Les Lobby Awards continuent de sortir des sentiers battus. Ils avaient déjà consacré un scientifique ou un responsable culturel et cette fois, le leader de l'année est un sportif : l'entraîneur des Diables rouges Roberto Martinez. Le jury a été sensible à la classe et l'élégance de ce coach, qui ne montre jamais de signe d'énervement le long du terrain. Même quand la Belgique était menée 2-0 par le Japon en huitième de finale de la Coupe du monde. Ce comportement a sans doute aidé ses joueurs à ne pas perdre les pédales et à, eux aussi, rester calmes et concentrés sur leur jeu. L'équipe nationale a décroché la troisième place lors de la Coupe du monde, grâce notamment à une victoire mémorable contre le Brésil.

Etrange quand même un entraîneur national, qui ne parle aucune des langues nationales. "Dans la vie, chaque différence peut être perçue de deux manières, explique Roberto Martinez dans le dernier numéro de Lobby. Soit vous la voyez comme un obstacle, soit comme une opportunité. C'est la seconde option que je choisis en toute circonstance. C'est lorsque vous parvenez à chasser le négativisme et à adopter cette philosophie de vie positive que vous obtenez les résultats les plus convaincants."

Un palmarès très multiculturel

Roberto Martinez partage le podium du leader de l'année avec Adriana Costa Santos et Mehdi Kassou (Plateforme citoyenne d'aide aux réfugiés) et Nafissatou Thiam, championne d'Europe d'heptathlon. La Plateforme citoyenne illustre une impressionnante mobilisation solidaire de la population belge, autour d'un thème pourtant souvent favorable aux clichés et raccourcis. Cette mobilisation a été soulignée dans plusieurs articles de la presse internationale, notamment le New York Times.

Le palmarès de ces Lobby Awards fournit une magnifique illustration de ce que "la diversité peut apporter à la société belge", souligne Paul Grosjean, rédacteur en chef de Lobby et cheville ouvrière de ces Awards. Outre les noms précités, on signalera la présence d'Aminata Kake (secrétaire générale de Befimmo) sur le podium du leader économique de l'année, ainsi que l'attribution du "buzz de l'année" à Cécile Djunga, comédienne qui présente la météo à la RTBF et qui, écrit Paul Grosjean, "a ému tout le monde en évoquant le racisme au quotidien dont elle est victime".

Pour le leader économique de l'année, on reste -un peu- dans le football. Le lauréat est Jean-Jacques Cloquet, qui fut un pilier de la défense du Sporting de Charleroi, bien avant de devenir le patron de l'aéroport de Charleroi et, bientôt, de Pairi Daiza.

JEAN-JACQUES CLOQUET, Brussels South Charleroi Airport © BELGAIMAGE/CHRISTOPHE KETELS

Le jury a été sensible au discours franc et ambition de Jean-Jacques Cloquet, par ailleurs en lice pour le titre de manager de l'année, organisé par Trends-Tendances. "J'assume tout ce que je fais. Ce langage de la vérité est fort apprécié par les syndicalistes, confie le leader économique de l'année à Lobby. Mais, comme dans le sport, rien n'est jamais acquis. À Pairi Daiza, on va engager 800 personnes. On va changer de dimension. Eric Domb (NDLR : le fondateur) compte sur moi pour être le fédérateur. C'est ce que j'ai fait toute ma vie. Je suis prêt à assumer ce défi".

Pierre Nothomb (Deminor) figure également au palmarès du leader économique, pour son inlassable travail de défense des petits actionnaires dans la déroute de Fortis.

Le leader bruxellois de l'année est Philippe Close, reconduit dans ses fonctions de bourgmestre en octobre dernier. Il était arrivé un an plus tôt, en remplacement d'un Yvan Mayeur, emporté par le scandale du Samusocial. A l'époque, on ne donnait guère de chances au PS de conserver le mayorat. En une année de travail acharné, et en dépit d'un contexte général peu favorable aux socialistes, Philippe Close a réussi à renverser la vapeur. Il partage le podium bruxellois avec la jeune chanteuse Angèle, qui cartonne en Belgique et en France avec un album intitulé... "Brol" ; et l'écrivaine Adeline Dieudonné, dont le roman "La vraie vie" a reçu le prix Renaudot des lycéens.

Le leader de l'année dans la catégorie "Patrimoine culturel bruxellois" est Françoise Aubry, qui a dirigé le musée Horta pendant plus de trente ans et est parvenu à en faire un lieu culturel incontournable pour tous ceux qui visitent la capitale (Musée Horta). A ses côtés sur le podium, on retrouve Jean-Pierre Buyle (infatigable défenseur de la restauration du Palais de justice), ainsi qu'Alexandra Lambert et Fred Atax (Strokar Inside, un espace dédié à l'art urbain).