Sur 1.300 patrons (CEO) de groupes réalisant plus de 500 millions de dollars de chiffre d'affaires interrogés par KPMG, 54% estiment qu'ils investiront probablement davantage au Royaume-Uni après sa sortie de l'UE, contre seulement 22% d'un avis contraire, tandis que 25% déclarent que leur niveau actuel d'investissement ne changera pas. Les milieux d'affaires attendent la levée des incertitudes autour du processus de séparation, quelles qu'en soient les modalités, avant de s'engager.

Les décideurs français, dont 75 ont été interrogés dans le cadre de l'enquête, se montrent pour leur part beaucoup plus réservés que la moyenne: 44% se disent moins enclins à investir au Royaume-Uni après le Brexit, contre seulement 15% qui affirment qu'ils le feront davantage et 41% pour lesquels le divorce d'avec l'UE n'affectera pas le montant de leurs investissements. L'enquête de KPMG, réalisée pour la cinquième année consécutive, révèle cette année l'importance croissance des questions environnementales pour les chefs d'entreprise. Au niveau mondial, ils sont 76% à considérer que la croissance de leur société "sera déterminée par sa capacité à anticiper et à s'adapter à une économie +décarbonée+, utilisant des technologies propres".

Le risque environnemental est considéré comme le principal frein au développement de l'activité, avec le retour du protectionnisme, et devant les cyberattaques. "Les entreprises aujourd'hui sont obligées de donner du sens à leurs employés, notamment aux jeunes, et aussi à leurs clients", a déclaré à l'AFP Jay Nirsimloo, président du directoire de KPMG France. Par ailleurs, les ruptures technologiques supposent "des investissements massifs, et on sait que le retour sur investissement ne va pas se faire à court terme", explique aussi M. Nirsimloo. Dans ce cadre mouvant, "le leadership a changé, ce n'est plus le modèle du patron hiérarchique qui décide de tout, il faut de l'agilité et une diversité de profils", toujours selon le dirigeant de KPMG.