Les Belges n'aiment-ils plus Facebook ? Au cours des six derniers mois, le nombre de Belges actifs sur le réseau social de Mark Zuckerberg serait en recul de 7,3%, passant à 6,8 millions. Tel est le constat établi par Xavier Degraux, expert et coach en réseaux sociaux, sur la base des chiffres qu'il a compilés récemment.
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Les Belges n'aiment-ils plus Facebook ? Au cours des six derniers mois, le nombre de Belges actifs sur le réseau social de Mark Zuckerberg serait en recul de 7,3%, passant à 6,8 millions. Tel est le constat établi par Xavier Degraux, expert et coach en réseaux sociaux, sur la base des chiffres qu'il a compilés récemment. " J'avais déjà observé une baisse de 200.000 jeunes Belges peu après l'affaire Cambridge Analytica, argumente Xavier Degraux, mais elle avait été compensée par l'arrivée, tardive, de personnes plus âgées sur Facebook. " Par contre, son étude menée la semaine passée montre qu'à présent, la débandade ne concerne plus seulement les jeunes. En effet, si la part des 13-17 ans a régressé de 5%, le recul s'observe également dans les autres tranches d'âge : -7% chez les 18-24 ans, -13% chez les 25-54 ans et -8,5% chez les 55-64 ans. Ces chiffres concernent les " utilisateurs actifs " : cela ne signifie pas qu'ils ont supprimé leur compte sur le réseau social, mais simplement qu'ils ne s'y connectent plus et n'interagissent plus. Juste avant le scandale Cambridge Analytica, Facebook comptait chez nous 7,5 millions de comptes actifs. Quant au taux d'engagement (nombre d'interactions des utilisateurs avec les contenus que le réseau leur propose), il baisserait aussi sensiblement, de 8% à 3,5%. Une désaffection qui peut s'expliquer par une conjonction de différents facteurs. " Facebook a 15 ans, note Xavier Degraux. Il peut donc y avoir un effet d'usure auprès d'une partie des utilisateurs. " D'autant que, pour les plus jeunes, d'autres réseaux sociaux sont apparus comme Snapchat, ou le phénomène chinois TikTok qui cartonne en Belgique comme partout ailleurs. Sans oublier un " changement des usages, observe-t-il. D'autres plateformes ont pris le relais de Facebook, en particulier les messageries instantanées telles que WhatsApp et Messenger. Une partie de la population, sensibilisée à la question de l'usage de ses données privées, se réfugie vers des plateformes qui leur semblent plus sûres ". Bien sûr, pour Mark Zuckerberg, cette migration n'est pas très inquiétante : son groupe contrôle également Instagram, WhatsApp et Messenger ! Et si l'on ne dispose pas de chiffres locaux pour les messageries, Instagram enregistrerait toujours une belle croissance, totalisant pas moins de 3,75 millions d'utilisateurs actifs. L'hémorragie belge sur Facebook ne serait pas un cas isolé dans les pays " matures " en matière de réseaux sociaux. Au printemps, des études américaines faisaient état de plus de 15 millions d'Américains en moins sur Facebook. Des jeunes surtout. Bien sûr, il faut relativiser : Facebook revendiquait encore au deuxième trimestre quelque 2,41 milliards d'utilisateurs actifs. Des statistiques toujours en progression, portées par sa croissance dans les marchés émergents, notamment en Inde. De nos jours, 41,5% des utilisateurs de Facebook se situent en Asie-Pacifique.