Est-ce que vous bavardez avec votre patron ? Le faites-vous facilement ou avec retenue ? Parlez-vous de tout ou de rien ? Mensura et Certimed s'est intéressé aux discussions entre les travailleurs et leurs employeurs en réalisant un sondage auprès de 1000 employés et 511 employeurs.

Selon ce sondage, 7 Belges sur 10 se sentent relativement à l'aise pour parler avec leur supérieur. Ils ne le font cependant pas sur tous les sujets et particulièrement sur ceux liés au travail ou pouvant l'influencer comme les problèmes familiaux, la santé mentale ou les causes non médicales d'absentéisme. Ils ne sont que 54% des travailleurs à aborder librement les sujets familiaux et le pourcentage tombe même à 50 pour les causes d'absence non-médicales et 47 quand il s'agit de parler de santé mentale. Pour 40% des travailleurs interrogés lors de ce sondage, le stress et la pression au travail seraient même des sujets tabou. Comment expliquer ces chiffres ?

"Employeurs et employés pensent souvent que les problèmes familiaux ou mentaux font partie de la vie privée et qu'ils ne se discutent pas sur le lieu de travail.", explique Bart Teuwen, expert en absentéisme chez Mensura et Certimed. Et selon lui, il s'agit d'une erreur qui peut avoir des répercussions négatives pour les deux parties:"De tels problèmes sont souvent à la base de l'absentéisme de longue durée au travail. Il est donc important que les organisations établissent une relation de confiance entre employeurs et employés, dans laquelle toutes les questions peuvent être discutées."

Un tremplin vers des solutions concrètes

L'expert pense que les managers devraient aussi sortir de leur rôle uniquement professionnel pour prêter une oreille attentive à certains problèmes, et ainsi continuer à assurer le bon fonctionnement de leur entreprise. "Le manager peut être un tremplin vers des solutions concrètes. Comme une oreille attentive ou comme une personne qui peut rendre les circonstances moins stressantes en faisant des ajustements temporaires. De cette manière, les managers peuvent contribuer à prévenir l'absence de leurs employés en raison de problèmes psychosociaux ou privés, ou à fournir un meilleur soutien si cela se produit. Pour un supérieur, il est important non seulement de parler des problèmes, mais aussi de prêter continuellement une attention sincère au bien-être des membres de son équipe. C'est ainsi qu'on crée une relation dans laquelle les deux parties s'épaulent mutuellement ." estime Bart Teuwen.

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null © belga

Développer ses qualités d'écoute en tant que manager

Mais les supérieurs sont-ils tous capables de cela ? Beaucoup éprouvent en effet des difficultés à discuter de problèmes plus personnels avec leurs employés et travailleurs. "Ce n'est pas parce que vous occupez un poste de direction que vous osez ou savez soulever des questions aussi sensibles.", explique notre expert en absentéisme . "C'est pourquoi il est utile de leur donner l'espace et l'assistance pour développer cette capacité. Par exemple, on peut proposer une formation sur la manière de mener une conversation sur l'absentéisme ou un cours sur 'les premiers secours en cas de problèmes mentaux', où ils apprendront à reconnaître les signaux d'alarme psychosociaux et les techniques d'entretien. L'employeur doit assumer, non pas le rôle de psychologue, mais plutôt celui du détecteur de fumée capable de capter les indices et d'orienter à temps les employés vers un spécialiste.", explique Bart Teuwen.

Parler de l'absentéisme autrement

Le sondage réalisé par Mensura et Certimed montre aussi que 46% des travailleurs préfèrent ne pas devoir expliquer les raisons d'une absence à leur employeur. Un tiers d'entre eux ne révèlent même pas la véritable raison de celle-ci si elle concerne des problèmes familiaux ou d'atmosphère sur le lieu de travail "Dans ce domaine, il est clair que les employés veulent protéger leur vie privée, et c'est leur droit. Mais cela ne peut pas être une excuse auprès des employeurs pour éviter de parler à un employé de ses absences. Il est important de montrer de l'intérêt pour le bien-être de l'employé, de discuter ensemble de la question de savoir si l'employé veut encore et peut être employable d'une manière ou d'une autre, et de voir comment l'employé peut être soutenu dans ce sens. Cela peut parfaitement se faire sans devoir aborder les causes de l'absence. ".

F.Chl.

Est-ce que vous bavardez avec votre patron ? Le faites-vous facilement ou avec retenue ? Parlez-vous de tout ou de rien ? Mensura et Certimed s'est intéressé aux discussions entre les travailleurs et leurs employeurs en réalisant un sondage auprès de 1000 employés et 511 employeurs. Selon ce sondage, 7 Belges sur 10 se sentent relativement à l'aise pour parler avec leur supérieur. Ils ne le font cependant pas sur tous les sujets et particulièrement sur ceux liés au travail ou pouvant l'influencer comme les problèmes familiaux, la santé mentale ou les causes non médicales d'absentéisme. Ils ne sont que 54% des travailleurs à aborder librement les sujets familiaux et le pourcentage tombe même à 50 pour les causes d'absence non-médicales et 47 quand il s'agit de parler de santé mentale. Pour 40% des travailleurs interrogés lors de ce sondage, le stress et la pression au travail seraient même des sujets tabou. Comment expliquer ces chiffres ?"Employeurs et employés pensent souvent que les problèmes familiaux ou mentaux font partie de la vie privée et qu'ils ne se discutent pas sur le lieu de travail.", explique Bart Teuwen, expert en absentéisme chez Mensura et Certimed. Et selon lui, il s'agit d'une erreur qui peut avoir des répercussions négatives pour les deux parties:"De tels problèmes sont souvent à la base de l'absentéisme de longue durée au travail. Il est donc important que les organisations établissent une relation de confiance entre employeurs et employés, dans laquelle toutes les questions peuvent être discutées."L'expert pense que les managers devraient aussi sortir de leur rôle uniquement professionnel pour prêter une oreille attentive à certains problèmes, et ainsi continuer à assurer le bon fonctionnement de leur entreprise. "Le manager peut être un tremplin vers des solutions concrètes. Comme une oreille attentive ou comme une personne qui peut rendre les circonstances moins stressantes en faisant des ajustements temporaires. De cette manière, les managers peuvent contribuer à prévenir l'absence de leurs employés en raison de problèmes psychosociaux ou privés, ou à fournir un meilleur soutien si cela se produit. Pour un supérieur, il est important non seulement de parler des problèmes, mais aussi de prêter continuellement une attention sincère au bien-être des membres de son équipe. C'est ainsi qu'on crée une relation dans laquelle les deux parties s'épaulent mutuellement ." estime Bart Teuwen. Mais les supérieurs sont-ils tous capables de cela ? Beaucoup éprouvent en effet des difficultés à discuter de problèmes plus personnels avec leurs employés et travailleurs. "Ce n'est pas parce que vous occupez un poste de direction que vous osez ou savez soulever des questions aussi sensibles.", explique notre expert en absentéisme . "C'est pourquoi il est utile de leur donner l'espace et l'assistance pour développer cette capacité. Par exemple, on peut proposer une formation sur la manière de mener une conversation sur l'absentéisme ou un cours sur 'les premiers secours en cas de problèmes mentaux', où ils apprendront à reconnaître les signaux d'alarme psychosociaux et les techniques d'entretien. L'employeur doit assumer, non pas le rôle de psychologue, mais plutôt celui du détecteur de fumée capable de capter les indices et d'orienter à temps les employés vers un spécialiste.", explique Bart Teuwen.Le sondage réalisé par Mensura et Certimed montre aussi que 46% des travailleurs préfèrent ne pas devoir expliquer les raisons d'une absence à leur employeur. Un tiers d'entre eux ne révèlent même pas la véritable raison de celle-ci si elle concerne des problèmes familiaux ou d'atmosphère sur le lieu de travail "Dans ce domaine, il est clair que les employés veulent protéger leur vie privée, et c'est leur droit. Mais cela ne peut pas être une excuse auprès des employeurs pour éviter de parler à un employé de ses absences. Il est important de montrer de l'intérêt pour le bien-être de l'employé, de discuter ensemble de la question de savoir si l'employé veut encore et peut être employable d'une manière ou d'une autre, et de voir comment l'employé peut être soutenu dans ce sens. Cela peut parfaitement se faire sans devoir aborder les causes de l'absence. ".F.Chl.