Pour éviter qu'une énième gourde en plastique ou qu'un énième parapluie moche et à la piètre qualité ne finisse au fin fond du placard, ou pire, à la poubelle, Simon Polet et Benoit Fortpied ont fondé leur société de merchandising Merchery en mai 2020.
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Pour éviter qu'une énième gourde en plastique ou qu'un énième parapluie moche et à la piètre qualité ne finisse au fin fond du placard, ou pire, à la poubelle, Simon Polet et Benoit Fortpied ont fondé leur société de merchandising Merchery en mai 2020. La plateforme d'e-commerce bruxelloise offre une sélection variée de produits que les entreprises peuvent personnaliser en y ajoutant leur logo ou un slogan. Une attention particulière est apportée à la qualité, à la provenance et au design de chaque objet sélectionné."On a une approche très réfléchie du cadeau d'entreprise. On veut proposer des produits utiles, beaux et durables que l'on a envie d'utiliser et surtout de garder", explique Simon Polet à Trends Tendances. Dans leur catalogue de plus de 200 références, pas de place pour les goodies cheap hors d'usage après une semaine, mais bien pour les stylos de qualité Caran D'Ache ou Mont Blanc, les belles boules de pétanque françaises Obut, les couteaux Opinel élégamment gravés, ou encore, les savons et les biscuits fabriqués en Belgique. Amis d'enfance originaires de Namur, Simon Polet a fait ses classes chez e-Founder et Benoit Fortpied chez Deloitte et Deliveroo, avant de se lancer à 26 ans dans l'aventure entrepreneuriale. Pour financer le développement de leur start-up, ils ont chacun mis 5.000 euros sur la table. Forte de ses premières commandes, la start-up est devenue rentable un mois seulement après sa création. Son chiffre d'affaires a rapidement gonflé, de 600.000 euros en 2020 à 1,6 million d'euros pour la première année fiscale de l'entreprise en 2021. Une croissance fulgurante qui s'explique notamment par le fait qu'ils n'ont pas besoin d'investir dans un stock pour fonctionner. "On produit à la demande, nous n'avons pas de stock. Quand un client nous fait une commande, on contacte la marque et on fait produire la juste quantité. Pas besoin donc de fonds de roulement", explique Simon Polet. Leur business model, peu habituel, est à contre-courant de celui d'autres jeunes pousses qui misent sur les levées de fonds répétées auprès d'investisseurs ou de business angels. "Nous avons simplement financé notre croissance avec de la dette à court terme auprès de notre banque et via un prêt de finance.brussels de 150.000 euros que nous devons rembourser dans les deux ans," explique l'entrepreneur. Les fondateurs de Merchery disent aussi refuser les offres de financement externes afin de rester libres de leurs décisions sur le long terme. La start-up connaît par ailleurs une croissance rapide en termes de ressources humaines. En à peine deux ans, elle est passée de 2 collaborateurs - ses cofondateurs - à une douzaine. La société dont la moyenne d'âge des employés est de 26 ans vise la vingtaine d'employés d'ici la fin 2022.Et leur formule qui casse les codes du merchandising d'entreprise sans pour autant le révolutionner, cartonne. Les clients viennent d'horizons variés, en Belgique, mais aussi un peu partout en Europe. Ils sont issus du secteur bancaire, de la tech, des cosmétiques, ou de la mode. Des institutions publiques font aussi appel à leurs services. Merchery peut se targuer d'avoir attiré des clients premium dans son escarcelle en peu de temps : Spotify, Caudalie, Accenture, Degroof Petercam, ou encore, Dior Beauty. Les collaborations avec des grandes marques pour des branding de produits promotionnels sont variées, de Moleskine, à Victorinox en passant par les savonneries bruxelloises et prochainement la marque outdoor Patagonia. Pour la petite anecdote, la start-up a aussi fourni les vestes customisées qui apparaissent dans la série Sex Education produite par Netflix. Son activité est principalement saisonnière avec 60% de son chiffre d'affaires réalisé sur les derniers mois de l'année, période propice aux cadeaux et events corporate. Au fil de la pandémie, la start-up a aussi vu augmenter la demande de cadeaux pour les employés en télétravail. "On sent que les sociétés ont envie de gâter leur personnel en leur envoyant de petites attentions personnalisées à leur domicile, cela se ressent également avec le retour sur le lieu de travail ", observe Simon Polet. Merchery vient d'obtenir le label à l'impact exigeant, "B Corp", après un processus d'évaluation rigoureux de plus d'un an et demi. Ce label certifie des entreprises avec un impact sociétal et environnemental positif. Il concerne des questions strictes liées à l'environnement et aux enjeux sociétaux, ainsi qu'à une politique de gouvernance transparente. Cette certification reconnue comme "anti-greenwashing" est aujourd'hui attribuée à seulement 25 entreprises en Belgique. Autres cordes durables à son arc : Merchery est devenue depuis peu neutre en carbone et est membre du mouvement "1 % pour la planète". Cette initiative mondiale est portée par des entreprises qui ont décidé de donner 1 % de leur chiffre d'affaires à des associations de préservation de l'environnement. A la conquête de New YorkLes fondateurs de Merchery réalisent 20% de leur CA en Belgique, les autres marchés principaux étant l'Allemagne, la Grande-Bretagne, le Danemark, ou encore, l'Italie. Ses fondateurs ne cachent pas leur ambition à l'international, avec l'ouverture d'un bureau à New York prévu cet été. Un projet déjà reporté plusieurs fois à cause de la crise sanitaire, mais qui semble bien être sur la bonne voie pour se concrétiser. La société enverra deux collaborateurs de son équipe bruxelloise dans la Grosse Pomme. La start-up réalise actuellement 6% de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis et compte l'augmenter avec cette implantation outre-Atlantique. Le pari est ambitieux, mais aussi risqué dans le pays par excellence du corporate branding où la concurrence sera plus rude. Le marché américain a un fort potentiel de croissance, selon ses fondateurs. "Quand on a lancé Merchery, on a reçu beaucoup d'intérêt de la presse américaine. On sent qu'il y a une réelle demande aux USA pour nos services, même s'il y aura plus de concurrence qu'en Europe", s'avance Simon Polet. "On est bien conscients queNew York n'est pas la ville la plus facile pour lancer un business, notamment avec la pénurie de main-d'oeuvre et la culture très différente, mais on veut réaliser un rêve. Et si on le réalise là-bas, on pourra le réaliser n'importe où", s'enthousiasme, confiant, le presque trentenaire.