois après qu'Unilever a renoncé à déménager son siège social de Londres vers Rotterdam, ce qui aurait mis fin à sa double nationalité (Unilever possède deux sièges sociaux). Paul Polman aura donc perdu cette "bataille de la simplification" face aux actionnaires britanniques. Ces derniers suspectaient l'entreprise de chercher par ce moyen à se mettre à l'abri de toute nouvelle tentative d'OPA comme celle, repoussée, de Kraft Heinz l'an dernier. Le président du conseil d'administration, Martijn Dekkers, a démenti la semaine dernière l'idée selon laquelle le départ de Paul Polman serait lié à sa tentative avortée de rationalisation des sièges, ou encore que la nationalité de son successeur aurait joué un rôle dans sa sélection. Force est toutefois de constater que par le passé, il était de coutume que les postes de CEO et de président soient partagés entre un Britannique et un Néerlandais. C'est certain: le nouveau CEO, Alan Jope, devra commencer par passer un peu de pommade aux actionnaires britanniques. L'homme pourra ensuite se concentrer sur le renforcement des bénéfices. Car si Unilever a constitué un très bon investissement tout au long du mandat de Paul Polman avec des rendements bien supérieurs à ceux de ses concurrents, sa marge opérationnelle, à 18%, se situe bien en-deçà de celle enregistrée par ses rivaux américains Procter & Gamble et Colgate.