Cette année à la fin août, plus de 22.000 autos à batteries ont été immatriculées. Mais un sondage de l'association Mobia (1) montre que les intentions d'achat ont fondu. Alors qu'en 2021, 51% des personnes interrogées étaient prêtes à acquérir ce type de véhicule, ce chiffre a reculé à 40% cette année.

Première raison : des tarifs trop élevés

La première raison qui motive ce scepticisme ? C'est, de loin, le tarif considérable de ces véhicules. Il devait diminuer avec la hausse des volumes de ventes. Mais ces derniers mois c'est l'inverse qui se produit. Les prix augmentent, directement ou indirectement, avec la suppression de modèles de base dans les catalogues. Si bien qu'une auto moyenne, "compacte", comme une VW ID.3, une Renault Mégane ou une Hyundai Kona (avec une autonomie de 400 km, propice à tous les usages), est affichée à 45.000 euros, soit au moins 10.000 euros de plus que leurs cousines à essence. Les nouveautés portent surtout sur des modèles haut de gamme. Du côté de l'occasion, l'offre est faible et souvent très chère. Ces tarifs dépassent les capacités financières de l'acheteur moyen. Et nous ne parlons pas des incertitudes sur le coût des recharges en ces temps d'explosion des prix de l'énergie.

Pourtant, les pouvoirs publics poussent à l'achat de ces véhicules, et vont même les rendre obligatoires à terme, pour des raisons environnementales. Dans l'Union européenne ce sera le cas à partir de 2035 pour la vente d'autos neuves. A Bruxelles, plus aucune voiture à carburant ne pourra rouler dans les rues de la capitale à partir de la même année. La hausse des ventes actuelle s'explique chez nous par la demande en voitures de société, tirée par une déduction fiscale très favorable. Mais les acheteurs particuliers ne sont pas concernés par ces avantages, ils ne pèsent que 10% des achats d'autos électriques.

La solution et la menace chinoise

Les constructeurs avancent la pénurie de certains composants et la hausse des matières premières pour pousser les prix vers le haut, et limiter l'offre à des modèles plus chers, avec de meilleures marges. Ils jouent avec le feu et prennent le risque d'ouvrir toute grande la porte à la concurrence chinoise qui se profile. Depuis quelques mois la marque MG (groupes SAIC, un des premiers constructeurs chinois) propose des autos électriques au tarif d'autos à carburant, 5000 à 10.000 euros moins chères que leur équivalent européen. D'autres marques comme BYD, NIO ou Great Wall annoncent leur arrivée.

C'est une menace claire pour l'industrie européenne. Une partie du public ne se risquera pas à acheter ces marques peu connues, mais ces préventions peuvent rapidement tomber avec le bouche-à-oreille qui est assez bon pour les MG. La Belgique a bien été naguère un gros consommateur de Lada made in Russia, rudimentaire, mais si bon marché. La Chine est en outre très avancée en technologie d'autos électriques et de batteries, certains constructeurs européens s'y fournissent.

Le risque qui se profile est clair pour l'industrie européenne. Diverses mesures protectionnistes pourraient être prises, il est question en France. Elles seraient calamiteuses si elles revenaient à protéger les prix élevés des modèles européens et à maintenir la voiture à batteries inaccessible à la majorité de la population.

(1) Mobia est une initiative commune des fédérations Febiac (importateurs d'autos), Traxio (distribution et services aux autos/camions) et Renta (leasing).

Cette année à la fin août, plus de 22.000 autos à batteries ont été immatriculées. Mais un sondage de l'association Mobia (1) montre que les intentions d'achat ont fondu. Alors qu'en 2021, 51% des personnes interrogées étaient prêtes à acquérir ce type de véhicule, ce chiffre a reculé à 40% cette année.Première raison : des tarifs trop élevésLa première raison qui motive ce scepticisme ? C'est, de loin, le tarif considérable de ces véhicules. Il devait diminuer avec la hausse des volumes de ventes. Mais ces derniers mois c'est l'inverse qui se produit. Les prix augmentent, directement ou indirectement, avec la suppression de modèles de base dans les catalogues. Si bien qu'une auto moyenne, "compacte", comme une VW ID.3, une Renault Mégane ou une Hyundai Kona (avec une autonomie de 400 km, propice à tous les usages), est affichée à 45.000 euros, soit au moins 10.000 euros de plus que leurs cousines à essence. Les nouveautés portent surtout sur des modèles haut de gamme. Du côté de l'occasion, l'offre est faible et souvent très chère. Ces tarifs dépassent les capacités financières de l'acheteur moyen. Et nous ne parlons pas des incertitudes sur le coût des recharges en ces temps d'explosion des prix de l'énergie.Pourtant, les pouvoirs publics poussent à l'achat de ces véhicules, et vont même les rendre obligatoires à terme, pour des raisons environnementales. Dans l'Union européenne ce sera le cas à partir de 2035 pour la vente d'autos neuves. A Bruxelles, plus aucune voiture à carburant ne pourra rouler dans les rues de la capitale à partir de la même année. La hausse des ventes actuelle s'explique chez nous par la demande en voitures de société, tirée par une déduction fiscale très favorable. Mais les acheteurs particuliers ne sont pas concernés par ces avantages, ils ne pèsent que 10% des achats d'autos électriques.La solution et la menace chinoiseLes constructeurs avancent la pénurie de certains composants et la hausse des matières premières pour pousser les prix vers le haut, et limiter l'offre à des modèles plus chers, avec de meilleures marges. Ils jouent avec le feu et prennent le risque d'ouvrir toute grande la porte à la concurrence chinoise qui se profile. Depuis quelques mois la marque MG (groupes SAIC, un des premiers constructeurs chinois) propose des autos électriques au tarif d'autos à carburant, 5000 à 10.000 euros moins chères que leur équivalent européen. D'autres marques comme BYD, NIO ou Great Wall annoncent leur arrivée. C'est une menace claire pour l'industrie européenne. Une partie du public ne se risquera pas à acheter ces marques peu connues, mais ces préventions peuvent rapidement tomber avec le bouche-à-oreille qui est assez bon pour les MG. La Belgique a bien été naguère un gros consommateur de Lada made in Russia, rudimentaire, mais si bon marché. La Chine est en outre très avancée en technologie d'autos électriques et de batteries, certains constructeurs européens s'y fournissent.Le risque qui se profile est clair pour l'industrie européenne. Diverses mesures protectionnistes pourraient être prises, il est question en France. Elles seraient calamiteuses si elles revenaient à protéger les prix élevés des modèles européens et à maintenir la voiture à batteries inaccessible à la majorité de la population.(1) Mobia est une initiative commune des fédérations Febiac (importateurs d'autos), Traxio (distribution et services aux autos/camions) et Renta (leasing).