Le modèle de Facebook est-il voué à disparaître ?

Le modèle de Facebook est basé sur la gratuité pour l'utilisateur en contrepartie d'une connaissance approfondie de ses goûts et habitudes, ce modèle économique basé sur la pub tend progressivement à disparaitre. Mais cela ne veut pas dire que Facebook va mourir, car le réseau est beaucoup trop important et trop complexe. Ce qui est certain, c'est qu'il va devoir s'adapter et se réinventer. L'adage "Too big to fail" n'est donc, selon moi, pas transposable à Facebook aujourd'hui, car il a des ressources suffisantes. Ces derniers scandales ne le feront pas tomber. A chaque grand problème, Facebook s'en est toujours sorti renforcé. A chaque fois l'utilisateur part et revient, mais le grand exode n'a pas lieu.

L'avenir est aux modèles décentralisés, expliquez-nous

Ce qu'on observe, c'est que Facebook n'arrive pas à surpasser les données techniques. Le problème aurait très certainement pu être résolu plus facilement et rapidement avec un modèle décentralisé.

Facebook a, en fait, une centralisation à l'ancienne, très 20e siècle, très archaïque d'une boite qui en détient une autre. Plus que probablement, dans les 5 à 10 années on va assister à une décentralisation de la gouvernance. C'est une évolution naturelle, car toutes les technologies liées à la blockchain et aux crypto monnaies vont inspirer de nouvelles plateformes sur un modèle complètement décentralisé. Tous les indicateurs sont là et des fonds d'investissements investissent aujourd'hui massivement dans ce modèle. Facebook va aussi devoir suivre le mouvement et perdre son omnipotence.

"Les utilisateurs doivent reprendre le pouvoir qu'on leur a confisqué"

Ce qui donne de l'eau au moulin au Web 3.0...

Oui, cela donne raison à toutes les personnes qui construisent le Web 3.0, le web décentralisé (qui a aussi d'autres écueils potentiels) qui est parti du principe que la plateformisation et la centralisation n'est pas une bonne chose. Cette décentralisation redonne l'opportunité aux utilisateurs de reprendre en main la gouvernance en toute transparence. On peut prendre l'exemple de Decentraland, une plateforme entre Fortnite et Second Life. Ou encore l'app' Decrypt, un média, qui part du principe que les utilisateurs sont aussi co- créateurs de sens et en sont récompensés. Une plateforme ne peut engranger de l'argent qu'à partir du moment où l'utilisateur est impliqué dans ses choix.

Cela va dans le sens de l'Histoire, tout comme ces réseaux ont mis 20 ans à se développer et nous ont offert à tous un moyen fantastique pour communiquer. C'est grâce à l'évolution des technologies actuelles que les utilisateurs pourront imaginer se réapproprier une partie de ce pouvoir qu'ils nous ont confisqué.

La régulation de Facebook devrait venir des utilisateurs, selon vous

Les gouvernements doivent certainement imposer une régulation sur cette plateforme, mais laquelle ? Facebook doit être régulé à l'échelle mondiale. Quelle instance politique peut faire cela ? Rarement les législateurs ont fait plier le réseau. Ils peuvent juste aller taper au portefeuille, là où ça fait mal. Facebook n'est pas une société philanthropique. Est-ce normal de polariser des opinions, d'optimaliser les fils d'actu par profit ? La régulation doit venir des utilisateurs, car la seule réalité que Facebook peut entendre c'est la réalité du marché. Seuls les utilisateurs peuvent essayer de faire changer le réseau social. Ce sont eux qui doivent, par leur comportement et leur choix, montrer que ses façons d'agir sont obsolètes. L'enjeu est beaucoup plus sur la prise de conscience par l'utilisateur qu'il y a d'autres modèles possibles.

Le modèle de Facebook est basé sur la gratuité pour l'utilisateur en contrepartie d'une connaissance approfondie de ses goûts et habitudes, ce modèle économique basé sur la pub tend progressivement à disparaitre. Mais cela ne veut pas dire que Facebook va mourir, car le réseau est beaucoup trop important et trop complexe. Ce qui est certain, c'est qu'il va devoir s'adapter et se réinventer. L'adage "Too big to fail" n'est donc, selon moi, pas transposable à Facebook aujourd'hui, car il a des ressources suffisantes. Ces derniers scandales ne le feront pas tomber. A chaque grand problème, Facebook s'en est toujours sorti renforcé. A chaque fois l'utilisateur part et revient, mais le grand exode n'a pas lieu. Ce qu'on observe, c'est que Facebook n'arrive pas à surpasser les données techniques. Le problème aurait très certainement pu être résolu plus facilement et rapidement avec un modèle décentralisé. Facebook a, en fait, une centralisation à l'ancienne, très 20e siècle, très archaïque d'une boite qui en détient une autre. Plus que probablement, dans les 5 à 10 années on va assister à une décentralisation de la gouvernance. C'est une évolution naturelle, car toutes les technologies liées à la blockchain et aux crypto monnaies vont inspirer de nouvelles plateformes sur un modèle complètement décentralisé. Tous les indicateurs sont là et des fonds d'investissements investissent aujourd'hui massivement dans ce modèle. Facebook va aussi devoir suivre le mouvement et perdre son omnipotence. Oui, cela donne raison à toutes les personnes qui construisent le Web 3.0, le web décentralisé (qui a aussi d'autres écueils potentiels) qui est parti du principe que la plateformisation et la centralisation n'est pas une bonne chose. Cette décentralisation redonne l'opportunité aux utilisateurs de reprendre en main la gouvernance en toute transparence. On peut prendre l'exemple de Decentraland, une plateforme entre Fortnite et Second Life. Ou encore l'app' Decrypt, un média, qui part du principe que les utilisateurs sont aussi co- créateurs de sens et en sont récompensés. Une plateforme ne peut engranger de l'argent qu'à partir du moment où l'utilisateur est impliqué dans ses choix.Cela va dans le sens de l'Histoire, tout comme ces réseaux ont mis 20 ans à se développer et nous ont offert à tous un moyen fantastique pour communiquer. C'est grâce à l'évolution des technologies actuelles que les utilisateurs pourront imaginer se réapproprier une partie de ce pouvoir qu'ils nous ont confisqué. Les gouvernements doivent certainement imposer une régulation sur cette plateforme, mais laquelle ? Facebook doit être régulé à l'échelle mondiale. Quelle instance politique peut faire cela ? Rarement les législateurs ont fait plier le réseau. Ils peuvent juste aller taper au portefeuille, là où ça fait mal. Facebook n'est pas une société philanthropique. Est-ce normal de polariser des opinions, d'optimaliser les fils d'actu par profit ? La régulation doit venir des utilisateurs, car la seule réalité que Facebook peut entendre c'est la réalité du marché. Seuls les utilisateurs peuvent essayer de faire changer le réseau social. Ce sont eux qui doivent, par leur comportement et leur choix, montrer que ses façons d'agir sont obsolètes. L'enjeu est beaucoup plus sur la prise de conscience par l'utilisateur qu'il y a d'autres modèles possibles.