La consolidation n'en finit pas sur les marchés du gaz et de l'électricité. Après le rachat de Lampiris par Total en 2016 et celui d'Eni Belgique par Eneco un an plus tard, c'est au tour d'Essent Belgique de tomber dans l'escarcelle de Luminus. La filiale du groupe français EDF a en effet annoncé la semaine dernière la conclusion d'un accord avec le néerlandais Essent, filiale de l'allemand E.ON, pour le rachat des activités belges du groupe. Le numéro deux rachète le numéro cinq, boostant ainsi sa part de marché à près de 23%.
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La consolidation n'en finit pas sur les marchés du gaz et de l'électricité. Après le rachat de Lampiris par Total en 2016 et celui d'Eni Belgique par Eneco un an plus tard, c'est au tour d'Essent Belgique de tomber dans l'escarcelle de Luminus. La filiale du groupe français EDF a en effet annoncé la semaine dernière la conclusion d'un accord avec le néerlandais Essent, filiale de l'allemand E.ON, pour le rachat des activités belges du groupe. Le numéro deux rachète le numéro cinq, boostant ainsi sa part de marché à près de 23%. En mauvaise posture, Essent Belgique avait en fait été mis en vente par sa maison mère. Son CEO, Pierre Pignolet, parle d'un "bon accord" avec le "bon partenaire", au "bon moment". "L'acquisition par Luminus, le deuxième plus grand acteur du marché belge, offre aux travailleurs d'Essent Belgique l'opportunité de continuer à construire le futur paysage énergétique", dit-il. Du côté de l'acheteur, on se réjouit d'une opération qui doit permettre à Luminus de "se renforcer pour mieux accompagner ses clients dans la transition énergétique". "Ce rachat va nous permettre d'accélérer notre développement stratégique et de construire un avenir énergétique neutre en CO2 en conciliant préservation de la planète, bien-être et développement grâce à l'électricité et à des solutions et services innovants", explique Grégoire Dallemagne, CEO de Luminus. Pour les connaisseurs du secteur, cette opération est tout sauf une surprise. "Il y a pas mal d'acteurs parmi les fournisseurs d'électricité en Belgique, relève Eric De Keuleneer, professeur d'économie à l'ULB. Beaucoup sont assez petits et disent que leurs marges sont un peu trop faibles." Avec la baisse des prix de l'énergie et la fonte des marges, de nombreux fournisseurs n'ayant pas suffisamment diversifié leurs revenus sont, du coup, à la peine. "Sans doute Essent avait-il du mal à rentabiliser sa présence chez nous et Luminus était-il prêt à payer assez cher pour mettre la main sur ses clients", affirme notre expert. Selon lui, ce mouvement de concentration devra toutefois être examiné de près par les autorités de la concurrence, ce qui est évidemment prévu. "On va parler de synergies, etc. Mais pour le consommateur, je ne pense pas que cela soit une bonne idée, estime-t-il. Si les principaux acteurs s'entendent, les prix pourraient monter. Engie et Luminus sont les seuls fournisseurs d'électricité du marché à être aussi producteurs. Les deux acteurs sont très liés sur certaines unités de production, notamment le nucléaire. Il faudra éviter que ne se reproduise une situation de duopole comme par le passé, dans laquelle il n'y aurait plus assez de compétition pour assurer une vraie concurrence sur les prix." Les deux entreprises restent concurrentes jusqu'à la clôture de l'opération prévue au deuxième trimestre de l'année, après "la levée des conditions suspensives usuelles et l'obtention de l'autorisation des autorités de la concurrence", explique Luminus dans un communiqué.