La Fevia envisage l'avenir avec confiance. Les produits alimentaires belges connaissent un succès croissant aux quatre coins du monde. L'année dernière, le chiffre d'affaires des exportations a même légèrement dépassé celui de la consommation intérieure. "Nous représentons le secteur le plus porteur du pays", estime Jean Eylenbosch, le président sortant.
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La Fevia envisage l'avenir avec confiance. Les produits alimentaires belges connaissent un succès croissant aux quatre coins du monde. L'année dernière, le chiffre d'affaires des exportations a même légèrement dépassé celui de la consommation intérieure. "Nous représentons le secteur le plus porteur du pays", estime Jean Eylenbosch, le président sortant.La hausse des exportations découle également du recul en termes de volume dont souffre depuis dix ans la consommation intérieure. Après s'être établi à 1,6% en 2016, ce repli s'est accentué l'année dernière pour atteindre 2,2%. Des hausses de prix de l'ordre de 3 à 4% ont néanmoins permis de le compenser en partie. Cette diminution en Belgique est liée au succès de l'e-commerce et des achats transfrontaliers. Ces derniers ont augmenté de 50% depuis 2018. "Les produits alimentaires belges sont 10 à 15% plus chers chez nous que dans les pays voisins", fait remarquer Bart Buysse, administrateur délégué de la Fevia. Cela s'explique notamment par le niveau de salaires plus élevé dans notre pays. "Le tax shift est une bonne chose", affirme Jan Vander Stichele, le nouveau président. "Mais nous gardons une différence de 16,4% en termes de coûts salariaux par rapport à nos voisins. C'est pourquoi nous sommes préoccupés par une chute éventuelle du gouvernement. Il reste beaucoup à faire : le deal pour l'emploi, une attention accrue à la facture d'énergie de nos entreprises et une meilleure stabilité."Ce dernier point inclut aussi la taxation. "Les gouvernements taxent facilement les produits alimentaires. Mais à force de tirer sans cesse sur l'élastique, il finit par se casser", déplore Jean Eylenbosch.BrexitLes produits belges se portent bien sur la scène internationale. Toutefois, certains signaux doivent nous alerter. La Colombie taxe l'importation des frites surgelées belges, alors que la France souhaite un label d'origine pour les produits laitiers. "Une telle mesure serait en contradiction avec la libre circulation des biens au sein de l'Union européenne", prévient Jan Vander Stichele.Mais la principale pierre d'achoppement reste le Brexit. Le Royaume-Uni représente un dixième des exportations (2,7 milliards d'euros). "Un bon accord est donc extrêmement important. Mais nous ignorons encore l'issue des discussions", s'inquiète Bart Buysse. "Nous espérons au moins l'instauration d'une union douanière pour éviter que des camions restent bloqués à la frontière. Nous comptons parmi nos membres des fournisseurs de volaille fraîche. Un blocage de plusieurs jours à la frontière mettrait en péril la fraîcheur des produits. Nous avertissons nos membres qu'ils doivent se préparer au pire."L'impact du Brexit est déjà perceptible dans les faits. Le marché britannique stagne depuis 2015, alors qu'il affichait auparavant une progression annuelle de 6 à 7%. En 2016, le chiffre d'affaires des exportations vers le Royaume-Uni a chuté de 2%. L'année dernière, il a enregistré une très légère augmentation. L'imminence du Brexit se ressent surtout dans le secteur des légumes surgelés, qui représente un demi-milliard d'euros de chiffre d'affaires. Sans accord, les préparations surgelées à base de pommes de terre (frites, croquettes) risquent d'être frappées d'une taxe de 16,5%. Curieusement, ce secteur a précisément fait partie des plus gros investisseurs ces dernières années. Les membres de la Fevia ont investi 1,8 milliard d'euros sur les trois dernières années.Les exportations progressent le plus dans les pays hors Union européenne. Aujourd'hui, ces derniers s'arrogent un cinquième des exportations, contre 14% il y a dix ans. Les États-Unis sont en tête avec un chiffre d'affaires de 716 millions d'euros en 2017, soit une hausse de 50% en 2014. La Chine représente 231 milliards d'euros de chiffre d'affaires. "La classe moyenne montante se montre très sensible à la qualité et à la sécurité alimentaire", observe Jan Vander Stichele. "Nos produits laitiers sont jusqu'à trois fois plus chers en Chine. Mais le prix n'est pas un problème tant que la sécurité est garantie."Au cours des trois dernières années, la Fevia a créé 2.300 emplois. Le secteur recherche 1.500 talents, un nombre qui grossit chaque jour de 36 nouveaux postes à pourvoir. Les ouvriers, les techniciens et les opérateurs sont les principaux profils recherchés. La Fevia plaide aussi pour une meilleure application du système d'apprentissage en alternance. "Les entreprises du secteur alimentaire ont d'énormes atouts", conclut Jean Eylenbosch. "Elles permettent de travailler près de chez soi, tout en proposant un très large éventail de jobs dans lesquels les travailleurs peuvent s'épanouir."La Fevia en chiffres4.500 entreprises91.000 travailleurs53 milliards d'euros de chiffre d'affaires26 milliards d'euros de chiffre d'affaires en Belgique27 milliards d'euros d'exportationsCroissance générale de 5%Principaux pays d'exportation : France, Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni (dans cet ordre)Principaux pays d'exportation hors UE : États-Unis, Japon, Corée du Sud, Canada Traduction : virginie·dupont·sprl