En quoi la décision de la Commission européenne qui veut empêcher Google de forcer les fabricants de smarpthones à pré-installer des applis comme Google Search est-elle une bonne nouvelle pour le consommateur? Par défaut, la recherche Google est déjà plébiscitée par les internautes...
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En quoi la décision de la Commission européenne qui veut empêcher Google de forcer les fabricants de smarpthones à pré-installer des applis comme Google Search est-elle une bonne nouvelle pour le consommateur? Par défaut, la recherche Google est déjà plébiscitée par les internautes... C'est toujours un souci pour un consommateur lorsqu'il n'a pas le choix. Le plus important dans une démocratie, ce n'est pas le droit de vote mais le choix de vote. Les big techs se comportent, en fait, comme Poutine: plus on a du pouvoir, plus on a tendance à en abuser. Le libre arbitre est un combat philosophique qui est constitutif de notre ADN. L'idéal européen humaniste face à la vision libertarienne de la Silicon Valley n'est pas un vain combat. Soyons clairs: Google Search restera le leader par choix devant Qwant. Mais le problème, aujourd'hui, c'est que l'on n'a même pas à se poser la question, empêchant ainsi, comme en politique, toute construction d'une force d'opposition. Quel impact pourrait avoir cette décision? Le risque n'est-il pas de voir le prix des téléphones augmenter si Google décide de faire payer les fabricants pour l'usage d'Android, jusqu'ici fourni gratuitement? D'abord, il ne faut surtout pas tomber dans le piège de la fausse promesse de gratuité destructrice de valeur. On le voit avec certains services comme Google Maps, qui est devenu payant pour les professionnels... Google atteint un monopole complet dans un domaine et puis, décide d'en changer les règles. Par ailleurs, il faut réfléchir à long terme: si Google n'est plus en situation de monopole, alors émergeront des concurrents; ils se feront la guerre des prix et les utilisateurs seront gagnants. A une époque, on croyait Yahoo! inatteignable. Tout est réversible. Les grands acteurs du Web sont finalement d'énormes start-up avec une certaine dose de fragilité. Pour vous, cette nouvelle décision de la Commission met-elle fin aux pratiques dérangeantes de Google? Elle marque en tout cas la fin d'une ère d'insouciance pour la firme américaine et le réveil d'une volonté politique pour l'Europe. Les Gafa vont désormais devoir composer avec cette nouvelle donne et entrer dans le monde adulte. Et il n'est pas certain que cela leur sied. Le meilleur est peut-être déjà derrière eux. Et c'est d'autant plus important d'agir maintenant que demain, ces acteurs se seront emparés de domaines majeurs et structurants comme la santé, l'espace, etc.