La reprise s'annonçait très belle. En 2019, la Belgique a en effet maintenu le cap des investissements étrangers, après le record de 2018 qui avait vu ces investissements bondir de 29%. EY a recensé 267 projets, majoritairement neufs (seuls 70 concernent l'expansion d'activités existantes), susceptibles de créer 5.401 emplois. Notre pays n'est devancé que par la France, le Royaume-Uni (qui ne semble pas pâtir du Brexit sur ce plan), l'Allemagne et l'Espagne. "Le fait qu'il n'y ait jamais eu autant de nouveaux projets d'investissement qu'en 2019 démontre que nous sommes en réalité en meilleure position que l'année dernière et qu'une base solide a été créé pour la croissance dans les années à venir", souligne Marie-Laure Moreau, partner chez EY Belgique.
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La reprise s'annonçait très belle. En 2019, la Belgique a en effet maintenu le cap des investissements étrangers, après le record de 2018 qui avait vu ces investissements bondir de 29%. EY a recensé 267 projets, majoritairement neufs (seuls 70 concernent l'expansion d'activités existantes), susceptibles de créer 5.401 emplois. Notre pays n'est devancé que par la France, le Royaume-Uni (qui ne semble pas pâtir du Brexit sur ce plan), l'Allemagne et l'Espagne. "Le fait qu'il n'y ait jamais eu autant de nouveaux projets d'investissement qu'en 2019 démontre que nous sommes en réalité en meilleure position que l'année dernière et qu'une base solide a été créé pour la croissance dans les années à venir", souligne Marie-Laure Moreau, partner chez EY Belgique.Ces données ont été récoltées en début d'année. Elles risquent évidemment d'être bousculées par la crise du Covid 19. D'après une étude menée par EY entre le 15 et le 29 avril dernier, 25% des projets d'investissement en Europe seront reportés ou revus à la baisse et 10% seront carrément annulés. Les plus optimistes retiendront que les deux tiers sont a priori maintenus en dépit de la crise.Les amateurs de bouteilles à moitié pleines et à moitié vides pourront aussi s'attarder sur la répartition régionale de ces investissements. La Flandre devance toujours nettement les deux autres Régions avec 127 projets d'investissements pour 64 en Wallonie et 76 à Bruxelles. Mais le chiffre flamand est à la baisse alors que ceux de la Wallonie et de Bruxelles progressent respectivement de 33 et 25%. La Wallonie est également la Région qui avance le plus fort nombre d'emplois par projet (29). A Bruxelles, en revanche, cette proportion n'est que de... 0,4 emploi/projet.Bruxelles et la Flandre présentent essentiellement de nouveaux projets, tandis que la Wallonie bénéficie plus d'expansion de projets existants (MaSTherCell, NLMK...). "Attirer de nouveaux investisseurs, c'est cela le plus important, précise Marie-Laure Moreau. Une fois qu'ils sont établis, ils continent à investir et cela entraîne une sorte d'effet boule de neige."La logistique attire les investisseursLe transport et la logistique sont le secteur où l'emploi profite le plus des investissements étrangers (1.633 emplois). Et si l'on y ajoute l'activité manufacturière liée aux transports, on atteint les 40% de l'ensemble des emplois créés en Belgique par les investisseurs étrangers. Cela atteste d'un bon positionnement de notre pays dans ce créneau mais aussi d'un sérieux défi car de nombreux groupes devraient reconsidérer leurs chaînes d'approvisionnement et leur gestion des stocks après la crise du Covid19. "Les entreprises vont chercher à diminuer les risques pour leurs chaînes d'approvisionnement en élargissant leurs options logistiques, estime Marie-Laure Moreau. Si la localisation de la Belgique devrait lui permettre de rester une plaque tournante en Europe, l'amélioration de ses infrastructures de transport va devenir de plus en plus importante."Bizarrement, si la Belgique continue à accueillir un nombre substantiel de projets économiques internationaux, les investisseurs interrogés par EY ont une perception plutôt négative de la capacité de notre pays à attirer les grands projets. En trois ans, la proportion de répondants qui tablent sur une croissance future des investissements est tombée de 30 à 21%. Cela s'explique notamment par les difficultés de mobilité : 55% des répondants établis en Belgique affirment que cela pèse négativement sur les décisions d'investissement dans notre pays. Voilà qui est particulièrement inquiétant quand on mise beaucoup sur la logistique pour son développement... Saisir les opportunités vertesLes autres lacunes de notre pays au regard des investisseurs étrangers sont, sans surprise, le niveau de taxation des entreprises (pointé par 45% des répondants) et le coût du travail. Les investisseurs distinguent aussi les atouts des différentes régions. Ainsi la Flandre est plébiscitée pour son climat social stable et la compétence de sa main d'oeuvre, tandis que la Wallonie est surtout retenue grâce à ses réserves de terrains (lesquelles diminuent toutefois dangereusement...) et Bruxelles pour sa localisation au coeur des infrastructures de transport.Sur base de ce son baromètre, EY recommande aux gouvernements de ramener l'impôt des sociétés au niveau de la moyenne européenne (20%) et de poursuivre les baisses du coût du travail. Le consultant insiste aussi sur la formation, les investissements dans la logistique ainsi dans les technologies durables. Les "clean-tech" sont en effet considérées, par les investisseurs étrangers, comme le secteur qui soutiendra la croissance de l'économie belge dans les prochaines années, devant les services, le numérique ou la santé. "La transformation écologique de l'économie va jouer un rôle déterminant dans les décisions d'investissement, conclut Marie-Laure Moreau. Les entreprises belges en ont conscience mais elles doivent encore accélérer le pas pour saisir pleinement les opportunités."