Interrogé par la commission Médias du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le "gendarme de l'audiovisuel" a notamment préconisé une augmentation des quotas de diffusion sur l'opérateur public.

Même si ces quotas y sont aujourd'hui bien souvent dépassés, le CSA recommande d'encore augmenter la place des oeuvres européennes sur les services télévisuels tout comme celle des oeuvres musicales d'artistes de la FWB en radio.

En revanche, la RTBF devrait assurer une meilleure répartition des programmes culturels sur ses différents canaux. "Pour le dire crûment, il ne faudrait pas qu'Auvio devienne le ghetto des missions de services publics qui ne peuvent générer des revenus publicitaires importants", a résumé Karim Ibourki, président du CSA, devant les députés.

En matière de publicité justement, le régulateur recommande d'harmoniser les règles pratiquées par la cité Reyers sur ses chaînes classiques et sur Auvio. Le CSA critique notamment la présence systématique d'un, voire deux écrans publicitaires avant les séquences du JT qui sont revisionnées sur Auvio.

L'autorité de contrôle estime qu'il faudrait permettre à l'internaute d'abréger ces pubs via un bouton "skipper", comme il existe déjà sur YouTube notamment.

Le régulateur a également dénoncé mardi la manière dont la suppression depuis le 1er juillet dernier de la publicité durant la matinale (6h-9h) de La Première était contournée par le parrainage -toujours autorisé lui- de micro-programmes (tels que la météo, le radioguidage,...) lors de cette tranche horaire.

En analysant deux semaines de diffusion (l'une en décembre, l'autre en janvier dernier), le CSA a ainsi dénombré pas moins de 111 messages commerciaux de dix secondes (pour un cuisiniste, une banque,...), soit une moyenne de six par heure.

"La diffusion de ces annonces expose les auditeurs à un nombre important de messages à finalité commerciale et peut tout à fait donner l'impression au public que la matinale +sans publicités+ comprend des publicités", a relevé Nele Smets, directrice adjointe au CSA.

Si le législateur veut vraiment expurger la matinale de La Première de ce type de messages, il conviendrait de remplacer le terme +publicité+ par +communication commerciale+, ce qui permettrait alors d'englober le parrainage, estime encore le régulateur.

Enfin, alors que la RTBF a annoncé son intention d'équiper à l'avenir Auvio d'un algorithme de recommandation, le gendarme de l'audiovisuel estime que celui-ci devrait être élaboré dans un objectif de service public, à savoir de mise en valeur des contenus d'intérêt public, y compris ceux qui seraient édités par des partenaires privés, comme LN24, présent sur Auvio.

Pour le CSA, il importe aussi que la confection de cet algorithme se fasse de manière "transparente", expliquant notamment à l'utilisateur pourquoi tel ou tel contenu lui est recommandé.

En matière de gouvernance, le Conseil recommande une simplification du futur contrat de gestion, devenu au fil des éditions d'une grande complexité.

Pour le régulateur il conviendrait en effet d'aboutir à contrat "moins figé", comme celui dont bénéficie la VRT ou France Télévisions, afin de garantir à la RTBF une plus grande agilité et flexibilité dans un écosystème médiatique en évolution constante.

Parallèlement à cette plus grande souplesse, le renforcement de certaines obligations est toutefois préconisé, notamment en matière de diversité, de diffusion du sport féminin ou de handisport, domaines qui devraient être assortis d'objectifs chiffrés, selon le CSA.

Concernant la diffusion gratuite d'informations écrites sur le site rtbf.be/info -qualifiée de "concurrence déloyale" par les éditeurs francophones qui essaient de monétiser leur propre production-, le régulateur recommande de mieux préciser dans le futur contrat de gestion l'interprétation à donner aux conditions fixées afin que celles-ci soient effectivement mieux respectées.

Enfin, le CSA suggère d'ouvrir à l'avenir le conseil d'administration de la RTBF -dominé aujourd'hui par des représentants désignés par les partis politiques selon leur poids électoral- à des administrateurs indépendants disposant d'une grande expérience de gestion.

Sondé par les députés sur le rachat récent de RTL Belgium par Rossel et DPG, M. Ibourki s'est étonné mardi du peu de remarques formulées par l'Autorité belge de la concurrence.

"Très clairement, c'est un bouleversement", a-t-il commenté.

"Cela aura une influence majeure sur la RTBF, notamment en matière publicitaire. Il faudra monitorer cela dans le temps", a plaidé le président du CSA. "Il y a aussi un risque sur la diversité et le pluralisme éditorial", a-t-il ajouté, précisant que le CSA remettrait prochainement un avis sur cette question.

Interrogé par la commission Médias du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le "gendarme de l'audiovisuel" a notamment préconisé une augmentation des quotas de diffusion sur l'opérateur public. Même si ces quotas y sont aujourd'hui bien souvent dépassés, le CSA recommande d'encore augmenter la place des oeuvres européennes sur les services télévisuels tout comme celle des oeuvres musicales d'artistes de la FWB en radio. En revanche, la RTBF devrait assurer une meilleure répartition des programmes culturels sur ses différents canaux. "Pour le dire crûment, il ne faudrait pas qu'Auvio devienne le ghetto des missions de services publics qui ne peuvent générer des revenus publicitaires importants", a résumé Karim Ibourki, président du CSA, devant les députés. En matière de publicité justement, le régulateur recommande d'harmoniser les règles pratiquées par la cité Reyers sur ses chaînes classiques et sur Auvio. Le CSA critique notamment la présence systématique d'un, voire deux écrans publicitaires avant les séquences du JT qui sont revisionnées sur Auvio. L'autorité de contrôle estime qu'il faudrait permettre à l'internaute d'abréger ces pubs via un bouton "skipper", comme il existe déjà sur YouTube notamment. Le régulateur a également dénoncé mardi la manière dont la suppression depuis le 1er juillet dernier de la publicité durant la matinale (6h-9h) de La Première était contournée par le parrainage -toujours autorisé lui- de micro-programmes (tels que la météo, le radioguidage,...) lors de cette tranche horaire. En analysant deux semaines de diffusion (l'une en décembre, l'autre en janvier dernier), le CSA a ainsi dénombré pas moins de 111 messages commerciaux de dix secondes (pour un cuisiniste, une banque,...), soit une moyenne de six par heure. "La diffusion de ces annonces expose les auditeurs à un nombre important de messages à finalité commerciale et peut tout à fait donner l'impression au public que la matinale +sans publicités+ comprend des publicités", a relevé Nele Smets, directrice adjointe au CSA. Si le législateur veut vraiment expurger la matinale de La Première de ce type de messages, il conviendrait de remplacer le terme +publicité+ par +communication commerciale+, ce qui permettrait alors d'englober le parrainage, estime encore le régulateur. Enfin, alors que la RTBF a annoncé son intention d'équiper à l'avenir Auvio d'un algorithme de recommandation, le gendarme de l'audiovisuel estime que celui-ci devrait être élaboré dans un objectif de service public, à savoir de mise en valeur des contenus d'intérêt public, y compris ceux qui seraient édités par des partenaires privés, comme LN24, présent sur Auvio. Pour le CSA, il importe aussi que la confection de cet algorithme se fasse de manière "transparente", expliquant notamment à l'utilisateur pourquoi tel ou tel contenu lui est recommandé. En matière de gouvernance, le Conseil recommande une simplification du futur contrat de gestion, devenu au fil des éditions d'une grande complexité. Pour le régulateur il conviendrait en effet d'aboutir à contrat "moins figé", comme celui dont bénéficie la VRT ou France Télévisions, afin de garantir à la RTBF une plus grande agilité et flexibilité dans un écosystème médiatique en évolution constante. Parallèlement à cette plus grande souplesse, le renforcement de certaines obligations est toutefois préconisé, notamment en matière de diversité, de diffusion du sport féminin ou de handisport, domaines qui devraient être assortis d'objectifs chiffrés, selon le CSA. Concernant la diffusion gratuite d'informations écrites sur le site rtbf.be/info -qualifiée de "concurrence déloyale" par les éditeurs francophones qui essaient de monétiser leur propre production-, le régulateur recommande de mieux préciser dans le futur contrat de gestion l'interprétation à donner aux conditions fixées afin que celles-ci soient effectivement mieux respectées. Enfin, le CSA suggère d'ouvrir à l'avenir le conseil d'administration de la RTBF -dominé aujourd'hui par des représentants désignés par les partis politiques selon leur poids électoral- à des administrateurs indépendants disposant d'une grande expérience de gestion. Sondé par les députés sur le rachat récent de RTL Belgium par Rossel et DPG, M. Ibourki s'est étonné mardi du peu de remarques formulées par l'Autorité belge de la concurrence. "Très clairement, c'est un bouleversement", a-t-il commenté. "Cela aura une influence majeure sur la RTBF, notamment en matière publicitaire. Il faudra monitorer cela dans le temps", a plaidé le président du CSA. "Il y a aussi un risque sur la diversité et le pluralisme éditorial", a-t-il ajouté, précisant que le CSA remettrait prochainement un avis sur cette question.