L'appétit pour les entreprises, de petite ou moyenne taille, non cotées, est plus grand que jamais. Le dernier indice Argos (1), qui les scrute tous les trimestres dans la zone euro, affiche un niveau d'un peu plus de 10 fois le résultat brut d'exploitation (10,1 pour être précis). En 2012, les tarifs étaient presque 40% moins élevés. C'est une bonne nouvelle pour les candidats vendeurs...

Le fonds Argos Wityu, basé en France, est aussi actif en Belgique. Il contrôle chez nous Lineas, l'ancienne activité fret de la SNCB (SNCB Logistics), dont il a acquis 66,4% en 2015 et qui a été redressée avec succès. Il étudie à travers cet index les prix des transactions des moyennes entreprises, dont la valeur se situe entre 15 et 500 millions d'euros. Cette étude exclut les entreprises financières, technologiques et immobilières.

"Le niveau le plus élevé jamais atteint"

" C'est le niveau le plus élevé jamais atteint depuis la création de l'index en 2006, assure Gilles Mougenot, président d'Argos Wityu. Il s'explique par l'abondance des liquidités sur le marché. " Abondance dopée par les démarches pour relancer l'économie de la Banque centrale européenne qui, au passage, maintient les taux à un niveau très réduit, poussant les investisseurs à s'orienter vers les entreprises.

La valeur se calcule généralement en multiple du résultat brut d'exploitation, ou Ebitda (bénéfice avant taxes, intérêts et amortissements). Ce critère mesure la performance intrinsèque de l'entreprise, indépendamment de son financement ou de la fiscalité.

Toutefois, les fonds de buyout ne paient pas le même niveau de prix (multiple) que les entreprises qui cherchent à s'étendre. " L'index montre clairement une divergence entre les prix payés par les fonds de buyout et les entreprises ", continue Gilles Mougenot. Les fonds tendent désormais à payer un peu moins, un multiple de 9,3 fois l'Ebitda, contre 11 fois pour les entreprises, ce qui laisse la moyenne au niveau de 10 fois mentionné plus haut. " Les fonds de buyout tendent à payer un peu moins car ils sont plus sensibles à un changement de cycle qu'ils perçoivent ", estime Gilles Mougenot. Tandis que les entreprises, qui cherchent à s'étendre ou à se diversifier, hésitent moins sur les prix. Pour le moment... Leur poids est important car la part des acquisitions des PME acquises par des entreprises est supérieure à celle des achats de fonds de buyout.

(1) Argos Index, par Argos Wityu et Epsilon Research, mars 2019. Cet index est trimestriel, les données publiées portent sur le premier trimestre 2019.