1. L'an dernier, les entreprises du Bel20 ont accueilli 24 nouveaux administrateurs. Parmi eux, 42% de femmes, un résultat en dessous de la moyenne européenne (49%). La Belgique est-elle retard en matière d'égalité des genres ?
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1. L'an dernier, les entreprises du Bel20 ont accueilli 24 nouveaux administrateurs. Parmi eux, 42% de femmes, un résultat en dessous de la moyenne européenne (49%). La Belgique est-elle retard en matière d'égalité des genres ? Non, la politique de quota (au moins un tiers d'administratices) fonctionne et cela permet aux conseils d'administration de prendre en compte d'autres types de diversité, tout aussi précieux pour la gouvernance d'une entreprise. Les CA des sociétés belges sont ainsi très internationaux (63% des nouveaux administrateurs viennent de l'étranger, pour une moyenne européenne de 39%). C'est très important dans un petit pays très ouvert sur le commerce international. Depuis mars, les CA se tiennent de manière virtuelle. Cela devrait encore faciliter leur internationalisation car la question de la présence et des déplacements se posera moins. 2. Vous insistez sur l'importance d'avoir, comme administrateurs, des personnes occupant une fonction exécutive dans une autre entreprise. Pourquoi ? Cela n'ouvre-t-il pas la porte à de possibles conflits d'intérêts ? Il faut évidemment éviter les conflits d'intérêts mais avoir des CEO ou des CFO dans son conseil est vraiment un atout. Dans notre monde, les recettes du passé seront de moins en moins celles du futur. Il est donc essentiel d'avoir à bord des personnes en activité, dans la dynamique, le mouvement, prêtes à rebondir. 83% des nouveaux administrateurs belges sont encore actifs, c'est le record de tous les pays analysés. De plus en plus de CEO demandent à pouvoir intégrer un CA et à dégager du temps pour cela. C'est précieux pour le CA mais pour le CEO lui-même : il apprend à prendre de la distance, à mieux comprendre comment fonctionne un conseil, à anticiper les attentes de leur propre CA. Maintenant, un conseil d'administration, c'est un équilibre. Il faut évidemment aussi des personnes expérimentées et des réflexions qui s'appuient sur une longue carrière. 3. La moyenne d'âge des nouveaux administrateurs est de 55 ans. Ne mise-t-on quand même pas trop sur l'expérience ? On voit un rajeunissement, les baromètres des prochaines années montreront si la tendance se poursuit. Je le répète, l'importance, c'est l'équilibre des profils et des compétences. L'expérience financière reste très valorisée au sein des conseils mais de plus en plus, on recherche aussi des compétences dans le digital, la compliance, l'environnement ou la responsabilité sociétale d'une entreprise. Il y a une dizaine d'années, un rapport annuel, c'était 99% de chiffres. Aujourd'hui, il y a des chapitres sur la gouvernance, sur l'impact environnemental, sur la RSE... Et cela va s'accentuer avec la génération qui suit. Il est donc très utile d'avoir un large éventail de compétences au sein du conseil. Un CA, c'est en fait l'image de toute une société.