Quel est, à ce stade, l'impact du coronavirus sur les relations commerciales entre la Belgique et la Chine ?
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Quel est, à ce stade, l'impact du coronavirus sur les relations commerciales entre la Belgique et la Chine ? Dans les entreprises chinoises installées dans les régions où le virus se propage, à peine de 20 à 25% des travailleurs sont retournés dans les ateliers. Alors, évidemment, cela tourne au ralenti pour les sociétés belges qui ont des joint-ventures sur place. Actuellement, l'impact le plus inquiétant concerne les entreprises qui ne parviennent plus à obtenir les matières premières, les fournitures, les pièces détachées venant de Chine. Certaines doivent désormais recourir au chômage économique, car elles n'ont pas trouvé la possibilité de se fournir ailleurs. Plusieurs gros projets économiques ont été lancés ces dernières années entre la Chine et la Wallonie. Risquent-ils d'être remis en cause par l'épidémie ? Le China-Belgium Technology Center (CBTC) de Louvain-la-Neuve est piloté par la province du Hubei, l'épicentre de l'épidémie. Il est évident que le travail de prospection sur place, pour inviter des entreprises à développer des activités en Wallonie, est à l'arrêt. Jusqu'en mai, nos actions devraient être réduites ou ralenties. Pour l'heure, toutefois, le CBTC, c'est aussi de l'immobilier, un chantier en construction. Le coronavirus n'y change pas grand-chose. Le moment crucial, ce sera au début 2021, quand les entreprises commenceront à venir s'y installer. Et à l'aéroport de Liège, nous avons plutôt des bonnes nouvelles. Les vols cargo vers la Chine ont repris et le nombre de liaisons devrait augmenter à partir du mois de mars. Sinotrans, qui assure les approvisionnements pour Alibaba, passera de trois à cinq vols par semaine, tandis qu'Air China Cargo montera à neuf. Sur les vols passagers, il y a moins d'affluence mais, pour le cargo, c'est donc presque business as usual. C'est même porteur pour nos entreprises puisque contrairement à ce qui se passait auparavant, les avions arrivent à moitié vides depuis la Chine - où la production tourne au ralenti - mais repartent bien remplis, avec notamment du matériel médical et humanitaire. Ne devez-vous pas réorganiser le planning de certaines missions ? Bien entendu. Plusieurs salons ont été annulés en Asie, et nous devions emmener 25 entreprises wallonnes au Mobile World Congress de Barcelone qui a aussi été annulé. Il y a également des interrogations autour du grand rendez-vous mondial des cosmétiques et produits de beauté, prévu fin mars à Bologne. Une visite d'Etat est par ailleurs prévue en Italie ce mois de mars. Plus l'épidémie se prolongera, plus les impacts sur l'économie mondiale seront inquiétants. Cela doit rappeler à chacun l'intérêt de diversifier ses partenaires, de ne pas placer tous ses oeufs dans le même panier. Nous l'avions vécu avec la politique plus protectionniste des Etats-Unis après l'élection de Donald Trump, nous le voyons maintenant avec des considérations sanitaires à propos de la Chine.