Les bénéfices des 500 plus grandes sociétés cotées à Wall Street devraient reculer dans leur ensemble de 44% par rapport à la même période l'an dernier, estime le cabinet Factset.

Mais il est compliqué de déterminer quel a pu être l'impact d'une crise sanitaire inédite sur l'activité de chaque société. Nombre d'entre elles, face à une maladie imprévisible, ont choisi de ne pas donner de prévisions.

Aucun secteur ne sera a priori épargné.

Victime de l'effondrement des prix du pétrole, les entreprises de l'énergie devraient voir leurs profits laminés.

Celles dépendantes des dépenses discrétionnaires, comme les vendeurs de vêtements, de voitures ou de billets d'avion, ont aussi été malmenées.

Les faillites de quelques grands noms de ces secteurs, comme JC Penney, Hertz ou Chesapeake Energy, en témoignent.

A l'inverse, les secteurs en vogue comme ceux de la technologie et la santé "devraient voir leurs bénéfices reculer de seulement 10% ou moins", avance Nate Thooft, responsable de la stratégie d'investissements pour Manulife Asset Management.

Les groupes ayant rapidement adapté leur activité ont aussi pu limiter les dégâts. Nike par exemple a indiqué que le bond de 75% de ses ventes en ligne de mars à mai avait permis de compenser une partie du chiffre d'affaires englouti par la fermeture des magasins.

- Envolée boursière justifiée ? -

Plusieurs éléments rendent toutefois difficile toute prédiction.

"Dans ce genre de situation, les entreprises tendent à jeter le bébé avec l'eau du bain et à inscrire tout un tas de charges dans leurs comptes", prévient ainsi M. Thooft.

Leur activité a aussi fortement fluctué au cours du trimestre, entre un mois d'avril marqué par un confinement quasi généralisé et un allègement progressif des restrictions en mai et juin.

Les performances peuvent par ailleurs être disparates au sein d'un même secteur d'activité, comme pour les sociétés dépendant des dépenses des consommateurs.

"Les plateformes de commerce en ligne ont prospéré, les magasins de biens essentiels (tel le papier toilette, NDLR) et alimentaires ont vu leurs ventes s'envoler avant de maintenir une certaine croissance, les vendeurs d'articles liés à la maison, aux loisirs et au jeu ont fait mieux que d'habitude", souligne dans une note le cabinet spécialisé Earnest.

Dans le même temps, "les enseignes non-essentielles comme les restaurants, les vêtements et les grands magasins ont souffert tandis que les secteurs des loisirs à risque et du voyage ont été mis à l'arrêt", rappelle-t-il.

Difficile par ailleurs d'évaluer le coût des diverses mesures prises par les entreprises pour s'adapter dans l'urgence, qu'il s'agisse du passage au télétravail ou de l'installation de cloisons en plexiglas.

Elles ont en tout cas cherché à diminuer certaines dépenses, comme le montant de l'argent reversé à leurs actionnaires.

Les sociétés cotées à la Bourse de New York ont versé 42,5 milliards de dollars de moins de dividendes au deuxième trimestre qu'à la même période en 2019, selon S&P Dow Jones Indices. C'est le plus fort recul depuis le premier trimestre 2009.

Les performances des entreprises vont aussi probablement dépendre de leur stratégie propre.

Pour les grandes banques par exemple, qui donneront le coup d'envoi de la saison des résultats cette semaine, les analystes s'interrogent sur le montant qu'elles ont provisionné pour faire face aux prêts qui ne leur seront pas remboursés.

"Les banques dépendent beaucoup de la santé économique donc, en temps de crise, il faut s'attendre à ce que l'activité dédiée aux particuliers souffre", fait observer Joshua Mahony de la société IG.

Cependant, certaines pourront compter sur leur activité de courtage, en tirant parti des variations des marchés financiers qui ont été particulièrement mouvementés, ajoute-t-il.

S'ils étudieront de près les comptes des entreprises, les investisseurs se concentreront surtout sur leurs prévisions pour les mois à venir, afin de déterminer si la récente envolée de Wall Street est justifiée: son indice vedette, le Dow Jones, a gagné près de 18% au deuxième trimestre, une hausse plus vue depuis 1987.

Les bénéfices des 500 plus grandes sociétés cotées à Wall Street devraient reculer dans leur ensemble de 44% par rapport à la même période l'an dernier, estime le cabinet Factset. Mais il est compliqué de déterminer quel a pu être l'impact d'une crise sanitaire inédite sur l'activité de chaque société. Nombre d'entre elles, face à une maladie imprévisible, ont choisi de ne pas donner de prévisions.Aucun secteur ne sera a priori épargné. Victime de l'effondrement des prix du pétrole, les entreprises de l'énergie devraient voir leurs profits laminés. Celles dépendantes des dépenses discrétionnaires, comme les vendeurs de vêtements, de voitures ou de billets d'avion, ont aussi été malmenées.Les faillites de quelques grands noms de ces secteurs, comme JC Penney, Hertz ou Chesapeake Energy, en témoignent.A l'inverse, les secteurs en vogue comme ceux de la technologie et la santé "devraient voir leurs bénéfices reculer de seulement 10% ou moins", avance Nate Thooft, responsable de la stratégie d'investissements pour Manulife Asset Management. Les groupes ayant rapidement adapté leur activité ont aussi pu limiter les dégâts. Nike par exemple a indiqué que le bond de 75% de ses ventes en ligne de mars à mai avait permis de compenser une partie du chiffre d'affaires englouti par la fermeture des magasins.- Envolée boursière justifiée ? -Plusieurs éléments rendent toutefois difficile toute prédiction."Dans ce genre de situation, les entreprises tendent à jeter le bébé avec l'eau du bain et à inscrire tout un tas de charges dans leurs comptes", prévient ainsi M. Thooft. Leur activité a aussi fortement fluctué au cours du trimestre, entre un mois d'avril marqué par un confinement quasi généralisé et un allègement progressif des restrictions en mai et juin.Les performances peuvent par ailleurs être disparates au sein d'un même secteur d'activité, comme pour les sociétés dépendant des dépenses des consommateurs. "Les plateformes de commerce en ligne ont prospéré, les magasins de biens essentiels (tel le papier toilette, NDLR) et alimentaires ont vu leurs ventes s'envoler avant de maintenir une certaine croissance, les vendeurs d'articles liés à la maison, aux loisirs et au jeu ont fait mieux que d'habitude", souligne dans une note le cabinet spécialisé Earnest. Dans le même temps, "les enseignes non-essentielles comme les restaurants, les vêtements et les grands magasins ont souffert tandis que les secteurs des loisirs à risque et du voyage ont été mis à l'arrêt", rappelle-t-il.Difficile par ailleurs d'évaluer le coût des diverses mesures prises par les entreprises pour s'adapter dans l'urgence, qu'il s'agisse du passage au télétravail ou de l'installation de cloisons en plexiglas. Elles ont en tout cas cherché à diminuer certaines dépenses, comme le montant de l'argent reversé à leurs actionnaires. Les sociétés cotées à la Bourse de New York ont versé 42,5 milliards de dollars de moins de dividendes au deuxième trimestre qu'à la même période en 2019, selon S&P Dow Jones Indices. C'est le plus fort recul depuis le premier trimestre 2009.Les performances des entreprises vont aussi probablement dépendre de leur stratégie propre. Pour les grandes banques par exemple, qui donneront le coup d'envoi de la saison des résultats cette semaine, les analystes s'interrogent sur le montant qu'elles ont provisionné pour faire face aux prêts qui ne leur seront pas remboursés. "Les banques dépendent beaucoup de la santé économique donc, en temps de crise, il faut s'attendre à ce que l'activité dédiée aux particuliers souffre", fait observer Joshua Mahony de la société IG. Cependant, certaines pourront compter sur leur activité de courtage, en tirant parti des variations des marchés financiers qui ont été particulièrement mouvementés, ajoute-t-il.S'ils étudieront de près les comptes des entreprises, les investisseurs se concentreront surtout sur leurs prévisions pour les mois à venir, afin de déterminer si la récente envolée de Wall Street est justifiée: son indice vedette, le Dow Jones, a gagné près de 18% au deuxième trimestre, une hausse plus vue depuis 1987.