"L'union fait la force" reste, jusqu'à présent, la devise d'une certaine Belgique. Pas étonnant, dès lors, que certains acteurs du paysage audiovisuel tentent aujourd'hui d'appliquer la formule pour résister au rouleau compresseur Netflix. Ainsi, au nord du pays, deux grands noms de l'industrie des médias viennent d'annoncer leur alliance soudaine dans un nouveau projet de diffusion de contenus en streaming. L'opérateur télécom Telenet (également propriétaire des chaînes de télévision Vier et Vijf en Flandre) et DPG Media - l'entreprise née de la fusion de la société Medialaan (qui possède la chaîne VTM) et de l'éditeur De Persgroep ( Het Laat...

"L'union fait la force" reste, jusqu'à présent, la devise d'une certaine Belgique. Pas étonnant, dès lors, que certains acteurs du paysage audiovisuel tentent aujourd'hui d'appliquer la formule pour résister au rouleau compresseur Netflix. Ainsi, au nord du pays, deux grands noms de l'industrie des médias viennent d'annoncer leur alliance soudaine dans un nouveau projet de diffusion de contenus en streaming. L'opérateur télécom Telenet (également propriétaire des chaînes de télévision Vier et Vijf en Flandre) et DPG Media - l'entreprise née de la fusion de la société Medialaan (qui possède la chaîne VTM) et de l'éditeur De Persgroep ( Het Laatste Nieuws, De Morgen, etc.) - ont en effet créé une joint-venture pour dynamiser leur offre respective. Concrètement, Telenet et DPG Media lanceront, dans les mois à venir, une plateforme numérique de contenus essentiellement locaux mais qui sera toutefois renforcée avec de la production internationale (l'opérateur télécom dispose en effet d'un accord avec la chaîne américaine HBO qui produit notamment Game of Thrones). Déjà surnommée " le Netflix flamand ", cette future offre de streaming sera accessible sur différents écrans, à l'instar du géant américain dont elle s'est inspirée, et devrait donc proposer une alternative locale aux plateformes internationales qui ne cessent de se multiplier (Amazon Prime Video, Disney+, AppleTV+, etc.). Inédit en Belgique, ce mouvement de résistance local a déjà été amorcé en France où des acteurs privés et publics ont réussi l'exploit de s'unir entre " ennemis " pour lancer une plateforme similaire. Le 3 juin prochain, les groupes audiovisuels France Télévisions, TF1 et M6 lanceront en effet un " Netflix à la française " baptisé Salto, qui proposera, sur la même plateforme, le flux des chaînes en direct, les programmes en rattrapage, ainsi que des services de vidéos à la demande dont le contenu sera parfois exclusif. Inspirant, l'exemple français n'a pas percolé pour autant chez nous où le projet d'un éventuel " Netflix wallon " est toujours au frigo. Certes, l'administrateur général de la RTBF avait émis l'idée, il y a un an et demi déjà, d'une plateforme commune en Belgique francophone, mais le concept de Jean-Paul Philippot avait été rapidement rejeté par le CEO de RTL Belgique, estimant le marché local beaucoup trop petit pour ce genre d'aventure numérique. Depuis, Philippe Delusinne a revu son jugement et n'est plus fermé à la construction d'un tel projet. Mais il reste à savoir maintenant ce qu'en fera la RTBF - qui, sur sa plateforme Auvio, héberge déjà du contenu des chaînes AB3 et Arte - car, entretemps, l'idée d'un " Netflix des télévisions publiques francophones " prend forme à l'international. Comme nous le confiait Jean-Paul Philippot il y a quelques mois à peine, la chaîne TV5 Monde - détenue par les sociétés audiovisuelles publiques du Canada, de Suisse, de France et de Belgique - développe actuellement le projet d'une plateforme de streaming qui rassemblera bientôt leurs contenus respectifs et qui pourrait même s'ouvrir, dans un avenir proche, aux producteurs de pays africains où TV5 Monde est très populaire. Difficile d'imaginer que l'union entre la RTBF et RTL Belgique puisse voir le jour sur ce terrain-là...