La perte nette part du groupe a gonflé de 36%, à 308,5 millions de livres (368,1 millions d'euros) en raison d'une forte inflation des coûts opérationnels. Le chiffre d'affaires, en revanche, a bondi de 57% à 1,8 milliard de livres (2,15 milliards d'euros). "Nous avons continué à faire des progrès dans l'exécution de notre stratégie" avec "une croissance rapide sur tous nos marchés" dont la Belgique, s'est félicité le cofondateur et directeur général Will Shu. Il dit prévoir "d'atteindre la rentabilité entre le deuxième semestre 2023 et le premier semestre 2024 sur une base de bénéfice d'exploitation ajustée" - bénéfices tirés de l'activité pure d'une entreprise, à savoir avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements.

Le dirigeant avertit cependant de "vents contraires en raison des pressions inflationnistes, du retrait des aides économiques" mises en place pendant la pandémie et "de l'impact politique et économique du conflit en Ukraine".

Dan Thomas, analyste de Third Bridge, remarque que "la principale chose que les investisseurs vont regarder est la prévision de marge pour 2022" et elle est toujours négative sur une base de bénéfice d'exploitation ajustée. "La réglementation continue d'être une épée de Damoclès pour Deliveroo et ses pairs du secteur de la livraison alimentaire", ajoute M. Thomas.

Le statut de travailleur indépendant remis en cause

Le statut de travailleur indépendant, sur lequel des plateformes comme Uber ou Deliveroo fondent leur modèle, est remis en cause dans un nombre croissant de pays, suscitant des lois et décisions de justice en ordre dispersé. La peine maximale de 375.000 euros d'amende a ainsi été requise mercredi à l'encontre de Deliveroo, jugé avec trois de ses anciens dirigeants devant le tribunal correctionnel de Paris pour travail dissimulé.

En Belgique, le tribunal du travail de Bruxelles avait estimé en décembre dernier qu'il n'y avait pas lieu de requalifier en contrat de travail la relation entre Deliveroo et des coursiers indépendants qui collaborent avec elle. L'auditorat du travail de Bruxelles, ainsi que l'UBT-FGTB et les coursiers membres de ce syndicat ont toutefois interjeté appel. La cour du travail de Bruxelles a fixé les plaidoiries dans ce dossier aux 16 et 17 novembre 2023.

Une réforme du marché du travail

Par ailleurs, le gouvernement fédéral, réuni en conseil ministériel restreint, s'est accordé le 15 février dernier sur une réforme du marché du travail, qui comprend une réglementation pour les employés de l'économie de plateforme, comme Deliveroo. Huit critères sont définis pour décider si une personne doit être considérée comme un indépendant ou un salarié. Si trois de ces critères sont rencontrés, la personne sera présumée salariée. Cette présomption ou non de salariat restera réfragable. Tous les collaborateurs devront également être assurés contre les accidents du travail et les "maladies-invalidité".

"Nous saluons le fait que le gouvernement ait clairement indiqué que les plateformes peuvent offrir des avantages sans que cela soit utilisé comme un facteur déclencheur pour requalifier le statut de travailleur indépendant", souligne un porte-parole de Deliveroo en Belgique jeudi, faisant référence à l'assurance maladie et contre les accidents du travail, que Deliveroo ne proposait pas jusqu'ici par crainte que les travailleurs soient considérés comme salariés du fait de cet avantage. "Nous espérons que d'autres gouvernements prendront la même direction."

La perte nette part du groupe a gonflé de 36%, à 308,5 millions de livres (368,1 millions d'euros) en raison d'une forte inflation des coûts opérationnels. Le chiffre d'affaires, en revanche, a bondi de 57% à 1,8 milliard de livres (2,15 milliards d'euros). "Nous avons continué à faire des progrès dans l'exécution de notre stratégie" avec "une croissance rapide sur tous nos marchés" dont la Belgique, s'est félicité le cofondateur et directeur général Will Shu. Il dit prévoir "d'atteindre la rentabilité entre le deuxième semestre 2023 et le premier semestre 2024 sur une base de bénéfice d'exploitation ajustée" - bénéfices tirés de l'activité pure d'une entreprise, à savoir avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements. Le dirigeant avertit cependant de "vents contraires en raison des pressions inflationnistes, du retrait des aides économiques" mises en place pendant la pandémie et "de l'impact politique et économique du conflit en Ukraine". Dan Thomas, analyste de Third Bridge, remarque que "la principale chose que les investisseurs vont regarder est la prévision de marge pour 2022" et elle est toujours négative sur une base de bénéfice d'exploitation ajustée. "La réglementation continue d'être une épée de Damoclès pour Deliveroo et ses pairs du secteur de la livraison alimentaire", ajoute M. Thomas.Le statut de travailleur indépendant remis en causeLe statut de travailleur indépendant, sur lequel des plateformes comme Uber ou Deliveroo fondent leur modèle, est remis en cause dans un nombre croissant de pays, suscitant des lois et décisions de justice en ordre dispersé. La peine maximale de 375.000 euros d'amende a ainsi été requise mercredi à l'encontre de Deliveroo, jugé avec trois de ses anciens dirigeants devant le tribunal correctionnel de Paris pour travail dissimulé.En Belgique, le tribunal du travail de Bruxelles avait estimé en décembre dernier qu'il n'y avait pas lieu de requalifier en contrat de travail la relation entre Deliveroo et des coursiers indépendants qui collaborent avec elle. L'auditorat du travail de Bruxelles, ainsi que l'UBT-FGTB et les coursiers membres de ce syndicat ont toutefois interjeté appel. La cour du travail de Bruxelles a fixé les plaidoiries dans ce dossier aux 16 et 17 novembre 2023.Une réforme du marché du travail Par ailleurs, le gouvernement fédéral, réuni en conseil ministériel restreint, s'est accordé le 15 février dernier sur une réforme du marché du travail, qui comprend une réglementation pour les employés de l'économie de plateforme, comme Deliveroo. Huit critères sont définis pour décider si une personne doit être considérée comme un indépendant ou un salarié. Si trois de ces critères sont rencontrés, la personne sera présumée salariée. Cette présomption ou non de salariat restera réfragable. Tous les collaborateurs devront également être assurés contre les accidents du travail et les "maladies-invalidité". "Nous saluons le fait que le gouvernement ait clairement indiqué que les plateformes peuvent offrir des avantages sans que cela soit utilisé comme un facteur déclencheur pour requalifier le statut de travailleur indépendant", souligne un porte-parole de Deliveroo en Belgique jeudi, faisant référence à l'assurance maladie et contre les accidents du travail, que Deliveroo ne proposait pas jusqu'ici par crainte que les travailleurs soient considérés comme salariés du fait de cet avantage. "Nous espérons que d'autres gouvernements prendront la même direction."