Une précision tout d'abord : le taux de marge n'est pas le bénéfice. C'est un indicateur qui repose sur l'excédent brut d'exploitation. Autrement dit, il mesure la richesse créée par l'entreprise après que celle-ci a payé les salaires. Mais il ne prend pas en compte les amortissements, les impôts et les intérêts des emprunts...
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Une précision tout d'abord : le taux de marge n'est pas le bénéfice. C'est un indicateur qui repose sur l'excédent brut d'exploitation. Autrement dit, il mesure la richesse créée par l'entreprise après que celle-ci a payé les salaires. Mais il ne prend pas en compte les amortissements, les impôts et les intérêts des emprunts... Impact de l'inflation Ce taux est donc directement influencé par la hausse des salaires. On pourrait rétorquer que puisque les prix augmentent partout, cela signifie que les entreprises répercutent cette hausse des salaires dans leurs prix. Mais ce n'est que partiellement vrai : "sur la base de données du passé, il s'avère que les entreprises peuvent répercuter en moyenne 60 % de la hausse des coûts à court terme grâce à des prix de vente plus élevés", dit la BNB. Et encore, il s'agit d'une moyenne. "Cette transmission diffère fortement entre secteurs et entre entreprises d'un secteur donné", ajoute-t-elle.La hausse rapide de l'inflation l'an dernier a donc eu un impact certain sur les marges. "Les marges des entreprises belges généralement diminuent lorsque les coûts salariaux s'alourdissent rapidement, car cette expansion des coûts ne peut pas être répercutée intégralement sur les prix de vente finaux, explique la BNB qui ajoute que "par conséquent, selon les prévisions les plus récentes, les marges bénéficiaires se contracteraient rapidement, de leur niveau actuel d'environ 45 % à quelque 41 % en 2023, avant de se stabiliser légèrement au-dessus de 40 % dans les dernières années de la période de projection". Ce repli est d'autant plus inévitable que le taux de marge des entreprises avait été très élevé ces dernières années.Le top 1%Le taux de marge n'est qu'un baromètre général, qui ne reflète pas la santé de chaque entreprise, loin de là. En fait cet indicateur est fortement influencé par les très grandes entreprises. "Le top 1%, à savoir les plus grandes entreprises en termes de masse salariale, représente plus de la moitié de la valeur ajoutée totale. Il n'est donc pas surprenant que ce soient principalement ces entreprises qui déterminent l'évolution du taux de marge macroéconomique. Dans un passé récent, les marges ont évolué différemment pour le top 1% et pour toutes les autres. L'accroissement du taux de marge entre 2018 et 2020 est principalement attribuable à la hausse enregistrée dans ces entreprises-phares. Dans les autres entreprises, il est resté relativement constant", précise la BNB.La BNB ajoute qu'environ un cinquième des entreprises sont très rentables, avec des taux de marge supérieurs à 80 %. "En revanche, le taux de marge est inférieur à 40 % pour une grande partie des entreprises. Une faible proportion d'entre elles affiche même un taux de marge négatif". Cela signifie que ces entreprises ne créent pas assez de richesses pour payer les salaires.